Maupassant, Guy de
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Maupassant, Guy de
2. Vie de Maupassant
1. Les années de jeunesse

Né à Fécamp, et non au château de Miromesnil, comme sa mère voulut le laisser croire par snobisme, Guy de Maupassant développa précocement une sensibilité particulière à la violence dans ses manifestations quotidiennes.

Ses premières années le familiarisèrent avec la campagne normande, ses paysans, son patois et ses scènes typiques, qui devaient lui fournir un inépuisable champ d’inspiration pour ses contes et ses nouvelles. À douze ans, il entra au collège religieux d’Yvetot, et termina ses études secondaires au lycée de Rouen. En 1870, il fut mobilisé lors de la guerre contre la Prusse et, après la défaite, commença une carrière médiocre de fonctionnaire à Paris. Parallèlement, il se mit à écrire, sous l’influence de Flaubert, ami d’enfance de sa mère, qui lui servit de mentor et de père spirituel. Par l’intermédiaire du maître, il rencontra les écrivains de son temps, Zola, Huysmans, Daudet et les frères Goncourt.

2. L'école du naturalisme

C’est dans la mouvance du naturalisme qu’il participa à l’élaboration du recueil collectif des Soirées de Médan (1880), manifeste de l’école naturaliste. Il y publia son tout premier récit, Boule-de-Suif, qui remporta un très vif succès et le fit connaître des milieux littéraires parisiens. L’héroïne de cette nouvelle cynique est une prostituée candide qui, à l’occasion d’un épisode scabreux, apparaît bien plus respectable que ne le sont les honnêtes bourgeois prêts à la sacrifier sans état d’âme à un officier allemand. On trouve déjà là une thématique récurrente dans les nouvelles de Maupassant, celle de la très ordinaire cruauté des êtres humains.

3. Le romancier à succès

Dès lors, Maupassant abandonna son poste au ministère de l’Instruction publique pour se lancer dans l’écriture. En une douzaine d’années, il publia environ quinze recueils de contes et de nouvelles, six romans et de très nombreux articles de journaux. Ses thèmes d’inspiration étaient variés : il s’agissait aussi bien du monde rural de sa Normandie natale, avec sa férocité brutale et rustique, que du monde des petits bourgeois et des médiocres employés de bureaux, mais aussi de l’univers cruel et sans pitié de la haute bourgeoisie parisienne, qu’il avait appris à côtoyer.

Fêté, choyé dans les salons parisiens, grand amateur de femmes, romancier à succès, Maupassant finit sa vie dans les souffrances de la maladie. Atteint de la syphilis, contractée dans sa jeunesse, il sombra petit à petit dans un délire hallucinatoire. La démence s’étant emparée de son esprit, il termina ses jours à la clinique du docteur Blanche.