Fontenelle, Bernard le Bovier de
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Fontenelle, Bernard le Bovier de
3. Le précurseur des Lumières

En 1687, sa Digression sur les Anciens et les Modernes, référence à la fameuse querelle, lui vaut d’être élu à l’Académie française (1691). Il prend naturellement fait et cause pour les Modernes, raillant l’esprit borné et passéiste des tenants de la tradition classique. Secrétaire de l’Académie des sciences à partir de 1699, il se consacre à la diffusion des progrès scientifiques de son temps et à l’histoire de cette institution. Il publie encore des Éléments de la géométrie de l’infini (1727), une Vie de Corneille, une Histoire du théâtre français (1724), des Réflexions sur la poétique (1724) et, en 1752, une Théorie des tourbillons.

Curieux, cultivé et d’une grande intelligence, il a la réputation d’un bel esprit ; passionné de sciences et animé d’une grande foi dans le progrès, ennemi de l’obscurantisme, tenant d’un rationalisme critique, il apparaît surtout aujourd’hui comme le premier des philosophes du siècle des Lumières, à la suite de Pierre Bayle, qui l’a accueilli à ses débuts dans les Nouvelles de la république des lettres. C’est à ce titre que, entre 1699, date de la deuxième édition de l’Histoire des oracles, et 1715, début de la régence du duc d’Orléans, il doit faire face aux attaques des dévots qui entourent Louis XIV.

Fontenelle laisse une œuvre immense et polymorphe qui recouvre tous les domaines de la connaissance, des mathématiques à la physique, de l’esthétique à la morale. Son rayonnement sera considérable pendant tout le XVIIIe siècle. Voltaire et Rousseau reconnaîtront en lui un archéologue de la pensée moderne.