| Afrique | Format lecture | ||||
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| 4. | Économie |
| 1. | Généralités |
Traditionnellement, les Africains pratiquent l’agriculture et l’élevage de subsistance. Il existe de grands marchés et le commerce a été à l’origine des civilisations africaines depuis le début de notre ère. L’artisanat est une activité essentielle et les artisans (tisserands, forgerons, sculpteurs) faisaient partie des principaux enjeux au cours des batailles. Les grands empires de la savane, les royaumes de la forêt et les cités-États sont nés de l’artisanat et du commerce à grande distance.
La colonisation européenne introduisit de nouveaux produits agricoles, et l’exploitation des minerais entraîna un développement de l’émigration régionale ; de nouvelles voies de communication furent construites (routes, chemins de fer), l’introduction de techniques modernes et de produits européens permit l’essor d’une économie d’échanges. L’artisanat local (tissages, outils en fer) fut concurrencé par les marchandises européennes plus valorisantes. Les industries de transformation se développèrent, ainsi que les ports et les centres administratifs. La coexistence d’une économie de subsistance et d’une économie moderne caractérise l’économie africaine, mais dans les périodes de récession, une économie « informelle » (échanges traditionnels non mesurables par les méthodes d’investigation habituels) permet à la population de subvenir à ses besoins.
Le développement économique représente également un problème majeur dans une économie mondiale elle-même en crise. Plusieurs États africains détiennent des ressources naturelles importantes, mais seule l’Afrique du Sud possède les moyens financiers pour se développer. Les entreprises privées étrangères considèrent souvent l’investissement dans ces régions sous-développées comme trop risqué, ce qui s’est vérifié dans de nombreux cas. Les seules autres possibilités de financement proviennent des institutions nationales et internationales de prêt. Voir pays en voie de développement.
Le niveau de vie des nations africaines a considérablement chuté au cours des années 1990, suivant en cela le cours des matières premières. La récession à l’échelle mondiale du début des années 1980 a multiplié les difficultés provoquées par l’augmentation des prix du pétrole dans les années 1970. Le règlement de la dette extérieure et les économies imposées par la Banque mondiale ont attisé le mécontentement populaire. La famine et la sécheresse se sont abattues sur de nombreuses régions au cours des années 1980 et des millions de réfugiés, chassés par la sécheresse ou les conflits civils, se sont établis loin de leur pays d’origine. Le choléra et le paludisme restent récurrents en Afrique, alors que le sida ne cesse de se propager.
| 2. | Agriculture, forêts et pêche |
Malgré l’expansion du commerce et de l’industrie, la plupart des Africains restent des agriculteurs et des éleveurs. Dans le nord et le nord-ouest de l’Afrique, on cultive le blé, l’avoine, le maïs et l’orge, et on récolte les dattes dans les oasis, les olives et les agrumes sur la bordure méditerranéenne ; les cultures maraîchères sont variées et pratiquées un peu partout grâce à l’irrigation. Dans la savane, on pratique l’agriculture itinérante liée au degré d’épuisement du sol et à la pratique du brûlis. Il en est de même dans les zones forestières. Les céréales, comme le mil et le sorgho, sont les principales cultures de la savane ; le riz, les ignames, le manioc, le gombo, le plantain et les bananes sont les cultures alimentaires des régions plus humides. Partout, on élève des chèvres et des moutons. Au Sahara, les chameaux sont utilisés pour les transports traditionnels.
L’élevage des bovins est impossible dans les régions infestées de mouches tsé-tsé, c’est-à-dire dans la plupart des zones forestières. En Afrique occidentale, ce problème sanitaire est à l’origine du grand commerce régional nord-sud du bétail, élevé par les pasteurs peul et expédié sur pied vers le sud pour nourrir les grands centres de la côte. Les hauts plateaux d’Afrique orientale et australe restent cependant le domaine privilégié des éleveurs.
La culture commerciale, ou culture de rente, est commune à tout le continent et occupe près de la moitié des terres cultivées. Le café, le coton, le cacao, les arachides et l’huile de palme sont destinés à l’exportation. L’Afrique fournit plus de la moitié de la demande mondiale en café, cacao, arachide, sisal, clou de girofle.
Le bois n’a plus qu’une valeur limitée, sauf pour son utilisation locale comme combustible, mais le déboisement intensif, surtout dans la périphérie des villes, accentue le processus de désertification. Le Gabon est le principal fournisseur d’okoumé, un bois utilisé pour la fabrication du contreplaqué ; la Côte d’Ivoire, le Liberia, le Ghana et le Nigeria sont les principaux exportateurs de bois durs, mais l’exploitation souvent anarchique accentue la déforestation.
