| Afrique | Format lecture | ||||
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| 2. | Milieu naturel |
L’Afrique est le deuxième continent du monde par la taille (22 % de la surface terrestre). Il s’étend sur 8 050 km du nord au sud, de sa pointe septentrionale, le cap Blanc (en Tunisie), à son extrémité australe, le cap des Aiguilles (en Afrique du Sud) ; sa largeur maximale est d’environ 7 560 km d’ouest en est, de sa pointe occidentale, le cap Vert (au Sénégal), à son extrémité orientale, le Ras Hafoun (en Somalie). Le continent africain culmine au mont Kilimandjaro (5 895 m d’altitude au mont Kibo), en Tanzanie ; la région la plus basse est la dépression salée du lac Assal (153 m en dessous du niveau de la mer), sur le territoire de Djibouti.
La longueur totale des côtes (30 490 km) est inférieure, comparée à la superficie, à celle des autres continents. La côte africaine est inhospitalière sur le versant atlantique en raison d’une forte barre et de la rareté des échancrures, sauf à l’embouchure des fleuves et dans le golfe de Guinée, où un cordon littoral isole souvent de calmes lagunes au bord desquelles vit une population nombreuse. La côte orientale, plus accueillante, est balayée par les vents de mousson qui favorisent la navigation dans l’océan Indien.
À l’exception de la côte septentrionale et des chaînes de l’Atlas dans le nord-ouest, l’Afrique est caractérisée par de grandes cuvettes où coulent de grands fleuves – Nil, Niger, Congo, Zambèze – qui accèdent à la mer par des chutes et des rapides spectaculaires.
| 1. | Relief |
| 1.1. | Orogenèse |
Un vaste bouclier continental de roches précambriennes s’étend du sud de l’Atlas au cap de Bonne-Espérance. À l’est, il englobe la péninsule arabe et Madagascar qui se détachèrent de l’Afrique à l’ère tertiaire (voir tectonique des plaques). On a découvert dans ces roches des fossiles de micro-organismes datés de 3,2 milliards d’années.
Les forces tectoniques qui séparèrent l’Afrique de l’Amérique du Sud au moment de la dislocation du grand continent du Gondwana, il y a plus de 150 millions d’années (voir jurassique), poursuivirent leur action à une époque plus récente, créant une suite de fossés tectoniques (la Rift Valley) en Afrique orientale à l’ère tertiaire, et provoquant la formation des volcans des monts Kenya, Kilimandjaro, Ruwenzori et Virunga.
| 1.2. | Relief actuel |
D’une manière générale, l’altitude du continent africain augmente du nord-ouest au sud-est. Les bandes côtières basses, à l’exception de la côte méditerranéenne et de la côte de la Guinée, sont généralement étroites, avant de s’élever brusquement.
Au nord-ouest, les chaînes de l’Atlas, successions de pics escarpés qui culminent à 4 165 m d’altitude et entre lesquels s’intercalent de hauts plateaux, s’étendent du Maroc jusqu’en Tunisie sur 2 400 km de long.
Le Sahara, le plus grand désert du monde, s’étend de l’Atlantique à la mer Rouge de part et d’autre du tropique du Cancer. Cette vaste dépression est parsemée de reliefs (Adrar mauritanien, Aïr, Hoggar, Tibesti). Certaines parties du Sahara, comme le Tanezrouft et le désert de Libye, sont extrêmement arides. À l’est, le désert est traversé par le Nil ; il prend fin, avec le désert Arabique et le désert de Nubie, devant la mer Rouge.
Au sud du désert, cette dépression se poursuit par une région de transition, le Sahel (dont le nom signifie « rivage »), fait de plaines et de faibles ondulations. Au sud-ouest, le Fouta-Djalon, les massifs de l’Atakora, dans le nord du Bénin, et de l’Adamaoua, dans le sud-ouest du Cameroun sont les rares points émergents du relief. Au centre de l’Afrique, le bassin du Congo est une dépression majeure.
Les plateaux orientaux, autour de l’équateur, sont les plus élevés du continent. Ils occupent le versant oriental de l’Afrique et s’étendent de la mer Rouge au Zambèze. Leur altitude moyenne dépasse 1 500 m. Ils s’élèvent progressivement sur le plateau éthiopien pour dépasser les 3 000 m ; le Ras Dachan (4 620 m), dans le nord de l’Éthiopie, en est le point culminant. Plus au sud se trouvent plusieurs volcans, dont le Kilimandjaro, qui avec ses 5 895 m d’altitude est le point culminant de l’Afrique, le mont Kenya (5 199 m) et le mont Elgon. Une caractéristique topographique particulière des montagnes orientales est le vaste système de fossés tectoniques (Rift Valley) traversant la région dans le sens nord-sud. À l’ouest, le Ruwenzori atteint une altitude maximale de 5 119 m au pic Margherita.
