| Mauritanie | Format lecture | ||||
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| 3. | Population et société |
| 1. | Démographie |
En 2007, la population mauritanienne s’élève à 3 270 065 habitants, ce qui se traduit par une densité globale, très faible, de 3,2 habitants au km². Le taux de croissance de la population est de 2,9 p. 100 (2007). Confrontée aux difficultés d’accès aux soins médicaux, la population mauritanienne connaît un fort taux de mortalité maternelle — pour 100 000 naissances vivantes, 1 000 femmes décèdent lors de leur grossesse ou de leur accouchement — et infantile (69,5 p. 1 000, et 125 p. 1 000 avant l’âge de 5 ans). L’espérance de vie moyenne est de 53,5 ans.
Si plus de la moitié de la population mauritanienne vit aujourd’hui dans les villes (la part de la population urbaine est de 62 p. 100 en 2006), elle a gardé le contact avec le village ou le nomadisme. La capitale, Nouakchott, créée en 1957 en prévision de l’indépendance du pays, à partir d’un simple poste militaire à la jonction du pays maure nomade et de la région sédentarisée du fleuve, n’a cessé d’attirer les populations de l’intérieur et atteint aujourd’hui 626 000 habitants. Les anciennes villes caravanières (Chinguetti, Ouadane, Tichit, Oualata) sont à l’agonie en raison de la disparition du commerce transsaharien.
D’autres villes ont surgi avec l’industrialisation comme Zouérate (mines de fer), Akjoujt (cuivre) et surtout Nouadhibou, centre de pêche et port exportateur du minerai de fer acheminé par train depuis F’Derik. Les autres grandes villes sont Kaédi (34 227 habitants), dans la région agricole longeant le Sénégal, ainsi que Rosso, terminus au bord du fleuve de la route menant au Sénégal.
| 2. | Groupes ethniques, langues et religions |
La République islamique de Mauritanie a comme religion officielle l’islam (sunnite), pratiqué par 99 p. 100 de la population. Conformément à la politique d’arabisation de l’État mauritanien, la Constitution de 1991 fait de l’arabe (classique) sa langue officielle — jusque-là le français avait également bénéficié de ce statut ; l’arabe (hassanya, parlé par 66 p. 100 de la population), le pular (peul, 6,4 p. 100), le soninké (1,3 p. 100) et le wolof (0,4 p. 100) sont reconnues langues nationales.
La population mauritanienne se divise principalement en deux communautés : d’une part, les Maures — ou Arabo-Berbères ou Beidanes (« Blancs ») —, traditionnellement nomades, mais en partie sédentarisés du fait de l’industrialisation et de la désertification ayant accentué l’exode rural, et, d’autre part, les Négro-Africains (Toucouleur, Wolof, Peul, Soninké), agriculteurs et pasteurs pour la plupart sédentarisés et vivant dans la région du fleuve Sénégal. Les métissages ayant été constants à travers l’histoire, les rapports communautaires s’expriment surtout à travers les clivages culturels et sociaux, et l’opposition entre Maures, majoritaires dans l’appareil d’État et socialement dominants, et Noirs, en quête de pouvoir. Ces rivalités ont culminé violemment dans les années 1989-1991 et ont abouti à l’expulsion de dizaines de milliers de Négro-Mauritaniens, réfugiés au Sénégal voisin.
Une troisième communauté constitue la population mauritanienne, celle des Haratines, descendants des anciens captifs noirs, souvent cultivateurs dans les oasis. Si l’esclavage a été aboli par la Constitution de 1961 et par une ordonnance de 1981, et les Haratines intégrés au système culturel arabo-berbère, des pratiques esclavagistes continuent d’être employées à leur encontre.
| 3. | Éducation |
En 2005, le taux d’alphabétisation n’atteint que 42,6 p. 100. Le gouvernement s’emploie à mettre en place une scolarité primaire gratuite, mais les efforts dans ce sens se heurtent au style de vie nomade d’une fraction importante de la population. Cependant, il faut compter avec les écoles coraniques qui familiarisent les enfants avec l’écrit à travers la lecture et l’écriture de l’arabe.
