| Cocteau, Jean | Format lecture | ||||
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| 4. | Les années folles |
Touche-à-tout plein d’énergie, Cocteau travaille dans toutes les disciplines et fait alterner les poésies de création avec des textes d’analyse et de réflexion (le Secret professionnel, 1922 ; le Rappel à l’ordre, 1926 ; le Mystère laïc, 1928). Il édite confidentiellement et sans nom d’auteur le Livre blanc (1928), ouvrage sur sa bisexualité, et analyse dans Opium (1930) son expérience de la drogue, vers laquelle il s’est tourné après la mort de Radiguet (« La Chine fume pour se rapprocher de ses morts. »). Au cours de ces mêmes années, il donne une série de romans de facture assez classique : Thomas l’imposteur, le Grand Écart (1923) et les Enfants terribles (1929), dans lesquels il traduit, en un style économe et musical, l’esprit et le mal de vivre d’une époque.
La musique reste un de ses centres d’intérêt. Il écrit, entre autres, une opérette avec Darius Milhaud (le Train bleu, 1924), des ballets (les Biches, les Fâcheux, 1924), un opéra-oratorio pour Stravinski (Œdipus Rex, 1927). Pour le théâtre, il interroge principalement la mythologie et la tragédie grecques, qui lui permettent de développer des thèmes récurrents de son œuvre (l’amour impossible, la mort, etc.), dans des versions d’Antigone (1922), mise en musique par Arthur Honegger, d’Orphée (1927) et d’Œdipe Roi (1928). Il publie toujours des poèmes à la facture originale et fascinante : Vocabulaire (1922), la Rose de François et Plain-Chant (1923), l’Ange Heurtebise, Cri écrit, Pierre mutilée (1925), Opéra (1927). Son rapprochement avec le groupe surréaliste est vite interrompu par une brouille avec André Breton, qui le qualifie d’« imposteur de la poésie ». Tourmenté par son athéisme, il écrit aussi la Lettre à Jacques Maritain (1926) et laisse libre cours à ses pulsions homosexuelles dans 25 dessins d’un dormeur (1929).