Le sud du continent est constitué d’un vaste plateau, coupé par les dépressions du delta de l’Okavango et du désert du Kalahari. Le rebord méridional du plateau austral longe la côte sud-est sur quelque 1 100 km et culmine à 3 650 m dans le Drakensberg, en Afrique du Sud. Le Karroo est un plateau aride d’environ 260 000 km², également en Afrique du Sud. Le désert du Namib s’étend sur près de 2 000 km le long de la côte de l’océan Atlantique.
L’île de Madagascar est constituée d’un plateau central ravagé par l’érosion et bordé à l’est par une plaine côtière humide.
La plupart des sols africains présentent un drainage irrégulier et une nappe phréatique peu visible, sauf au Sahara où de grandes nappes fossiles et des rivières souterraines ont été repérées (Algérie, Libye). Les sols déboisés sont souvent incultivables en raison de la violence des pluies et du lessivage des minéraux. Les sols désertiques, pauvres en composants organiques, couvrent une vaste étendue. Certains sols de savane, durcis, présentent des cuirasses (latérite).
| 2. | Hydrographie |
Il existe six grands bassins hydrographiques en Afrique. À l’exception du bassin du lac Tchad, dont les eaux s’évaporent sous l’effet de la chaleur, ils aboutissent tous dans la mer et sont caractérisés par des chutes et des rapides qui empêchent la navigation.
Le Nil, le plus long fleuve du monde avec ses 6 650 km, arrose le nord-est de l’Afrique. Formé du Bahr el-Azrak, qui prend sa source dans le lac Tana en Éthiopie, et du Bahr el-Abiad, qui a la sienne au sud du Burundi et se forme au sortir du lac Victoria, le Nil coule vers le nord, traverse la Sahara et se jette dans la Méditerranée par un large delta.
Le Congo, avec ses 4 400 km, baigne une grande partie de l’Afrique centrale. Il naît en Zambie et coule vers le nord sous le nom de Lualaba. Il oblique vers l’ouest puis vers le sud-ouest pour se jeter dans l’océan Atlantique.
Le troisième grand fleuve africain, le Niger, en Afrique occidentale, est long d’environ 4 200 km ; son cours supérieur n’est navigable que pendant la saison des pluies. Le Niger, qui prend sa source sur le plateau du Fouta-Djalon, coule vers le nord et l’est en formant un vaste delta intérieur où les eaux de la crue s’étalent avant de se diriger vers le sud, puis de se jeter dans le golfe de Guinée par un delta aux bras multiples.
Le Zambèze, long d’environ 3 540 km, naît en Zambie, dans le sud-est de l’Afrique, et coule vers le sud, l’est et le sud-est avant de se jeter dans l’océan Indien. Le Zambèze présente de nombreuses chutes, dont les plus remarquables sont les chutes Victoria. Le fleuve Orange (2 100 km) et son affluent le Vaal baignent le sud de l’Afrique. L’Orange naît dans le massif du Drakensberg et se déverse, à l’ouest, dans l’Atlantique après avoir creusé des gorges spectaculaires.
Le lac Tchad, un lac d’eau douce d’une profondeur moyenne de 1,2 m environ, est le réceptacle des oueds et cours d’eau environnants. C’est le plus grand bassin fermé du continent. Sa profondeur et sa superficie varient considérablement selon les cycles pluviaux. Il existe aussi d’autres bassins fermés de moindre ampleur, en Afrique australe (delta de l’Okavango), et en Afrique orientale (lacs Natron, Turkana, vallée de l’Awash avec le lac Abbé).
La grande faille orientale a donné naissance à un grand nombre de lacs, avec, du nord au sud, les lacs Mobutu, George, Édouard, Kivu, Tanganyika et Malawi. Le lac Victoria, plus grand lac d’Afrique et troisième du monde, occupe une dépression peu profonde entre les deux branches du rift.
