jansénisme
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
jansénisme
3. Port-Royal

Lorsque le jansénisme pénétra en France, en particulier grâce à un ami de Jansenius, Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, il imposa d’abord une forme de piété austère et une stricte moralité. Il se situait par là à l’opposé d’une morale plus tolérante et d’un cérémonial religieux surchargé, qui avaient souvent les faveurs de l’Église de France, en particulier dans l’ordre des jésuites.

À partir de 1640, le centre spirituel du jansénisme se transporta au couvent de Port-Royal-des-Champs, près de Paris, où de nombreux nobles, magistrats, écrivains et savants, qui sympathisaient avec le mouvement, vinrent effectuer des retraites et débattre de questions philosophiques et religieuses. Mme de Sévigné contribua elle aussi à l’élaboration du mythe de Port-Royal, qu’elle qualifia de « vallon affreux, tout propre à inspirer le goût de faire son salut ».

Dès son apparition, le jansénisme avait suscité l’hostilité, non seulement des jésuites, mais aussi du pouvoir royal, qui l’associait aux divers mouvements politiques d’opposition. En 1642 puis à nouveau en 1653, cinq propositions extraites des écrits de Jansenius et relatives à la prédestination furent condamnées par le pape. Les jansénistes, avec Antoine Arnauld et Blaise Pascal, réagirent vigoureusement et affirmèrent que les cinq propositions ne se trouvaient pas dans les traités de Jansenius ; simultanément, ils lancèrent la controverse contre les jésuites ; les Provinciales de Pascal témoignent de cette polémique. Mais Louis XIV, poussé par les jésuites, fit expulser les religieuses de Port-Royal en 1709 et raser le couvent l’année suivante. Finalement, en 1713, à la suite de pressions exercées par le Roi-Soleil, cent une propositions tirées des Réflexions morales du janséniste français Pasquier Quesnel (1634-1719) furent condamnées par la bulle papale Unigenitus.