| Tzara, Tristan | Format lecture | ||||
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| 2. | Le fondateur du mouvement dada |
Né à Moineş-ti (Roumanie), Samuel Rosenstock, dit Tristan Tzara, fait des études de mathématiques et de philosophie à Bucarest où il compose ses premières pièces d'inspiration symboliste. En 1916, au cours de la Première Guerre mondiale, il s’expatrie à Zurich, où il fréquente les soirées du Cabaret Voltaire.
Convaincu de la vanité des valeurs traditionnelles de l'Occident, assimilant la révolte poétique à la révolution sociale, il fonde le mouvement dada en 1916 avec Hugo Ball, Marcel Janco, Jean Arp, Sophie Taeuber, Hans Richter et Richard Huelsenbeck.
Le nom de « dada » est choisi au hasard dans le dictionnaire et Tristan Tzara en définit les objectifs dans le Manifeste Dada 1918. Il s’agit de faire table rase des arts, de la poésie et plus largement de la culture établie et d’instaurer une révolution permanente de l’esprit. Par le biais d’un déferlement d’images concrètes et d’une langue désarticulée et fougueuse, Tristan Tzara revendique la primauté de la vie et de l’acte sur les arts et les idées. Destinées non à être lues, mais à être déclamées, ses premières œuvres telles que Poèmes nègres (1916) ; Poèmes simultanés, (1917) ; Vingt-Cinq Poèmes (1918) expriment son scepticisme à l’égard de tous les systèmes littéraires et artistiques.
Pendant que Tristan Tzara se concilie à Paris les jeunes poètes français groupés autour de la revue Dada qu’il fonde en 1917 (André Breton, Paul Éluard, Philippe Soupault, Sándor Fraenkel, Benjamin Péret), Francis Picabia fait franchir l'océan au mouvement en l'ancrant à New York. Progressivement, le pessimisme de Tristan Tzara enveloppe sciences et philosophies. André Breton lui reproche d’ailleurs ce nihilisme provocateur et stérile sur le plan artistique : il quitte d’ailleurs la revue pour créer le surréalisme.