Franco, Francisco
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Franco, Francisco
3. La conquête du pouvoir et son renforcement dans la guerre

L’Espagne traverse alors une grave crise politique. La République n’a pas trouvé son point d’équilibre. La vie politique est perturbée par des accès de violence et l’exaspération d’une arme méprisée, en mal de pouvoir depuis la chute de Primo de Rivera. Témoignage de cette tension : les gardes républicains assassinent le monarchiste Calvo Sotelo en juin 1936. C’est donc dans un contexte conflictuel qu’en juin 1936, Franco rejoint les généraux Godet et Queipo de Llano qui participent à la conspiration du général José Sanjurjo. Le 18 juillet, au lendemain du déclenchement du soulèvement nationaliste, il gagne le Maroc. Fort de ses états de services et de sa connaissance du terrain, il s’assure le contrôle des garnisons, puis, ayant convaincu Mussolini et Hitler de l’aider à organiser un pont aérien à grande échelle vers l’Espagne, il débarque avec l’armée d’Afrique dans le sud de la péninsule. Il dirige une marche victorieuse, semant la terreur jusqu’à Madrid, avec pour cri de guerre le célèbre « Viva la muerte ! » Fin septembre, il libère l’Alcazar de Tolède du siège des troupes républicaines. Cette victoire lui confère une immédiate autorité politique qu’accentue le décès accidentel du général Sanjurjo, permettant à Franco de s’imposer. Jouant à la fois de son excellence militaire et de ses contacts privilégiés avec Berlin et Rome, il devient le chef naturel de la rébellion, nommé « généralissime » par la junte de défense nationale réunie à Burgos (29 septembre), puis chef du gouvernement nationaliste (1er octobre). Il dissout la junte sitôt au pouvoir et s’octroie le titre de chef de l’État. Ce retournement inaugure les années de fer et sang de la guerre civile.

En effet, confronté à la résistance républicaine de Madrid, Franco tente en vain d’encercler la capitale durant l’hiver 1936-1937. À partir du mois de mars, il oriente sa stratégie au nord. Six mois plus tard, le nord industriel est conquis avec les prises de Bilbao (juin), de Santader (août), puis, fin 1938, avec l’écrasante victoire contre l’armée républicaine de l’Ebre. Les combats ont été d’une rare violence. La détermination de Franco à vaincre est passée à la postérité grâce à Guernica, œuvre de Picasso honorant la mémoire de 1 500 des 7 000 habitants du village massacrés par les bombes au phosphore des avions allemands. Barcelone tombe en janvier 1939, Madrid le 28 mars. Le 1er avril, Franco proclame la fin de guerre. Assuré d’une autorité sans partage, il continue à cadenasser son autocratie.