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2. Danse et culture

La danse peut être un art, un rituel ou un divertissement. Sa fonction diffère totalement du rôle utilitaire qui est celui des gestes exécutés dans le cadre d’une activité professionnelle ou sportive : elle exprime des idées et des émotions ou raconte une histoire. Elle correspond parfois à des motivations religieuses, politiques, économiques ou sociales ; mais il arrive aussi qu’on danse uniquement pour le plaisir et la satisfaction esthétique.

1. La danse et le corps

Le corps peut réaliser toutes sortes d’actions comme tourner, se courber, s’étirer, ou sauter. En les combinant selon des dynamiques variées, on peut inventer une infinité de mouvements différents. Dans ces immenses possibilités du corps, chaque culture a choisi de privilégier certains aspects qui caractérisent son propre style de danse.

Un entraînement prolongé et spécifique permet de développer considérablement les capacités physiques. Dans le ballet classique, par exemple, les danseurs travaillent à augmenter leur ouverture de hanches et à lever haut les jambes. En Inde, ils apprennent à contrôler les mouvements des yeux et des sourcils. Des accessoires accroissent aussi les possibilités physiques : chaussons de pointe, échasses, ou harnais pour s’élever au-dessus du sol.

La danse repose sur plusieurs éléments fondamentaux : (1) l’espace : dessins tracés sur le sol par les déplacements du corps et dans l’espace par les mouvements des membres, formes du corps en mouvement ; (2) le temps : tempo, variations rythmiques, durées de la danse, façon d’occuper le temps, soit lente et continue, soit en alternant pauses et accélérations rapides ; (3) le poids du corps : jeux divers avec la gravité par des mouvements aériens et gracieux, des oppositions de force ou, au contraire, en lui cédant dans des attitudes lourdes et alanguies ; (4) l’énergie : contenue, utilisée en de grands élans ou en un flux libre et continu selon les degrés de tension du corps.

2. Les aspects psychiques

Les effets de la danse dépassent le simple plaisir corporel. Elle permet de transmettre des idées, des émotions. Elle donne un sentiment d’unité à un groupe animé par les mêmes mouvements et un rythme commun. Dans certaines sociétés, elle aboutit souvent à un état de transe. Celle-ci ou d’autres formes d’altération de la conscience peuvent être interprétées comme un signe de possession par des esprits, ou constituer un moyen de décharge émotionnelle. Il arrive qu’en état de transe on trouve la force et l’endurance nécessaires pour accomplir des exploits : danser sur des charbons ardents, par exemple. Chez certains peuples, des chamans entrent en transe pour guérir les maux physiques ou psychologiques des membres de la communauté. La thérapie par la danse est une technique moderne qui aide les patients dans leur expression et leurs relations avec autrui.

3. Les types de danses

Il existe deux grands types de danses, selon qu’elles sont ou non destinées à être représentées devant un public. Les premières, les danses de participation, comprennent celles qui accompagnent certains travaux ou cérémonies religieuses, ainsi que les divertissements comme les danses folkloriques et les danses de société. Elles ont souvent une forme simple, aux pas répétitifs, faciles à apprendre, de sorte que tous les membres de la communauté puissent y prendre part.

Les danses destinées à être représentées devant un public sont exécutées dans le cadre de cours royales, de temples ou dans des lieux de spectacle. Les danseurs sont en général des professionnels et leur discipline est considérée comme un art. Les mouvements présentent alors une certaine difficulté et nécessitent un entraînement particulier.

4. La danse et la société

Les effets physiques et psychiques de la danse lui ont fait attribuer des fonctions très diverses : culte ou magie, moyen d’honorer les ancêtres ou de s’attirer la faveur des dieux. Déjà mentionnée dans la Bible, elle accompagne souvent, jusqu’au Moyen Âge, toutes sortes de cérémonies religieuses. Par la suite, l’Église chrétienne la condamne pour immoralité, mais elle continue à jouer un rôle important au sein de diverses communautés religieuses, chrétiennes ou non, telles que les Shakers américains ou les derviches tourneurs musulmans.

Les danses interviennent aussi dans les rites de passage ou les cérémonies pratiquées lorsqu’un individu change d’âge ou de fonction. On célèbre ainsi par des danses une naissance, une initiation, une remise de diplôme, l’accession à un poste politique, voire un décès. D’autres jouent un rôle dans les rapports amoureux. Dans certaines sociétés, elles constituent l’unique moment permettant aux jeunes gens de sexes opposés de se rencontrer. Dans le monde contemporain, elles continuent à leur fournir des occasions de rencontre non négligeables. D’autre part, certains travaux peuvent emprunter la forme d’un ballet. Ainsi, les mouvements exécutés en rythme dans les danses pratiquées au Japon lors du repiquage du riz voient leur rapidité et leur efficacité améliorées. Dans certaines cultures, enfin, la danse est une forme d’art. Ainsi l’Occident a adapté certaines danses, d’origine religieuse ou issues d’anciens divertissements royaux, pour les scènes de théâtre.