Louis XIV le Grand
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Louis XIV le Grand
2. L’enfance et la jeunesse du roi
1. Un héritier longtemps attendu

Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, né à Saint-Germain-en-Laye le 5 septembre 1638, Louis reçoit pour deuxième prénom Dieudonné, tant sa naissance est inespérée, vingt-trois ans après le mariage de ses parents, jusqu'alors resté infécond. Âgé de quatre ans et demi lors de la mort de son père (14 mai 1643), il est placé sous la régence de sa mère, confirmée dans ce rôle par le Parlement de Paris. La reine continue à gouverner avec Mazarin, qui a eu toute la confiance de Louis XIII et qui, déjà parrain du jeune roi, est chargé de superviser son éducation.

2. Le temps de la Fronde

L’enfance de Louis XIV se déroule dans le climat dramatique de la Fronde, jalonnée par des épisodes comme la fuite de la famille royale et de la cour (contraintes de quitter Paris pour Saint-Germain-en-Laye en janvier 1649), mais aussi par de constants déménagements, des affronts multiples, le spectacle de la trahison des Grands et des princes du sang, qui marquent à jamais Louis XIV et qui modèlent en profondeur sa personnalité.

Le jeune roi reçoit une éducation plus pratique qu’intellectuelle — un peu négligée du fait de la situation politique —, dispensée sous l’autorité de son gouverneur, le maréchal de Villeroy, et de son précepteur, Hardouin de Péréfixe, futur archevêque de Paris, qui écrit pour lui une Histoire d’Henri IV. Plus lointain, Mazarin n’en exerce pas moins une influence considérable sur son royal pupille, en lui transmettant son goût pour l’art et les collections et en l’initiant très tôt aux questions militaires, diplomatiques et politiques ; le ministre fait d’ailleurs entrer le jeune roi au Conseil dès 1650.

3. Les dernières années de formation

La majorité officielle du roi (7 septembre 1651) change la nature de la Fronde, certains actes commis pouvant s’apparenter à un crime de lèse-majesté. Dès l’année suivante, Louis XIV manifeste son sens de la décision en faisant arrêter le cardinal de Retz, archevêque de Paris, l’un des chefs de la Fronde des princes (décembre 1652). Cependant, même après son sacre (7 juin 1654), il laisse le gouvernement du pays à Mazarin, perfectionnant sa formation militaire sous la direction de Turenne (il participe notamment au siège de Dunkerque, en 1658), alors que la guerre avec l’Espagne s’éternise jusqu’à la conclusion du traité des Pyrénées (novembre 1659). Outre le gain de l’Artois et du Roussillon, le traité prévoit le mariage de Louis XIV avec sa cousine, l’infante Marie-Thérèse, union qui est célébrée l’année suivante.

Homme mondain passionné de ballets et de musique, notamment d’opéras, le roi, tout en multipliant les liaisons féminines (les plus notables sont avec Louise de La Vallière et avec Mme de Montespan, qui lui donnent toutes deux une descendance légitimée, ainsi qu’avec Mme de Fontanges), a six enfants de la reine, dont seul survit Louis de France, « le Grand Dauphin » (1661-1711).

Bien que sensible aux considérables succès remportés par Mazarin en politique étrangère, le roi, qui connaît bien son royaume pour l’avoir parcouru à l’occasion de ses campagnes, est conscient des bouleversements provoqués par la Fronde et les années de guerre. Il désapprouve silencieusement certains aspects de la gestion du cardinal, au point qu’il écrit avec sévérité, dans ses Mémoires, que, à l’heure de la mort de son fidèle ministre, « le désordre régnait partout ».