| Format recherche | États-Unis | Format lecture |
| 1. | Présentation |
États-Unis, en anglais United States of America, pays d’Amérique du Nord, incluant l’Alaska (au nord-ouest du Canada) et les îles Hawaii (dans le Pacifique Nord). Sa capitale est Washington ; ses plus grandes villes New York et Los Angeles.
Les États-Unis sont bordés au nord par le Canada, à l’est par l’océan Atlantique, au sud par le golfe du Mexique et le Mexique et, à l’ouest par l’océan Pacifique. République fédérale formée de cinquante États et d’un district fédéral, possédant quelques îlots dans le Pacifique (Midway, Wake), les États-Unis exercent en outre une tutelle sur certaines îles et archipels du Pacifique et des Caraïbes, dotés d’un statut d’État associé (Porto-Rico), de territoires « librement associés » (république des îles Marshall, États fédérés de Micronésie et république de Belau) ou de territoires « non incorporés » aux États-Unis (Samoa américaines, Guam, îles Vierges).
| 2. | Milieu naturel |
Avec un territoire de 9 826 630 km², dont 1 717 854 km² en Alaska, les États-Unis forment un « État-continent », le quatrième du monde par la superficie, doté de deux façades océaniques. Les États-Unis s’étirent sur 4 517 km d’est en ouest et sur 2 572 km du nord au sud. Ils présentent, en raison de l’étendue de leur territoire, une grande variété de climats et de paysages. Le point culminant du pays se situe en Alaska, au sommet du mont McKinley (6 194 m). Le point le plus bas se trouve dans vallée de la Mort, en Californie, à 86 m en dessous du niveau de la mer.
| 1. | Relief |
L’armature physique du pays est d’une grande simplicité, à l’image du continent nord-américain (voir Amérique du Nord). Trois grands ensembles méridiens se succèdent de l’ouest vers l’est : le système montagneux des Rocheuses, les Grandes Plaines centrales (Middle West) et le massif ancien des Appalaches, bordé par une étroite plaine côtière sur l’Atlantique.
Voir aussi Alaska ; Hawaii.
| 1.1. | Les montagnes Rocheuses |
L’ouest des États-Unis est occupé par la longue cordillère nord-américaine. Connue sous le nom de montagnes Rocheuses (Rocky Mountains), celle-ci forme un système orogénique complexe, d’une largeur maximale de 1 500 km entre Denver et San Francisco. Elle se divise en trois ensembles : les chaînes côtières du Pacifique (Pacific Ranges) à l’ouest, de hauts plateaux désertiques au centre, et une imposante barrière montagneuse à l’est. Cette dernière culmine à 4 399 m, au sommet du mont Elbert. Les principales chaînes sont la Bitterroot Range et les Salmon River Mountains au nord, la Front Range et les San Juan Mountains au centre et les Sangre de Cristo Mountains au sud.
De hauts plateaux centraux, sédimentaires ou volcaniques, séparent les montagnes Rocheuses orientales des chaînes côtières du Pacifique. On distingue, au nord, le plateau de la Columbia, au centre, le Grand Bassin, au sud, les plateaux du Colorado et le désert Mojave. Ces plateaux, dont l’altitude varie entre 1 500 m et 3 000 m, sont accidentés par des chaînons montagneux (monts Wasatch) et des cuvettes profondes (Grand Lac salé, vallée de la Mort), au drainage endoréique, et découpés par un réseau hydrographique profondément encaissé (Grand Canyon du Colorado).
À l’ouest s’élèvent les Pacific Ranges. Le relief s’y organise en trois bandes parallèles : à l’est, une cordillère de hautes montagnes, formée par la chaîne des Cascades (Cascade Range), surmontée de cônes volcaniques, et par la Sierra Nevada, qui culmine à 4 418 m d’altitude, au sommet du mont Whitney ; au centre, un ensemble de dépressions tectoniques forment le profond golfe du Puget Sound, la vallée de la Willamette et la Grande Vallée de Californie ; à l’ouest, les Coast Ranges forment une cordillère d’étroites chaînes côtières, dont celle des Olympic Mountains au nord, culminant entre 1 500 et 2 500 m d’altitude.
Les Pacific Ranges sont des montagnes de formation récente et inachevée. Issues de la collision des plaques pacifique et américaine, elles sont le siège de violents phénomènes sismiques et volcaniques. Le volcanisme concerne plus particulièrement la chaîne des Cascades, où l’on dénombre plus d’une centaine de sommets volcaniques et où, en 1980, l’éruption du mont Saint Helens fit environ 60 victimes. Le contact entre les deux plaques se transforme en Californie, la collision faisant place à un mouvement de coulissement le long de la faille de San Andreas, de Point Arena, au nord de San Francisco, jusqu’au golfe de Californie. Cette faille est à l’origine de nombreux séismes (San Francisco, 1906, 1989).
| 1.2. | Les Grandes Plaines |
Les Grandes Plaines intérieures, qui constituent la partie centrale du continent nord-américain, sont un vaste bassin sédimentaire drainé par le réseau fluvial du Missouri-Mississippi. En contrebas des Rocheuses s’étendent les « Hautes Plaines », hauts plateaux de piemont (Llano Estacado) culminant à près de 2 000 m d’altitude, profondément entaillés par les affluents de rive droite du Mississippi (Missouri, Arkansas). Elles se raccordent, par un glacis doucement incliné vers l’est, aux basses terres centrales (Central Lowland). Au sud, en revanche, elles dominent la plaine côtière du golfe du Mexique par un escarpement (Balcones Escarpment).