L’approvisionnement en eau est un problème majeur en Afrique. De vastes étendues souffrent de l’insuffisance ou de l’irrégularité des pluies et les populations doivent stocker l’eau en prévision du retard ou de l’insuffisance des précipitations. D’autres régions ont des réserves surabondantes. Il existe de grands marais et certaines zones sont périodiquement inondées (sud du Soudan, delta intérieur du Niger). Au cours des dernières années, de nombreux barrages et réservoirs ont été construits pour canaliser l’eau destinée à l’irrigation ou pour la production hydroélectrique (barrages d’Assouan sur le Nil, d’Akosombo sur la Volta, de Manantali sur le Niger, d’Inga sur le Congo, de Kariba et de Cabora Bassa sur le Zambèze). Grâce à ses nombreux cours d’eau, l’Afrique possède environ 40 % du potentiel hydroélectrique mondial.
| 3. | Climat |
Une grande partie du continent est soumise à l’influence du climat tropical. En Afrique orientale, des montagnes arrêtent la mousson de l’océan Indien.
On distingue plusieurs grandes zones climatiques. La partie centrale du continent et la côte orientale de Madagascar ont un climat caractéristique de la forêt pluviale tropicale. La température moyenne est d’environ 26,7 °C, avec des précipitations annuelles proches de 1 800 mm. Le climat de la côte de la Guinée ressemble au climat équatorial, mais les pluies se concentrent en une seule saison ; il n’y a cependant pas de mois sans pluie.
Au nord et au sud, le climat de la forêt pluviale laisse la place au climat tropical, caractérisé par une saison humide pendant les mois d’été et une saison sèche pendant les mois d’hiver, qui s’allonge à mesure que l’on approche des tropiques. Les précipitations annuelles totales varient de 1 500 mm à 550 mm. De part et d’autre de l’équateur, l’humidité décroît lorsque la latitude augmente, et l’on passe de la forêt dense à la forêt à feuilles caduques puis à la forêt claire et enfin à la savane. Le Sahel est une zone climatique intermédiaire entre la savane et le désert où les précipitations (400 à 600 mm) permettent encore la culture du mil sans irrigation, donc l’existence d’une agriculture de subsistance élémentaire.
De très vastes étendues ont un climat aride, ou désertique. Le Sahara, dans le nord, l’Abyssinie, dans l’est, et le Kalahari et le désert du Namib, dans le sud-ouest, reçoivent moins de 250 mm de pluies par an. Au Sahara, les variations de température entre le jour et la nuit, et entre les saisons sont importantes. Pendant la saison froide, la température nocturne tombe souvent en dessous de 0 °C.
Les zones de climat et de végétation méditerranéens se trouvent dans l’extrême nord-ouest et l’extrême sud-ouest de l’Afrique. Ces régions sont caractérisées par des hivers doux et humides, et des étés chauds et secs. Sur les plateaux d’Afrique orientale, en particulier au Kenya et en Ouganda, les précipitations sont bien réparties tout au long de l’année et les températures sont égales. Le climat du haut plateau de l’Afrique du Sud est tempéré dans la région du Cap.
| 4. | Végétation et faune |
| 4.1. | Végétation |
La végétation reflète les zones climatiques. La région de la forêt pluviale tropicale, où les précipitations annuelles moyennes dépassent 1 300 mm, est couverte d’une végétation dense de fougères et de mousses, dominée par de grands arbres à feuilles persistantes et de nombreuses espèces de bois dur tropical. Au sud de l’équateur, la forêt primaire occupe encore des zones non négligeables, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo, sur les pentes du Ruwenzori et des monts Virunga, favorisée par des précipitations importantes (4 000 à 6 000 mm et plus, avec une humidité de 90 %). Il existe une zone de forêts de montagnes, avec des précipitations annuelles moyennes moins importantes que celles de la forêt pluviale tropicale, dans les hauts plateaux du Cameroun, en Angola, en Afrique orientale et dans quelques régions de l’Éthiopie, où une étendue couverte de broussailles fait place à des arbres à bois dur et à des conifères primitifs.
Une savane boisée, avec des précipitations annuelles de 900 à 1 400 mm, couvre de vastes étendues de végétation résistante au feu : herbes, légumineuses et broussailles mélangées à des forêts de feuillus. La savane arbustive, avec des précipitations annuelles d’environ 500 à 900 mm, est couverte de hautes herbes, d’arbustes, de petits bosquets de feuillus isolés d’où émergent parfois de grands arbres, vestiges d’une ancienne grande forêt aujourd’hui disparue. La disparition de ces petites forêts, dont il ne reste souvent que des arbres et des arbustes clairsemés, annonce la transition avec la savane herbeuse, une zone particulièrement sensible à la désertification, introduisant insensiblement un paysage sahélien.
