Océanie, art d'
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Océanie, art d'
3. Architecture et organisation de l’espace

Révélatrice de l’organisation sociale, l’architecture océanienne se distingue par une très grande diversité de formes et de matériaux, diversité qui rend difficile voire impossible une approche véritablement exhaustive.

1. L’architecture mélanésienne

La « maison des hommes » est le meilleur exemple pour illustrer l’architecture mélanésienne. On la retrouve de la Nouvelle-Guinée à la Nouvelle-Calédonie, bien que, dans le cas des populations les plus occidentalisées, l’organisation sociale à laquelle elle est assimilée tende à disparaître. Dans le village, elle constitue généralement la structure architecturale la plus imposante. Centre du pouvoir, c’est aussi là que les hommes se rassemblent pour manger, se détendre, discuter des problèmes auxquels doit faire face la communauté. Les « maisons des hommes » les plus spectaculaires sont celles des Iatmul et de leurs voisins de la région du moyen Sepik, en Nouvelle-Guinée. Ces édifices au toit pointu sont généralement divisés en deux parties, chacune étant réservée à une fratrie, c’est-à-dire un groupe du clan. L’iconographie des « maisons des hommes » comprend des figures anthropomorphes et de nombreux animaux totémiques associés aux différents clans.

En Nouvelle-Calédonie, la « maison des hommes » est construite autour d’un poteau central orné de petites figurines, qui, outre son aspect fonctionnel, joue aussi un rôle symbolique important. Deux gigantesques panneaux représentant des ancêtres encadrent habituellement l’entrée de la maison.

2. L’architecture polynésienne

En Polynésie, l’architecture des habitations ordinaires, des cases collectives ou réservées au culte, est intimement liée aux généalogies. Sa distribution entière symbolise le corps de l’ancêtre : la poutre faîtière correspond à son épine dorsale, les chevrons sont ses côtes et les pignons ses bras. Pièces maîtresses de l’art architectural polynésien, les marae ou centres de cérémonie se déclinent sous différentes formes : ils consistent en une cour délimitée par un mur, comme c’est le cas au Samoa, ou pavée, entourée de tribunes et de sièges à dossier. On trouve ces formes plus élaborées aux Marquises, dans les îles de l’archipel de la Société et à Hawaii. Chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, les marae sont surmontés d’une construction imposante, le wharenui ou « maison de réunion ».

3. L’architecture micronésienne

L’architecture micronésienne, bien que d’une époque plus récente, est tout aussi monumentale et impressionnante. Le style architectural mégalithique qui est propre à la région ne serait apparu que vers 1200-1300. Le complexe religieux de Nan Madol à Pohnpei est à ce titre exemplaire. Il se compose de 92 îlots aménagés dans un lagon peu profond. Au nombre des bâtiments figurent des habitations, des lieux de réunion et une nécropole royale.