Le relief plan et faiblement accidenté des Grandes Plaines septentrionales, tapissé d’épais dépôts glaciaires (coteau du Missouri), a été modelé par les glaciers quaternaires. Ceux-ci sont à l’origine du paysage lacustre du Minnesota et surtout des cinq Grands Lacs (Supérieur, Michigan, Huron, Érié, Ontario) qui occupent un bassin surcreusé par l’érosion glaciaire, dans une zone de contact entre le Bouclier canadien (socle précambrien) et les terrains sédimentaires qui le recouvrent, au sud.
Le relief des Grandes Plaines devient plus vigoureux au sud du confluent du Missouri et du Mississippi, avec les massifs hercyniens des monts Ozark et Ouachita, qui culminent à 899 m d’altitude au mont Rich. Au sud, la plaine côtière du golfe du Mexique, qui comprend la basse vallée et l’immense delta du Mississippi, s’étend de la Floride au Rio Grande. La côte, basse et sableuse, est bordée de cordons littoraux et de lagunes marécageuses.
| 1.3. | Les Appalaches |
À l’est s’élève le massif des Appalaches, moyenne montagne culminant à 2 037 m d’altitude, au mont Mitchell. Étiré sur 2 000 km de la frontière canadienne à l’Alabama, il atteint une largeur de près de 500 km à la hauteur de la Pennsylvanie.
Vieux massif primaire, érodé à l’ère secondaire, soulevé et rajeuni au Tertiaire, puis creusé par les glaciers quaternaires, les Appalaches sont constitués à l’ouest par des plateaux calcaires (plateau du Cumberland au sud, monts Allegheny au nord), au centre par une succession de crêtes et de sillons parallèles (Great Valley), et à l’est par les Blue Ridge, qui s’élèvent entre 1 500 et 2 000 m d’altitude. Une série de cluses en permettent le franchissement transversal. Au nord-est, les Appalaches septentrionaux (Nouvelle-Angleterre) se composent de plusieurs massifs modelés par les glaciers quaternaires (monts Adirondacks, monts Catskill, Green Mountains), à l’origine d’une multitude de lacs et d’une côte rocheuse entaillée par des fjords (Hudson).
Au pied des Blue Ridge s’étend le Piemont appalachien, plateau fortement disséqué (collines), limité par une ligne de faille, la Fall Line, et bordé, en contrebas, par la plaine côtière atlantique, depuis le Massachusetts jusqu’à la Floride. Étroite au nord-ouest, celle-ci s’élargit progressivement vers le sud, où elle est relayée par la plaine côtière du golfe du Mexique. La côte est profondément marquée par l’ennoyage postglaciaire (baie de Chesapeake). Au sud du cap Hatteras, elle est barrée par une succession de cordons littoraux isolant des lagunes et des marais maritimes. Au sud-est du pays, la péninsule de Floride, d’origine corallienne, se rattache par sa structure aux archipels antillais.
| 2. | Hydrographie |
| 2.1. | Fleuves |
Les États-Unis possèdent un formidable potentiel hydrographique grâce à d’immenses bassins fluviaux, parcourus par des cours d’eau aux débits puissants. Les montagnes appalachiennes donnent naissance aux affluents de rive gauche du Mississippi (Ohio, Tennessee) et à d’importants fleuves côtiers, tributaires de l’Atlantique (Hudson, Delaware, Susquehanna, Potomac, Roanoke et Savannah). Ceux-ci doivent à l’ennoyage postglaciaire des estuaires larges et profonds (baie de Chesapeake, baie de la Delaware), qui constituent d’excellents sites portuaires. Toutefois, la présence de la Fall Line, en amont, jalonnée de chutes et de rapides, interdit toute remontée fluvio-maritime vers l’intérieur du continent, à l’exception toutefois de l’Hudson.
Les Grandes Plaines intérieures sont drainées par le bassin hydrographique du Mississippi (3,2 millions de km2), tributaire du golfe du Mexique. Le Mississippi (3 770 km) prend sa source dans le nord du Minnesota et traverse le pays du nord au sud. Son débit moyen est d’environ 18 000 m3/s. Il termine sa course par un immense delta, qui s’avance dans la mer sur plus de 100 km. Ses principaux affluents sont l’Ohio (rive gauche), le Missouri, l’Arkansas et la Red (rive droite). Le Mississippi et ses affluents connaissent des crues dévastatrices, notamment au printemps, malgré d’importants travaux d’endiguements.
Les grands fleuves de l’Ouest sont le Rio Grande (3 100 km), dont le bassin hydrographique couvre 896 000 km2, le Colorado (2 330 km), la Columbia (2 000 km) et son principal affluent, la Snake River (1 670 km). Ils prennent naissance dans les montagnes Rocheuses. À l’exception du Rio Grande, tributaire du golfe du Mexique, ils s’écoulent vers le Pacifique. Ils traversent les hauts plateaux désertiques et les massifs montagneux par de profonds canyons. Dans le Grand Canyon du Colorado (446 km), le fleuve coule à plus de 1 600 m en contrebas du plateau. Un important système de barrages et de digues a permis de réguler le débit de ces fleuves. Certains, comme le Colorado, voient une part importante de leurs eaux détournée pour alimenter les villes et les cultures des régions semi-arides environnantes.
| 2.2. | Lacs |
Les lacs naturels sont particulièrement nombreux dans les régions anciennement englacées (Grandes Plaines septentrionales, Nouvelle-Angleterre). Frontière naturelle entre le Canada et les États-Unis, les cinq Grands Lacs constituent une véritable mer intérieure de 244 100 km², dont les deux tiers appartiennent aux États-Unis. Ils constituent la plus vaste étendue d’eau douce du monde. Communiquant avec l’Atlantique par la vallée du Saint-Laurent, ils forment une grande voie de pénétration à l’intérieur de l’Amérique du Nord. Le lac Supérieur est le plus étendu (82 100 km²) et le plus profond (406 m). Il communique à l’est avec le lac Huron (59 600 km²), par les rapides de Sault-Sainte-Marie (dénivelé : 6,4 m). Quatrième lac du monde et deuxième plus grand lac des États-Unis, celui-ci communique avec le lac Michigan (57 800 km²), à l’ouest, par le détroit de Mackinac, et s’écoule dans le lac Érié, au sud, par le lac Saint-Clair. Le lac Érié (25 700 km²) est relié au lac Ontario (19 010 km²) par le Niagara (56 km) dont l’impressionnant dénivelé de 100 m constitue les chutes du Niagara.