Dans le Sahel, l’homme, ses cultures et ses bovins vivent à la limite des possibilités de la nature et pâtissent du moindre accident climatique. C’est la brousse, avec une végétation de steppe, et des précipitations annuelles d’environ 300 à 500 mm. L’herbe y est plus basse et les arbustes couverts d’épines. La zone subdésertique (130 à 300 mm), où poussent quelques arbustes épars, verdit après les pluies pendant une courte période. C’est l’antichambre de la zone désertique (moins de 130 mm) où la végétation, rare ou inexistante, ne peut nourrir que les chameaux et parfois quelques chèvres.
| 4.2. | Faune |
L’Afrique présente deux zones zoologiques distinctes : la zone nord et nord-ouest, comprenant le Sahara, et la zone éthiopienne, englobant toute l’Afrique subsaharienne. Au nord du Sahara, on trouve communément des moutons, des chèvres, des chevaux et des chameaux. Le mouton de Barbarie, le daim rouge d’Afrique sont originaires de la côte d’Afrique du Nord. Dans le Sahara, on trouve des fennecs, ainsi que des lièvres, des gazelles et des gerboises, un petit rongeur se déplaçant par bonds.
La zone éthiopienne abrite une grande variété d’animaux et d’oiseaux. Dans les régions boisées et herbeuses vivent de nombreuses espèces d’antilopes et de daims, des zèbres, des girafes, des buffles, des éléphants d’Afrique, des rhinocéros et différents singes. Le gorille, le plus grand singe du monde, est en voie de disparition. Végétarien, il habite les forêts de montagne de l’Afrique équatoriale (Rwanda, République démocratique du Congo). On trouve des lémuriens à Madagascar. Parmi les carnivores figurent le lion, le léopard, le guépard, l’hyène, le chacal et la mangouste.
La plupart des oiseaux appartiennent au Vieux Monde et certains sont migrateurs : ils quittent l’Europe l’hiver pour venir hiverner dans les deltas et les marais d’Afrique (Sénégal, Okavango, sud-Soudan). La pintade est un des oiseaux les plus chassés. Il existe un grand nombre d’oiseaux aquatiques, notamment les pélicans, les hérons goliath, les flamants, les cigognes et les aigrettes. L’ibis se trouve dans la région du Nil et l’autruche, qui a quasiment disparu du Sahel, vit dans l’est et le sud de l’Afrique.
En ce qui concerne les reptiles, on trouve en Afrique lézards, crocodiles et tortues. Il existe plusieurs serpents venimeux dans toute la zone éthiopienne, dont le redoutable mamba. Parmi les serpents étouffant leur proie figurent les pythons, principalement en Afrique occidentale où ils sont l’objet d’un culte ; le boa constricteur est originaire de Madagascar.
L’eau douce abonde en poissons. On recense plus de 2 000 espèces. Le continent présente une variété d’insectes nocifs, notamment les moustiques, les fourmis migratrices, les termites, les criquets migrateurs et les mouches tsé-tsé. Ces dernières transmettent la maladie du sommeil aux hommes et aux animaux, interdisant par exemple l’élevage des bovins en zones forestières. La mouche tsé-tsé a été l’un des obstacles majeurs à l’extension en zone forestière des grands empires de la savane fondés sur la cavalerie, et à son islamisation.
| 5. | Ressources minérales |
L’Afrique est très riche en ressources minérales et possède la plupart des minéraux précieux, mais leur répartition géographique est irrégulière. Les combustibles fossiles abondent (charbon, pétrole, gaz naturel). L’Afrique possède de grands gisements d’or, de diamants, de cuivre, de bauxite, de manganèse, de nickel, de platine, de cobalt, d’uranium, de germanium, de lithium, de titane et de phosphates. Les autres ressources minérales importantes sont le minerai de fer, le chrome, l’étain, le zinc, le plomb, le thorium, le zirconium, le vanadium, l’antimoine et le béryllium. On trouve également de l’argile, du mica, du soufre, du sel, du natron, du graphite, du calcaire, du gypse et du phosphate. L’exploitation des salines naturelles dans les dépressions salées du Sahara a été à l’origine d’importantes routes commerciales.