| Commune de Paris (1871) | Format lecture | ||||
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| 4. | Écrasement de la Commune |
Pendant six semaines à partir du 2 avril, date à laquelle commencent les combats des insurgés (de 20 000 à 30 000 hommes) contre les troupes régulières de Versailles (130 000 soldats sous les ordres de Mac-Mahon), la capitale est assiégée et bombardée. La dégradation de la situation amène le délégué à l’Intérieur, le blanquiste Raoul Rigault, à instaurer une terreur ciblée : les réfractaires au service armé, les gendarmes, les policiers, certains prêtres affichant trop ouvertement leur opposition à la Commune sont recherchés et certains arrêtés.
Le 21 mai, les versaillais, prévenus par un piqueur de la ville de Paris que la porte du Point-du-Jour est dégarnie, pénètrent dans la capitale endormie. Suit une « semaine sanglante » de combats acharnés, jusqu’au 28 mai, au cours de laquelle ils entreprennent de reprendre la ville où se dressent plus de 500 barricades. À la fusillade des 424 fédérés au parc Monceau et à Montmartre, les insurgés répliquent par l’exécution de 52 otages, rue Haxo. Avant de capituler, le 28 mai — les derniers combats ont lieu au Père-Lachaise —, les communards brûlent plusieurs édifices publics (Tuileries, Hôtel de Ville, Cour des comptes, Conseil d’État, ministère des Finances).
On estime entre 20 000 et 30 000 le nombre de fédérés massacrés (dont 3 500 exécutions sans jugement), pour 880 morts du côté des versaillais, en plus des 484 exécutés (dont le cardinal de Paris, Mgr Darboy). Plus de 38 000 insurgés sont arrêtés et jugés en conseil de guerre. Une centaine sont condamnés à mort (dont 23 effectivement exécutés), 410 aux travaux forcés, 4 600 à des peines de prison, 322 au bannissement, et 7 500 sont déportés en Algérie et en Nouvelle-Calédonie. Cinquante-six enfants sont placés en maison de correction. La répression qui s’abat sur la Commune décapite pour longtemps le mouvement révolutionnaire français même si, par les lois de 1879 et de 1880, l’amnistie est accordée aux communards survivants.
Paradoxalement, cette répression implacable mise en œuvre par le gouvernement de Thiers a pour conséquence d’enraciner la république dans le pays en démontrant qu’elle est capable de résister à l’anarchie et aux désordres populaires.