Parmi les principaux lacs intérieurs des États-Unis figurent le lac Champlain (1 100 km²), le lac Winnipesaukee (190 km²), le lac Winnebago (534 km²), le lac Okeechobee (1 720 km²) ou encore le Grand Lac salé (5 200 km²).
| 3. | Climat |
Le trait dominant du climat des États-Unis est la continentalité, caractérisée par une forte amplitude thermique annuelle et de faibles précipitations. Toutefois, le pays présente une grande variété de climats, résultant de la combinaison de différents facteurs : l’extension en latitude, l’échelle continentale, les masses d’air (d’origine polaire ou tropicale), la topographie (barrières orographiques des Appalaches et des Rocheuses, organisation méridienne du relief), ou encore la présence de courants marins froids ou chauds.
Parmi ces facteurs, la topographie joue un rôle essentiel. Son incidence sur la répartition des précipitations est déterminante. Les masses d’air océanique humide du Pacifique, transmises par les vents d’ouest dominants, sont arrêtées au seuil même du continent nord-américain par la barrière orographique des montagnes Rocheuses. Au-delà des crêtes littorales (Coast Ranges, chaîne des Cascades), qui reçoivent annuellement plus de 1,5 m de précipitations, l’aridité s’impose, à des degrés divers, jusqu’au 100e méridien, rendant l’irrigation indispensable.
Par ailleurs, l’absence de relief dans les Grandes Plaines centrales — qui permet une circulation sans entrave, dans l’axe nord-sud, des masses d’air tropical et polaire — est à l’origine de l’intensité des contrastes thermiques saisonniers. En été, les masses d’air chaud et humide du golfe du Mexique remontent très haut dans le nord, jusqu’au Manitoba (Canada) alors qu’en hiver les masses d’air froid arctique, qui stationnent normalement sur le Dakota du Nord, font parfois des incursions jusqu’en Floride (cold waves). À la fin de l’été ou en automne, des cyclones tropicaux (hurricanes) se forment sur le sud de la côte atlantique ou sur le golfe du Mexique. Ils sont à l’origine de pluies abondantes et de graves inondations, notamment à proximité des côtes.
On distingue six zones climatiques aux États-Unis.
Le climat continental humide du Nord-Est (Nouvelle-Angleterre, Centre-Est) se caractérise par de forts contrastes thermiques saisonniers. Les étés sont chauds et les hivers exceptionnellement froids pour la latitude et compte tenu de la proximité de l’océan Atlantique (courant du Labrador). Les précipitations sont abondantes, notamment l’hiver, lorsque la combinaison de l’humidité et du froid provoque d’importantes chutes de neige qui paralysent régulièrement l’activité des grandes villes.
Le climat subtropical humide du Sud-Est se caractérise par des hivers doux et des étés chauds et humides. Les côtes sont régulièrement frappées par des cyclones dévastateurs.
Le climat sec des Grandes Plaines centrales subit les effets de la continentalité : à la brutalité des contrastes thermiques saisonniers s’ajoute une diminution progressive des précipitations d’est en ouest. L’irrigation devient indispensable à l’ouest du 100e méridien, où une sécheresse croissante se conjugue à l’irrégularité saisonnière des pluies. Le plateau des « Hautes Plaines » connaît parfois des vents très violents (blizzards) et des tornades, touchant notamment les États de l’Oklahoma et du Kansas, où ils sont responsables d’une importante érosion éolienne des sols (« Dust Bowl », 1935).
Le climat devient franchement désertique dans les plateaux de l’Ouest intérieur, notamment au sud du Grand Bassin (vallée de la Mort, désert Mojave), qui connaissent des étés torrides.
Le climat océanique du Nord-Ouest pacifique est très humide et se caractérise par une faible amplitude thermique annuelle (hiver doux, été frais). Les précipitations sont très abondantes sur les montagnes (Olympic Mountains, chaîne des Cascades).
Le climat méditerranéen du Sud-Ouest pacifique se distingue du précédent par sa sécheresse estivale. Le sud de la côte connaît le vent chaud et sec de Santa Ana, à l’origine de graves incendies de forêt. L’été est relativement frais sur le littoral, en raison du courant marin froid de Californie, à l’origine d’épais brouillards, aggravés par la pollution (smog). Il devient de plus en plus chaud vers l’intérieur. L’arrière-pays est désertique et l’irrigation nécessaire.
| 4. | Végétation et faune |
| 4.1. | Végétation |
La notion de végétation naturelle n’a pas grande signification dans ce pays profondément marqué par l’action humaine, et notamment par un défrichement intensif. Ainsi, une grande partie de la végétation naturelle (forêts, prairies, toundra) a disparu au fur et à mesure de la mise en valeur du continent américain. Au tout début de la colonisation européenne, les forêts étaient présentes sur la moitié du territoire des États-Unis. Aujourd’hui, elles n’en couvrent plus que 33 p. 100, soit environ 303 millions d'hectares. Une grande partie de la forêt a été défrichée pour les besoins de l’agriculture, notamment dans les Grandes Plaines, aujourd’hui domaine des grandes cultures céréalières, ainsi que sur le Piémont appalachien et la plaine côtière atlantique, où elle a été remplacée par les plantations de canne à sucre, de coton, de tabac et d’arachides. Les forêts occupent encore toutes les régions de la façade atlantique et des Appalaches, une partie de la région des Grands Lacs, les montagnes de l’Ouest et la plaine côtière du golfe du Mexique.
