| Cocteau, Jean | Format lecture | ||||
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| 2. | Éclectisme et avant-garde |
Né à Maisons-Laffitte, Jean Cocteau est issu d’une famille de bourgeois fortunés, cultivés et musiciens. Son père vit de ses rentes, aime dessiner et peindre, mais en 1898, s’imaginant ruiné, il se suicide. L’enfant s’en trouve profondément affecté. Il fait des études médiocres, échoue au baccalauréat, mais se sent très tôt attiré par la littérature. Sa famille l’encourage dans ce sens.
C’est en 1909, âgé de vingt ans, qu’il publie son premier recueil de poèmes, la Lampe d’Aladin, suivi en 1910 du Prince frivole, tous deux désavoués plus tard. En cette même année 1910, il découvre les Ballets russes, se lie à Diaghilev (qui lui « déniaisa l’esprit ») et donne son premier essai au théâtre, Portrait surnaturel de Dorian Gray. Puis il écrit le livret d’un ballet (la Patience de Pénélope), des poésies (la Danse de Sophocle, 1911), dessine les affiches pour les Ballets russes et donne un argument chorégraphique, le Dieu bleu (1912), dansé par Nijinski. Ébloui par le Sacre du printemps (1913) d’Igor Stravinski, il décide de se ranger du côté des modernes.
Au moment de la déclaration de la Première Guerre mondiale, il donne des textes et des dessins patriotiques dans le Mot, et, en 1915, le pilote Roland Garros l’initie à l’acrobatie aérienne, expérience qui inspirera son poème le Cap de Bonne-Espérance (1919). Mais auparavant, en 1916, il devient convoyeur de la Croix-Rouge et intègre clandestinement un bataillon de fusiliers marins. De retour du front, où son imposture est découverte, il rencontre Picasso, se lie avec le musicien Erik Satie, fréquente Apollinaire, Reverdy, Cendrars et Jacob. C’est alors qu’il écrit l’Ode à Picasso (1916), dans un style d’avant-garde.