Philippe IV le Bel
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Philippe IV le Bel
2. Le développement d’une monarchie centralisée

Membre de la dynastie des Capétiens, fils de Philippe III le Hardi et d’Isabelle d’Aragon, le prince Philippe épouse en 1284 la jeune Jeanne Ire de Navarre (qui règne sur la Champagne et la Navarre), ce qui lui confère le titre de roi de Navarre. Il succède à son père sur le trône de France le 5 octobre 1285, à l’âge de dix-sept ans.

1. Réformes administratives

Pour gouverner, Philippe IV s’entoure de « légistes », spécialistes du droit romain et ardents défenseurs de l’autorité royale, dont les plus influents sont Pierre Flote, Guillaume de Nogaret et Enguerrand de Marigny. Fort de leur appui, le roi poursuit la centralisation monarchique amorcée sous Louis IX (mort en 1270). Jusqu’alors limités à la cour du roi, les conseils que le roi reçoit proviennent désormais de trois organes distincts et spécialisés : l’examen des dossiers politiques relève du Grand Conseil ; la justice devient le monopole d’une commission, qui se transforme progressivement en Parlement, organisé par le règlement de 1303 ; les affaires financières sont partagées, à partir de 1303, entre l’ancienne Chambre aux deniers et une nouvelle Chambre des comptes (dont l’importance ne va cesser de croître par la suite).

2. La nécessité de subsides
2.1. Expulsion des Lombards et des juifs

Confronté à d’incessantes difficultés financières, Philippe le Bel ne cesse de lever des impôts, tente d’en créer d’autres et, pour apaiser une opinion mécontente, finit par s’en prendre aux banquiers (les Lombards) et aux prêteurs (les juifs), qui sont expulsés du royaume après confiscation de leurs biens (les premiers en 1277, 1291 et 1311, les seconds en 1306). Avec l’aide de ses conseillers, le roi procède à diverses altérations monétaires ; celles-ci, en frappant lourdement le petit peuple, provoquent des « jacqueries » ou émeutes (en particulier celle de Paris, en 1306), qui sont durement réprimées.

2.2. Suppression de l’ordre du Temple

En 1307, toujours en quête de numéraire, Philippe le Bel s’en prend au riche et puissant ordre du Temple, dont il convoite les biens. Tous les chefs de l’ordre, dont le grand maître Jacques de Molay, sont accusés d’hérésie et remis à l’Inquisition en 1308. Le pape Clément V, sous la pression de Philippe le Bel (qui a fait main basse sur les richesses des Templiers), condamne un certain nombre d’entre eux au bûcher (1310) et impose la dissolution de l’ordre (1312). En 1314, Philippe le Bel fait périr comme hérétiques les derniers dignitaires, dont le grand maître Jacques de Molay.

3. Convocation des premiers états généraux

Soucieux d’obtenir le soutien de son peuple, tant dans son conflit avec la papauté que dans son besoin de subsides, Philippe le Bel convoque le 10 avril 1302 une assemblée constituée de représentants de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie urbaine ; c’est la première réunion des états généraux dans le royaume de France. Une conception nouvelle de l’État, dans laquelle le roi n’est plus le premier des seigneurs mais la représentation vivante de la loi (Lex Rex), voit ainsi progressivement le jour.