La forêt mixte (conifères, feuillus) des Appalaches se caractérise par la profusion et la grande variété des arbres (chênes, hêtres, bouleaux, noyers, sapins, épicéas, érables). Elle atteint un maximum de diversité dans le Great Smoky Mountains National Park, à l’ouest de la Caroline du Nord et à l’est du Tennessee, qui possède à lui seul plus d’espèces d’arbres que tout le continent européen. D’épaisses forêts de conifères (pins, cèdres rouges, sapins de Douglas, épicéas) couvrent également les montagnes Rocheuses septentrionales, notamment dans les montagnes du Nord-Ouest pacifique (chaîne des Cascades, Olympic Mountains). Elles laissent progressivement la place, vers le sud, à des forêts sèches de pins jaunes, puis à une végétation basse de type garrigue (chaparal). Toutefois, au sud-est, le massif montagneux de la Sierra Nevada, où les précipitations demeurent notables, est célèbre pour ses forêts de séquoias géants millénaires. La plaine côtière de l’Atlantique et du golfe du Mexique est le domaine du pin et du gommier tandis que la côte marécageuse est bordée de cyprès et de palétuviers.
Dans les plateaux semi-arides (« Hautes Plaines », plateaux de l’Ouest) domine une végétation steppique de plus en plus clairsemée, au caractère xérophile (adapté à la sécheresse). Les « Hautes Plaines » sont le domaine des prairies naturelles (chiendents, armoises, genévriers). Vers l’ouest, la prairie se dégrade et laisse la place à des formations herbeuses plus courtes, puis à une végétation discontinue.
Dans les montagnes Rocheuses, les étendues désertiques (plateaux et bassins intérieurs), présentant une végétation xérophile et discontinue composée de courts arbustes, de buissons épineux, de cactées (cactus, euphorbes candélabres), de yuccas et de pins parasols, alternent avec les montagnes couvertes de forêts. La vallée de la Mort constitue l’une des terres les plus arides du monde. Toutefois, les techniques d’irrigation, de plus en plus modernes, font aujourd’hui reculer le désert.
De vastes zones forestières ont été précocement protégées par la législation américaine (parcs nationaux). Aujourd’hui, le reboisement l’emporte sur le déboisement, notamment dans le Sud dont les forêts, décimées par les incendies, sont replantées de façon intensive (arbres à pousse rapide) à des fins commerciales.
| 4.2. | Faune |
La richesse de la faune américaine s’explique par la grande diversité des habitats. Les montagnes et les forêts sont peuplées de grands mammifères (caribous, élans, ours bruns, ours Kodiak, grizzlys, cerfs de Virginie, moutons des Rocheuses, chèvres des montagnes, loups), d’un grand nombre de petits mammifères (marmottes, renards, ratons laveurs, moufettes, écureuils) et d’une grande variété d’oiseaux.
Les côtes de l’Alaska sont peuplées de morses, de loutres de mer et d’otaries à fourrure, celles du golfe du Mexique de grands oiseaux (pélicans, flamants), d’alligators, de poissons-chats et de serpents venimeux. Les prairies sont le domaine des petits mammifères (écureuils, lièvres, chiens de prairie, furets), des fouisseurs et du bison. Exterminés par la chasse après avoir jadis peuplé la plupart des États du Centre et de l’Est de l’Amérique du Nord, les bisons n’existent aujourd’hui qu’en captivité ou dans des zones protégées. Les déserts accueillent les rats-kangourous, les lézards et les oiseaux de grande envergure (vautours, aigles).
| 5. | Ressources et contraintes du milieu naturel |
Le territoire des États-Unis recèle des ressources nombreuses et variées : fertilité des sols (sols noirs, sols alluviaux), favorables à de riches cultures ; abondance des réserves forestières, qui alimentent une importante industrie du bois ; énorme potentiel hydraulique, mis à profit pour l’irrigation et la production d’hydroélectricité ; diversité et splendeur des paysages naturels, exploités par l’industrie du tourisme. Mais les principales ressources des États-Unis restent l’extraordinaire abondance des richesses minérales (énergies fossiles, minerais), à l’origine du puissant développement industriel du pays.
Outre les phénomènes exceptionnels (tornades, cyclones, séismes, inondations), la contrainte la plus importante du milieu physique est de nature hydro-climatique. Sur une grande partie du territoire, les précipitations sont faibles et le déficit en eau chronique. La mise en valeur n’a pu se faire que grâce à d’importants travaux hydrauliques (barrages, forages, dérivations, etc.), que ce soit pour l’agriculture irriguée ou pour l’approvisionnement des villes en eau. Il existe à ce jour plus de 5 000 barrages dont 1 300 en Californie.
Parmi ces grands travaux figure la maîtrise du fleuve Colorado, avec notamment le barrage Hoover et son immense réservoir, le lac Mead, l’un des plus grands lacs artificiels du monde, destiné à approvisionner en eau la Californie (Los Angeles, Grande Vallée californienne) et les régions semi-arides environnantes (Imperial Valley).
