| Fontenelle, Bernard le Bovier de | Format lecture | ||||
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| 2. | Le libertin scientifique |
Né à Rouen, neveu de Pierre et Thomas Corneille, fils d’avocat, Bernard le Bovier de Fontenelle fréquente le collège des jésuites, étudie le droit et se consacre très tôt à la littérature. Il a vingt ans lorsque son oncle Thomas l’engage comme collaborateur dans sa revue, le Mercure galant. En 1680, il fait jouer Aspar : la représentation est un échec. Il retourne alors à Rouen, et publie, entre 1682 et 1687, des textes qui le font connaître en tant que philosophe et scientifique soucieux de vulgarisation intelligente, plus encore que comme poète (il ne cesse pourtant de composer des poésies précieuses, des opéras et des tragédies).
Parmi ses nombreux ouvrages, on retient le plus souvent la République des Ajaoiens (1768), roman utopique vantant une démocratie radicale, matérialiste et athée ; les Dialogues des morts (1683), imités des dialogues de Lucien de Samosate, qui rapportent des conversations fictives entre Sénèque et Scarron, Socrate et Montaigne ; un article ironique sur la rivalité entre les religions juive, catholique et calviniste ; des Entretiens sur la pluralité des mondes (1686), vulgarisation des théories de Copernic ; un traité sur l’Origine des fables (1724), texte fondateur de la méthode comparative en matière de religion ; les Doutes sur les causes occasionnelles, qui réfute la philosophie de Malebranche ; ou encore l’Histoire des oracles (1687), dénonciation des impostures en matière de religion.
Anti-systématique, la philosophie de Fontenelle tente de concilier un cartésianisme modéré et l’héritage matérialiste des libertins (voir libertinage). Évoluant vers le déisme, elle traque sans relâche le dogmatisme inquisiteur sans pour autant imposer une religion naturelle.