| Huysmans, Joris-Karl | Format lecture | ||||
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| 4. | Vers Dieu |
Dès 1890, Huysmans entre dans une période de satanisme mystique qui imprègne son roman Là-bas, publié en 1891. Le personnage de Durtal, adepte de la magie noire et spécialiste de Gilles de Rais, y succède à Des Esseintes, tout en étant, comme lui, un célibataire rongé par la hantise de la médiocrité. Il sera aussi au centre de En route (1895), la Cathédrale (1898) et l’Oblat (1903). Jugé obscène et blasphématoire, Là-bas suscite de nombreuses protestations et reçoit un éreintage en règle de la part de Léon Bloy. Au fil de sa vie et de ses œuvres, Huysmans oscille entre les tentations, violentes, de la chair ou, raffinées, de l’art, et l’appel de la foi la plus fervente. En juillet 1892, lors d’un séjour à la Trappe d’Igny, il se convertit brutalement, frappé par l’évidence de Dieu, ainsi qu’il le narre dans En route.
Ses derniers romans confirment et précisent d’ailleurs son évolution vers un catholicisme orthodoxe : la Cathédrale est née d’un mélange, parfois aride, de symbolisme et d’autobiographie spirituelle ; le livre connaît un succès inespéré. En 1901, Huysmans fait sa profession solennelle d’oblature après un an de noviciat et publie Sainte Lydwine de Schiedam, où il expose sa doctrine de la substitution et de la souffrance mystiques.
Atteint d’un cancer, Huysmans meurt après des mois de souffrances acceptées dans un esprit d’expiation.