Plus récemment s’est opéré un transfert massif des eaux du Colorado vers le centre de l’Arizona (Central Arizona Project). Aujourd’hui, la question se pose de savoir si le débit du Colorado pourra satisfaire une demande en eau qui augmente chaque année, du fait de la croissance démographique et économique des États du Sud-Ouest (Californie, Texas, Arizona). Ce problème, qui ne peut que s’amplifier et opposer les différents usagers de l’eau (citadins, compagnies minières, agriculteurs pratiquant l’irrigation), anime aujourd’hui une grande partie du débat politique.
| 3. | Population et société |
En 2007, la population des États-Unis était estimée à 301,1 millions d'habitants (3e rang mondial). La société américaine se caractérise par son caractère pluriethnique, par une forte mobilité spatiale et par un niveau de vie parmi les plus élevés de la planète. Elle est toujours affectée par d’importants clivages sociaux et ethniques. Les grands problèmes sociaux sont aujourd’hui l’insuffisance de la protection sociale, un chômage chronique et une grave crise urbaine (pauvreté, criminalité, ghettos ethniques).
| 1. | Démographie |
La population américaine a connu, pour la période 1990-1995, un taux d’accroissement de 10 p. 1 000 par an, dont les deux tiers reviennent à l’accroissement naturel (6 p. 1 000 par an). Le taux de natalité, estimé à 14,7 p. 1 000 pour la période 1995-2000, a fortement baissé depuis la période du baby-boom (1947-1961), caractérisée par une natalité élevée (24 p. 1 000) et une croissance annuelle de 15 à 20 p. 1 000. Le taux de mortalité est aujourd’hui très faible (8,3 p. 1 000). L’immigration (500 000 à 800 000 entrées annuelles autorisées), thème politique de nouveau sensible depuis 1980, représente le tiers de la croissance démographique annuelle, et sans doute beaucoup plus si l’on intègre l’immigration clandestine (estimée à 1 million d’entrées par an).
La population américaine vieillit mais reste relativement jeune par rapport aux autres pays développés, avec un indice de fécondité de 2 enfants par femme en 1998. L’âge médian est passé de 30 ans en 1980 à 32,9 ans en 1990. Le nombre des individus âgés de moins de 15 ans (22 p. 100 de la population) a décru d’environ 0,9 p. 100 entre 1970 et 1990. Celui des personnes âgées de 65 ans et plus (13 p. 100 de la population) a, quant à lui, augmenté de 55,6 p. 100. L’espérance de vie était estimée à 77,4 ans en 1998.
Les structures familiales, en constante évolution, traduisent les mutations socio-économiques. L’âge moyen du premier mariage est de plus en plus tardif (25,5 ans pour les hommes, 23,7 ans pour les femmes). Le taux de nuptialité diminue : il est passé de 10,8 p. 1 000 en 1970 à 9,7 p. 1 000 en 1990. Après une forte hausse et un taux record atteint en 1981, le taux de divorces tend aujourd’hui à diminuer. Le nombre de couples non mariés a quasiment doublé entre 1980 et 1990, tandis que celui des familles monoparentales a littéralement explosé, avec une progression de 242 p. 100 entre 1970 et 1990. Les naissances hors mariage représentent aujourd’hui 30 p. 100 du total annuel contre 11 p. 100 en 1970.
La densité moyenne de population aux États-Unis est très faible (33 habitants au km²). Ce chiffre masque toutefois une répartition fort inégale. En 1990, les cinq États les plus peuplés étaient la Californie (29,7 millions d'habitants),l’État de New York (17,9 millions), le Texas (16,9 millions), la Floride (12,9 millions) et la Pennsylvanie (11,8 millions). Sept États avaient une population inférieure à 1 million d’habitants : le Montana, le Dakota du Sud, le Delaware, le Dakota du Nord, le Vermont, l’Alaska et le Wyoming, qui constitue l’État le moins peuplé avec 453 000 habitants.
En 1990, le Sud et l’Ouest rassemblaient 138,2 millions d’habitants, soit plus de la moitié de la population totale. Ils sont aujourd’hui plus peuplés que le Nord-Est, centre historique du peuplement et de la révolution industrielle. Depuis les années 1970, on observe un déplacement du centre de gravité du pays depuis le Nord-Est vers le Sud-Ouest. Ce sont en effet les États de l’Ouest et du Sud qui enregistrent, aujourd’hui, la plus forte progression démographique. Ainsi, 54,3 p. 100 de la croissance démographique nationale, entre 1980 et 1990, s’est faite au bénéfice des trois États de Californie, de Floride et du Texas. Le Nevada a enregistré le taux de croissance le plus important (42 p. 100), la Floride, l’Alaska et l’Arizona atteignant plus de 30 p. 100.
Les déclins ou stagnations s’observent dans les États et les grandes villes du Nord-Est (New York), de la région des Grands Lacs et des Grandes Plaines centrales et septentrionales. Un certain nombre d’États y enregistrent une baisse de population (Iowa, Virginie-Occidentale, Dakota du Nord, Wyoming) ou bien une croissance nulle (Pennsylvanie, Illinois, Ohio, Michigan, etc.). La population de certaines grandes villes, comme Chicago, Cleveland, Philadelphie ou Detroit, a sensiblement chuté entre 1980 et 1990.
