| Staël, Madame de | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 2. | « L’existence des femmes en société est encore incertaine sous beaucoup de rapports » |
Née à Paris, Madame de Staël, de son vrai nom Germaine Necker, appartient à l’aristocratie libérale. Elle est la fille de Jacques Necker, banquier genevois et ministre de Louis XVI. En 1786, elle épouse le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède en France. Comme sa mère avant elle, elle ouvre un salon à Paris. Des hommes et femmes de lettres et des hommes politiques de toute l’Europe s’y côtoient : Benjamin Constant (avec qui elle a une liaison), mais aussi Madame Récamier, Talleyrand et le comte de Mirabeau. Obligée de quitter Paris pendant la Révolution, elle se réfugie dans son château de Coppet, en Suisse, où elle réunit des écrivains cosmopolites.
Ces salons sont pour Madame de Staël des moments de liberté. Après un mariage malheureux, à une époque où la femme est vouée à la famille et aux vertus domestiques, la littérature semble être le seul moyen d’agir dans le monde. Elle publie en 1788 un ouvrage consacré à son maître spirituel (Lettres sur le caractère et les écrits de J.-J. Rousseau), ainsi qu’un essai de critique littéraire (De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, 1800), dans lequel elle souligne l’importance de la passion, de l’imagination et de la liberté, et vante le cosmopolitisme littéraire. En 1802, elle publie son premier grand roman, Delphine, qui met en scène une veuve désireuse d’affirmer son droit à choisir sa destinée. La liberté de ton et de pensée dont jouit Madame de Staël, ainsi que ses positions libérales, contrastent fortement avec le conformisme souhaité par Napoléon Bonaparte. En 1803, le futur empereur lui intime l’ordre de s’exiler à nouveau.