Franco, Francisco
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Franco, Francisco
4. La rapide construction des bases de l’État franquiste

Dès 1937, Franco a en effet lancé une stratégie pour affermir son pouvoir. Dès avril 1937, il transforme la Phalange (formation d’inspiration fasciste fondée par José Antonio Primo de Rivera en 1933) en parti unique dont il prend la tête. Dans son premier gouvernement (janvier 1938), il restreint les lois fondamentales de la démocratie. Le 9 mars, la promulgation de la Charte du travail, loi fondamentale du régime franquiste, instaure un système corporatiste interdisant les syndicats, donc, de fait, tout espace de protestation. En 1938 encore, il s’octroie le titre de caudillo (guide) et s’arroge la double fonction de chef de l’État et du gouvernement. Dans sa quête du pouvoir absolu, il est enfin aidé par le hasard. José Primo de Rivera est exécuté par le Front populaire en 1936 alors qu’il préparait ses phalanges armées à affronter les milices de gauche et à perpétrer des assassinats politiques. Son martyrat sert à double titre Franco. Quant au général Vidal Émilio Mola, un des initiateurs de l’action armée de 1936 (mais qui souhaitait seulement instaurer une « dictature républicaine »), il meurt dans un accident d’avion en juin 1937. Franco a le champ libre.

Il consolide rapidement son régime dictatorial, activement soutenu dans sa tâche par l’Église. Les reconnaissances diplomatiques par la Grande Bretagne, la France (Pétain est dépêché comme ambassadeur à Madrid), puis les États-Unis lui donnent une assise internationale. Fort de ces acquis qui légitiment son pouvoir tout en le renforçant, il fait promulguer la loi du 8 août 1939 : elle ajoute à ses attributions exécutives le pouvoir constituant et législatif. Il nomme enfin aux postes clefs du gouvernement des hommes de la Phalange et fait entrer un représentant du Vatican au sein du cabinet. Ainsi, six mois après la fin d’une guerre très meurtrière (900 000 morts estimés, civils et militaires confondus), une chape de plomb s’abat sur un pays traumatisé. Tandis que 400 000 républicains prennent le chemin de l’exil s’ouvre la longue ère du franquisme. Elle ne s’achèvera qu’en 1975, une durée inégalée au xxe siècle pour un tel régime.