Les migrations interrégionales traduisent, depuis plusieurs générations, l’attraction des États de la Sunbelt (« Ceinture du Soleil ») et la répulsivité (relative) des vieilles régions industrielles et urbaines du Nord-Est (Manufacturing Belt), désormais baptisées Frost Belt (« Ceinture du froid »). La crise économique, particulièrement vive dans la Manufacturing Belt, conjuguée à des conditions de vie souvent médiocres (climat pénible, pollution, congestion urbaine, criminalité), explique, en effet, qu’un bon nombre d’Américains du Nord-Est et de la région des Grands Lacs émigrent vers les régions du Sud ou de l’Ouest, plus attirantes et aux conditions de vie plus clémentes, notamment pour les retraités. Ces évolutions dans la répartition spatiale de la population conditionnent directement la composition de la Chambre des représentants, la Californie, le Texas et la Floride détenant à eux seuls le quart des sièges.
| 2. | Population |
| 2.1. | Diversité ethnique |
Le melting-pot (« creuset ») américain a bien fonctionné et fonctionne toujours, mais il n’aboutit pas pour autant à l’assimilation ou à l’homogénéité de la population. Les minorités sont, dans l’ensemble, économiquement et socialement défavorisées. Les différentes communautés conservent leurs spécificités culturelles et de graves rivalités les opposent (comme en témoignent les émeutes de Los Angeles en 1992). Le recensement de 1990 montre un renforcement notable des minorités ethniques, notamment hispaniques et asiatiques, et une diminution de la majorité blanche. Entre 1980 et 1990, ces minorités ont enregistré un taux de croissance très supérieur à la moyenne nationale (9,8 p. 100) : 14,2 p. 100 pour les Noirs, 50 p. 100 pour les Amérindiens, 58 p. 100 pour les Hispaniques et 108 p. 100 pour les Asiatiques. Elles se caractérisent également par leur concentration géographique dans les grandes métropoles (New York, Los Angeles) et les États de la Sunbelt.
La communauté blanche non hispanique, descendant des anciennes vagues d’immigration européenne, reste très fortement majoritaire, mais connaît une baisse relative par rapport à la population totale (76,6 p. 100 en 1980, 74,9 p. 100 en 1990). Les descendants de la première grande vague d’immigration, anglo-saxonne et germanique, antérieure à 1890, constituent la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestant). C’est la communauté présentant la population la plus âgée (âge médian : 34,4 ans) et le taux de natalité le plus faible. Sa croissance démographique, aujourd’hui essentiellement naturelle, est moins rapide que celle des minorités, dont la natalité élevée est renforcée par une immigration venue d’Asie et d’Amérique latine. Les États où la communauté blanche représente le plus fort pourcentage sont le Maine (98 p. 100), le Vermont (98,6 p. 100) et le New Hampshire (98 p. 100).
Les Noirs américains constituent la minorité la plus nombreuse. Ils représentaient 12,3 p. 100 de la population totale en 1990 (11,7 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était estimé à 31,4 millions. Leur taux de natalité est élevé, et ils sont inégalement intégrés dans la société américaine. Ce sont les descendants des esclaves africains, emmenés de force d’Afrique vers le sud des États-Unis par les planteurs de coton et de tabac, et dont l’émancipation ne fut proclamée qu’en 1865. Longtemps confinés dans les campagnes du Sud, ils ont connu, avec les transformations économiques de la première moitié du XXe siècle, une immigration massive vers les grandes cités industrielles du Nord-Est, où ils constituèrent un prolétariat urbain. Ils furent les premiers frappés par la crise des industries traditionnelles du Nord-Est, amorcée dans les années 1970. Beaucoup participent à un mouvement de retour vers le sud, en direction des grandes villes (Houston, Atlanta, La Nouvelle-Orléans). Aujourd’hui, ils constituent une part importante de la population des États du Sud-Est (35 p. 100 dans le Mississippi, 32 p. 100 en Louisiane, 25 p. 100 en Géorgie) et des grandes villes, où ils sont parfois majoritaires (66 p. 100 de la population à Washington). Toutefois, les plus importantes communautés noires se situent dans les États de New York (2,8 millions), de Californie (2,2 millions) et du Texas (2 millions). Cette population jeune (âge médian : 28,1 ans) et essentiellement urbaine, vivant dans les quartiers dégradés des centres-ville, est en grande partie touchée par la pauvreté, un taux de chômage élevé (le double de celui des Blancs), une sous-qualification, un retard scolaire chez les jeunes, une forte délinquance juvénile et adulte. Les ghettos noirs (Harlem à New York, Loop à Chicago, Watts à Los Angeles) sont aujourd’hui le symbole de l’Amérique paupérisée.
Les Hispano-Américains représentaient 9 p. 100 de la population totale en 1990 (6,4 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était estimé à 24,2 millions. Ils constituent la communauté la plus jeune (âge médian : 25,5 ans). Environ 65 p. 100 d’entre eux vivent en Californie, au Texas, à New York et en Floride. Minorité montante, ils représentent aujourd’hui plus du quart de la population de la Californie et du Texas, et 38 p. 100 de celle du Nouveau-Mexique. Descendants des anciens colons mexicains (Hispanos) ou immigrants récents (Chicanos), la communauté hispanophone est très hétérogène. Les Mexicains sont de loin les plus nombreux (60 p. 100). Beaucoup d’entre eux sont entrés clandestinement aux États-Unis, en franchissant à la nage le Rio Grande (d’où leur nom de Wet Backs, ou Dos mouillés). Installés dans le Sud-Ouest (Californie, Texas, Nouveau-Mexique), ils constituent une main-d’œuvre docile, sous-qualifiée et mal rémunérée, exploitée par des employeurs souvent peu scrupuleux. Les Portoricains (2,5 millions), qui sont citoyens américains, peuvent s’installer librement aux États-Unis. Ils résident principalement à New York (10 p. 100 de la population). Souvent mal adaptés, ils connaissent des problèmes similaires à ceux des Noirs. Les Cubains, réfugiés politiques anticastristes (voir Cuba), se concentrent en Floride (Miami), où ils s’intègrent pour la plupart à la classe moyenne.