À l’intérieur des terres, aux côtés de la pêche, l’élevage de poissons se pratique depuis un demi-siècle. Ainsi, le Mali, où la pêche est pratiquée de façon intensive depuis toujours dans le delta intérieur du Niger, arrive au premier rang dans ce domaine en Afrique. Les côtes de l’Atlantique sont parmi les plus poissonneuses du monde, mais les pêcheurs locaux n’ont pas le matériel nécessaire pour pratiquer la pêche industrielle. Toutefois, les pays riverains perçoivent des pays développés d’importants droits de pêche.
| 3. | Mines et industries |
L’extraction minière représente le plus grand volume des revenus de l’exportation. Près de la moitié du revenu des minerais d’Afrique revient à l’Afrique du Sud ; une grande partie vient de l’exploitation des mines d’or et de diamants. Les autres principaux pays fournisseurs de minéraux sont la Libye (pétrole), le Nigeria (pétrole, gaz naturel, charbon, étain), l’Algérie (pétrole, gaz naturel, minerai de fer), la République démocratique du Congo et la Zambie (cuivre, cobalt, charbon, plomb, zinc). Le fer est présent sur tout le continent. On trouve également du pétrole le long de la côte occidentale de l’Afrique, du bassin du Gabon à l'Angola (Cabinda).
Un tiers de l’uranium mondial est fourni par l’Afrique, notamment par l’Afrique du Sud, le Niger, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Gabon. Environ 20 % des réserves de cuivre du monde se concentrent en Zambie, en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud et au Zimbabwe. La République démocratique du Congo possède également environ 90 % des gisements de cobalt connus dans le monde et la Sierra Leone détient les plus grandes réserves de titane connues. L’Afrique fournit près des trois quarts de l’or mondial ; l’Afrique du Sud, suivie par le Zimbabwe, la République démocratique du Congo et le Ghana, en sont les principaux producteurs.
Les mines d’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, de l’Angola, de la République centrafricaine et du Botswana fournissent virtuellement la totalité des gemmes et des diamants industriels.
La plus grande partie des richesses minières de l’Afrique est cependant exploitée par de grandes multinationales. Les pays africains ont tenté sans grand succès de devenir actionnaires dans l’exploitation de leurs propres richesses.
Le Nigeria, la Libye, l’Algérie et l’Angola sont parmi les premiers producteurs mondiaux de pétrole. Les exportations de gaz naturel se concentrent en Algérie. Le charbon est exploité au Zimbabwe et en Afrique du Sud ; leur production est destinée à l’utilisation locale. Les autres pays d’Afrique doivent importer leur énergie, en particulier le pétrole. L’augmentation du prix du pétrole dans les années 1970 a été préjudiciable à de nombreux pays, déséquilibrant la balance des paiements et augmentant la dette, ce qui a entravé le développement dans les années 1980 et 1990.
Bien que l’Afrique détienne près de 40 % du potentiel hydroélectrique mondial, seule une partie relativement limitée s’est développée en raison des coûts de construction, de l’inaccessibilité des sites et du transport de l’énergie. Cependant, depuis les années 1950, quelques-uns des plus grands barrages du monde ont été construits en Afrique, notamment à Assouan sur le Nil, à Akosombo sur la Volta, au Ghana, à Kariba et à Cabora Bassa sur le Zambèze.
Les industries de transformation sont fondées sur l’extraction minière et pétrolière (fonderie et raffinage). L’Afrique du Sud, premier producteur industriel du continent, a développé l’industrie lourde, la métallurgie et la fabrication de machines et de moyens de transport. Des centres industriels importants se sont également développés au Zimbabwe, en Égypte et en Algérie. Les industries liées aux minerais sont présentes en République démocratique du Congo et en Zambie ; le Kenya, le Nigeria et la Côte d’Ivoire se sont spécialisés dans le textile, l’industrie légère et les matériaux de construction. Dans le reste de l’Afrique, la production industrielle se limite à la fabrication et à l’assemblage de biens de consommation, comme les chaussures, les bicyclettes, les textiles, les denrées alimentaires et les boissons.
| 4. | Échanges |
Les moyens de communications datent presque tous de l’époque coloniale et n’ont guère été améliorés depuis (sauf le Transgabonais et le chemin de fer de Mauritanie construits pour exporter les minerais, et le réseau de l’Afrique du Sud). Les réseaux routiers de la plupart des pays sont constitués en grande partie de routes de terre, impraticables pendant la saison des pluies. Ils relient principalement l’intérieur du pays à la côte, mais sont dépourvus de routes transversales. Seule l’Afrique du Sud possède un réseau de communications digne de son époque.
L’économie des États africains dépend essentiellement des exportations et porte sur des matières premières dont la vente permettra d’acheter des biens industriels et de consommation. La plupart des anciennes colonies britanniques entretiennent toujours des relations commerciales lâches avec le Royaume-Uni et conservent leur réserve monétaire à Londres. Les anciennes colonies françaises ont des relations plus étroites avec la France. La plupart sont membres de la zone du franc CFA. En outre, la plupart des États africains ont des liens économiques avec l’Union européenne et bénéficient de réductions des tarifs douaniers (conventions de Lomé).
Le commerce interrégional porte essentiellement sur les échanges traditionnels (bétail, céréales) et échappe en partie au contrôle des États. Des systèmes économiques interafricains modernes ont cependant été mis en place. Les plus durables et les plus réussis sont la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest et la Communauté économique des États d’Afrique centrale. L’Organisation de l’unité africaine (OUA) œuvre également pour le développement du commerce et du développement économique interafricains.