Staël, Madame de
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Staël, Madame de
3. « Il faut, dans nos temps modernes, avoir l’esprit européen »

L’exil est pour Madame de Staël une occasion de voyager. Elle découvre notamment l’Italie et l’Allemagne, auxquelles elle consacre deux romans : Corinne, ou l’Italie (1807) et De l’Allemagne (1813). Dans Corinne, elle dépeint une femme qui lui ressemble : incomprise, victime des préjugés de son époque, elle tente d’exister en tant que poétesse. Dans De l’Allemagne, Madame de Staël exhorte les Français à rejeter les préjugés, exercer leur liberté de penser et chercher de nouvelles idées partout où elles se trouvent, et non plus seulement chez les Anciens, comme le prône le classicisme. L’Allemagne, lieu des « pensées nouvelles et des sentiments profonds », contraste avec une France sûre de sa supériorité, où la création est bridée par le pouvoir. Le livre est détruit sur ordre de Bonaparte avant sa publication et Madame de Staël, assignée à résidence à Coppet. Elle s’en évade en 1812, avant de rejoindre Paris, où elle termine sa vie.

L’ensemble de l’œuvre de Madame de Staël, et ces deux romans en particulier, ont eu une grande influence sur le courant romantique qui apparaît en France dès 1820. Comme elle, Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Musset ou Alfred de Vigny ont par la suite placé l’individu, ses passions et son aspiration à la liberté au centre de leurs œuvres.