Les Asiatiques représentaient 3 p. 100 de la population en 1990 (1,5 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était estimé à 8,2 millions. Les Chinois, les Philippins et les Japonais, implantés depuis longtemps aux États-Unis, sont rejoints en cette fin de siècle par un nombre croissant de Coréens, d’Indiens et de Vietnamiens. Près de 50 p. 100 d’entre eux résident à Hawaii et en Californie (Chinatown, à San Francisco). Beaucoup vivent également dans les États de New York et du New Jersey. Ils constituent le groupe ethnique le plus âgé après la communauté blanche (âge médian : 29,8 ans).
Les Amérindiens (2 millions) représentaient 0,8 p. 100 de la population en 1990. En 1992, leur nombre était estimé à 2,1 millions. Ils forment une minorité fondée sur la terre et leurs réserves constituent 2,5 p. 100 du territoire national. Regroupés pour la majorité en tribus, ils ont en commun d’avoir été progressivement décimés, refoulés, spoliés de leurs terres et finalement parqués dans des réserves (Sud-Ouest, nord des Grandes Plaines) au fur et à mesure de la colonisation européenne. Près de la moitié d’entre eux vivent dans l’Ouest (Arizona, Oklahoma). Leur situation est diverse. Certains connaissent une relative aisance grâce à l’exploitation de leurs forêts (Nez-Percés), d’autres une réelle prospérité grâce aux revenus de leurs richesses minières (Osages de l’Oklahoma, Navajos) ; beaucoup cependant demeurent très défavorisés. Citoyens de seconde zone, affectés par des taux de chômage supérieurs à 50 p. 100 et souvent ravagés par l’alcool, ils connaissent une grande misère morale, culturelle et matérielle. Leur forte natalité s’accompagne aujourd’hui d’une affirmation de l’identité amérindienne.
| 2.2. | Histoire du peuplement |
L’histoire du peuplement du continent nord-américain est indissociable de celle de l’immigration, les autochtones (Amérindiens, Inuits, Aléoutes) ne constituant plus, aujourd’hui, qu’une infime minorité de la population. Depuis l’arrivée des premiers colons européens, au XVIe siècle, plus de 50 millions d’immigrants se sont installés aux États-Unis. Jusqu’en 1940, la quasi-totalité des immigrés vient d’Europe. Peu nombreux jusqu’aux années 1830, ceux-ci arrivent massivement à partir de 1840-1850. D’abord anglo-saxonne, l’immigration s’élargit, dans le dernier quart du XIXe siècle, aux pays de l’Europe méditerranéenne (Italiens surtout) et de l’Europe centrale. Plus de 23 millions d’immigrants affluent entre 1880 et 1920.
À partir des années 1920, les États-Unis, désireux de mettre un frein à l’immigration, établissent un système de quotas. La crise économique des années 1930 ne fait que renforcer cette tendance. Une nouvelle forme d’immigration se développe après la Seconde Guerre mondiale (réfugiés politiques d’Europe de l’Est, Cubains anti-castristes à partir de 1960, boat people indochinois après 1974).
Aujourd’hui, l’immigration provient essentiellement des pays du tiers-monde : Latino-Américains (Mexicains surtout) et Asiatiques (Coréens, Philippins, Vietnamiens). Dans les années 1990, un nouveau courant migratoire s’est développé en provenance des anciens pays de l’Europe communiste. L’immigration clandestine est probablement plus importante, aujourd’hui, que l’immigration légale. Elle a encore augmenté depuis 1990, en raison de la crise économique que traverse l’Amérique latine. Plus de la moitié des clandestins viennent en effet du Mexique.
| 3. | Découpage administratif et villes principales |
| 3.1. | Découpage administratif |
Les États-Unis sont une république fédérale formée de 50 États et d’un district fédéral (District de Columbia), comprenant la capitale fédérale, Washington : Alabama, Alaska, Arizona, Arkansas, Californie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Colorado, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Delaware, Floride, Géorgie, Hawaii, Idaho, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Kentucky, Louisiane, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Mississippi, Missouri, Montana, Nebraska, Nevada, New Hampshire, New Jersey, New York, Nouveau-Mexique, Ohio, Oklahoma, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Texas, Utah, Vermont, Virginie, Virginie-Occidentale, Washington, Wisconsin, Wyoming. Presque tous les États américains sont divisés en comtés, à l’exception de la Louisiane, divisée en paroisses.
| 3.2. | Villes principales |
En 2005, le taux de population urbaine s’élevait à 81 p. 100 de la population totale. Trois constats ressortent du recensement de 1990 : entre 1980 et 1990, la croissance démographique s’est faite au profit des villes de la Sunbelt (États du Sud et de l’Ouest) notamment les banlieues des grandes métropoles, à l’image de Los Angeles, qui a gagné 3 millions d’habitants. Les États-Unis se caractérisent par un phénomène de métropolisation très poussé. Le pays compte 39 métropoles de plus d’1 million d’habitants(contre 14 en 1950) ; ces 39 aires métropolitaines regroupent 124,8 millions de personnes, soit la moitié de la population totale. Les dix plus grandes agglomérations, en 1990, étaient New York (18 millions d’habitants), Los Angeles (14,5 millions), Chicago (8 millions), San Francisco (6,2 millions), Philadelphie, (5,9 millions), Detroit (4,6 millions), Boston (4,1 millions), Washington (3,9 millions), Dallas (3,8 millions), Houston (3,7 millions). Les façades pacifique et atlantique se caractérisent par de très fortes concentrations urbaines, avec à l’est la puissante Mégalopolis (45 millions d’habitants de Boston à Washington), qui enregistre des densités très élevées (396 habitants au km² dans le New Jersey) et, à l’ouest, de vastes conurbations transfrontalières (Portland-Seattle-Vancouver, au nord-ouest ; Los Angeles-San Diego-Tijuana, au sud-ouest).