Au milieu des années 2000, 88 p. 100 des enfants d’une même classe d’âge suivaient des études primaires, 23 p. 100 des études secondaires.
L’enseignement supérieur est assuré par l’université de Nouakchott (fondée en 1981) et par une école d’administration également située dans la capitale.
| 4. | Institutions et vie politique |
| 4.1. | Historique |
Au lendemain de son indépendance, proclamée le 28 novembre 1960, la Mauritanie est dirigée par Moktar Ould Daddah, destitué en 1978 par un coup d’État. En 1984, le colonel Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya prend le pouvoir et dirige le pays d’une poigne de fer. Il fait promulguer une nouvelle Constitution instaurant le multipartisme en 1991, mais renforce son régime en empêchant de fait le déroulement du jeu démocratique. Réélu en 1997, puis en 2003, il est renversé le 3 août 2005 sans effusion de sang par un coup d’État mené par le colonel Ely Ould Mohammed Vall, qui prend la tête d’un Conseil militaire pour la justice et la démocratie. Le Parlement est dissous, mais la Constitution maintenue. Un gouvernement de transition, dirigé par Sidi Mohammed Ould Boubacar, est chargé d’organiser des élections afin de rétablir les institutions et de redonner le pouvoir aux civils. Historique, le processus de transition démocratique commence le 25 juin 2006 avec l’adoption, par référendum (avec près de 97 p. 100 des suffrages), de plusieurs amendements à la Constitution limitant notamment à deux le nombre de mandats du président de la République. Il se poursuit avec la tenue d’élections législatives en novembre 2006, et s’achève le 25 mars 2007 avec le second tour de l’élection présidentielle. À l’issue d’un scrutin jugé globalement libre et transparent par les observateurs internationaux, Sidi Ould Cheikh Abdallahi (candidat indépendant) est élu avec 52,85 p. 100 des suffrages face à l’opposant « historique » au régime du président Ould Taya, Ahmed Ould Daddah.
| 4.2. | Organisation des pouvoirs |
Aux termes de la Constitution de 1991, la Mauritanie est une République islamique (l’Islam est la seule source de droit). État unitaire, elle est divisée en douze régions et un district (Nouakchott, la capitale), pourvus d’autorités élues et d’une administration ; chaque région est dirigée par un gouverneur.
La Mauritanie est dotée d’un régime présidentiel. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la République et par le gouvernement. Le président de la République est le chef de l’État et possède des prérogatives élargies en matière de politique extérieure, de défense et de sécurité ; il doit être de confession musulmane et est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, reconductible une fois. Il nomme et peut destituer le Premier ministre, qui est le chef du gouvernement. Le pouvoir législatif appartient au Parlement, qui est constitué de deux chambres : l’Assemblée nationale, composée de 95 membres élus au suffrage universel direct, et le Sénat, composé de 56 membres, élus au suffrage universel indirect (par les élus des collectivités territoriales) pour un mandat de six ans.
| 4.3. | Partis politiques |
Malgré l’avènement du multipartisme, en 1991, la scène politique mauritanienne demeure lourdement dominée par la formation du président Ould Taya (1984-2005), le Parti républicain démocratique et social (PRDS). Le pouvoir demeure dans une logique de parti unique, tandis que l’opposition, malmenée, est très faible et désunie. Les premières véritables élections démocratiques qui se déroulent en novembre 2006 dans le sillage du coup d’État militaire d’août 2005 permettent à l’opposition réunie au sein de la Coalition des forces du changement, avec pour chef de fil Ahmed Ould Taya, de remporter 41 des 95 sièges de l’Assemblée nationale, tandis que l’ancien parti au pouvoir, rebaptisé Parti républicain pour la démocratie et le renouveau (PRDR) ne recueille que 7 sièges. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui compte en réalité dans ses rangs nombre d’anciens membres du PRDS, détient 38 sièges.