Lumières, siècle des
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Lumières, siècle des
3. La raison et le progrès

La plus importante des hypothèses et espérances communes aux philosophes et intellectuels des Lumières est incontestablement la foi inébranlable dans le pouvoir de la raison humaine. La découverte de la gravitation universelle par Isaac Newton (à la fin du xviie siècle) bénéficie notamment d’un écho considérable au xviiie siècle ; en effet, si l’humanité est en mesure de révéler les lois de l’Univers, elle peut espérer découvrir les lois propres à la nature et à la société humaine ; grâce à l’usage judicieux de la raison s’ouvre la perspective d’un progrès perpétuel dans le domaine de la connaissance, des réalisations techniques et des valeurs morales.

Dans le sillage de la philosophie de John Locke, les penseurs du xviiie siècle considèrent, à la différence de René Descartes, que la connaissance, loin d’être innée, procède uniquement de l’expérience et de l’observation guidées par la raison. Ils affirment que l’éducation a le pouvoir de rendre les hommes meilleurs et même d’améliorer la nature humaine. Désormais, la recherche de la vérité doit se poursuivre par l’observation de la nature plutôt que par l’étude de sources autorisées telles qu’Aristote et la Bible.

S’ils voient dans l’Église, et en particulier dans l’Église catholique romaine, la principale force qui a tenu l’esprit humain dans l’esclavage par le passé, la plupart des penseurs des Lumières ne renoncent pas complètement à la religion. Ils adoptent plutôt une forme de déisme, acceptant l’existence de Dieu et d’un au-delà, mais rejettent les arcanes de la théologie chrétienne. Selon eux, les aspirations humaines ne doivent pas porter sur un avenir lointain, mais sur les moyens d’améliorer la vie présente. Aussi le bonheur sur terre est-il placé au-dessus du salut religieux. Les penseurs des Lumières n’attaquent rien avec autant de violence et de férocité que l’Église, sa richesse, son pouvoir politique et sa volonté d’entraver le libre exercice de la raison.