| Tzara, Tristan | Format lecture | ||||
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| 3. | En marge du surréalisme |
Tristan Tzara bouleverse aussi les règles dramatiques et le rôle de la scène. La Première Aventure céleste de Monsieur Antipyrine (1916) et la Deuxième Aventure de Monsieur Antipyrine (1921) expriment sa volonté de faire du théâtre un spectacle vivant et interactif par le recours au discours improvisé et au dialogue spontané entre spectateurs et comédiens. Les manifestations publiques se multiplient jusqu'à la représentation du Cœur à gaz, en 1922, qui met au grand jour les dissensions avec les surréalistes. La pièce provoque un conflit entre André Breton et Paul Éluard d’un côté et Tristan Tzara et René Crevel de l’autre.
Dès 1923, dans le recueil De nos oiseaux, il transpose sur un plan plus intériorisé les découvertes dadaïstes. Le poète recoupe souvent le chemin des surréalistes, parmi lesquels il compte toujours de fortes amitiés ; il donne cependant à son œuvre un ton plus lyrique qui s'affirme, de l'Indicateur des chemins du cœur (1928) à l'Homme approximatif (1931). La définition de « l'homme un peu animal un peu fleur un peu métal un peu homme », mais accessible à l'universalité, sert de fondement à sa défense de la poésie considérée comme une « activité de l'esprit ». Si l'Essai sur la situation de la poésie (1931) tente de ménager une possible fusion de l'homme social et du poète, des recueils tels que Où boivent les loups (1933), Grains et Issues (1935) continuent à explorer les pouvoirs de l'image.
À travers ses œuvres, Tristan Tzara reste fidèle à l’élan de contestation et de subversion de l’ordre établi qui a présidé, à la création de la revue Dada et dans laquelle il déclarait : « Je détruis les tiroirs du cerveau et ceux de l’organisation sociale ».