La structure des grandes villes américaines est très différente de celle des cités européennes. De formation récente, organisées sur le principe du plan en damier (grid), les agglomérations sont pour la plupart dépourvues de « noyau » historique. Le centre actif de la cité se limite fréquemment au quartier des affaires, le « Central Business District » (CBD), dont les gratte-ciel dominent la ville et abritent les banques, les sièges des grandes sociétés et les grands hôtels.
La population des grandes villes américaines continue de décroître au profit des banlieues. Celles-ci connaissent, depuis les années 1950, un formidable accroissement, les populations aisées délaissant les centres-ville pour venir s’installer dans des banlieues pavillonnaires. Celles-ci rassemblent aujourd’hui plus de 60 p. 100 de la population urbaine et s’étendent sur des espaces de plus en plus vastes, à l’image de Los Angeles, qui s’étale sur une centaine de kilomètres. Progressivement, s’y créent des centres d’activité (commerces, bureaux, industries) qui deviennent à leur tour des villes, elles-mêmes entourées de nouvelles banlieues.
Le départ des classes moyennes et d’une partie des emplois vers les banlieues a accentué la ségrégation spatiale, sociale et ethnique de l’espace urbain, et entraîné une dégradation et une paupérisation dramatique des centres-ville. Les minorités ethniques défavorisées s’y concentrent aujourd’hui dans des ghettos, où l’insalubrité, la pauvreté et le chômage génèrent une importante criminalité. Désertées par les populations aisées et donc privées de ressources fiscales, la plupart des grandes villes américaines sont aujourd’hui confrontées à une grave crise financière. Totalement impuissantes, elles s’enlisent dans une crise urbaine de plus en plus insoluble. Ce phénomène est aujourd’hui l’un des problèmes les plus graves auxquels sont confrontés les États-Unis.
| 4. | Institutions et vie politique |
Les États-Unis sont une démocratie présidentielle. Complétée peu à peu par 27 amendements, mais non modifiée dans son essence, la Constitution de 1787 n’a pas cessé jusqu’à nos jours de régir le fonctionnement des institutions américaines. Elle a servi de modèle à de nombreux pays. Reposant sur le fédéralisme et la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire), elle établit le partage des responsabilités entre les États fédérés et l’État fédéral. Elle est marquée par la volonté de protéger les citoyens contre tout abus de pouvoir. La Constitution peut être amendée par un vote à la majorité des deux tiers de chaque chambre du Congrès. Les dix premiers amendements, connus sous le nom de Déclaration des droits (Bill of Rights), furent adoptés en 1791. Ils établirent, entre autres, la liberté de parole, de religion, de la presse ou encore de réunion. Dix-sept autres amendements furent adoptés entre 1795 et 1992, parmi lesquels l’abolition de l’esclavage et l’établissement d’un impôt sur le revenu.
| 4.1. | Pouvoir exécutif |
Le pouvoir exécutif est détenu par le président, élu pour un mandat de quatre ans au suffrage universel indirect en même temps qu’un vice-président. Le 22e amendement (1951) limite le cumul à deux mandats. Le président détient seul le pouvoir exécutif. Il est à la fois le chef de l’État, le chef du gouvernement et le chef des armées. Il réside à la Maison-Blanche et est assisté d’un cabinet, constitué par les secrétaires en charge des différents ministères (Departments) et de quelques autres officiels, tels que le directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) et l’ambassadeur américain auprès des Nations unies.
Les services chargés de l’exécutif sont : l’Office of Management and Budget, qui prépare les budgets et contrôle les dépenses, le National Security Council, qui s’occupe de la défense nationale, et le Council of Economic Advisers, qui conseille le président en matière économique. Le pouvoir exécutif du gouvernement est organisé en 14 départements : l’État, le Trésor, la Défense, la Justice, l’Intérieur, l’Agriculture, le Commerce, le Travail, la Santé et les Services sociaux, l’Éducation, le Logement et le Développement urbain, le Transport, l’Énergie et les Anciens Combattants.
| 4.2. | Pouvoir législatif |
Le pouvoir législatif est détenu par le Congrès, formé de deux Chambres : le Sénat (100 membres), qui représente les États (2 sénateurs par État), et la Chambre des représentants (435 membres), qui représente la population. Les sénateurs sont élus pour six ans au suffrage universel direct et renouvelable par tiers, tous les deux ans. Le nombre des représentants varie selon la démographie de chaque État. La Californie, l’État le plus peuplé, possède le plus grand nombre de représentants (52) ; plusieurs États comme le Delaware et le Vermont n’en comptent qu’un seul.
Le président possède un droit de veto sur les lois votées par le Congrès. Ce veto peut toutefois être contré par un vote à la majorité des deux tiers des membres du Congrès.
| 4.3. | Pouvoir judiciaire |
Le pouvoir judiciaire est détenu par la Cour suprême, composée de 9 membres, nommés à vie par le président et irrévocables. Elle juge les procès impliquant l’État ou un État fédéré, fait office de cour d’appel et contrôle tout le système judiciaire fédéral. Elle juge également de la constitutionnalité des lois.
| 4.4. | Gouvernement local |
Chaque État possède sa propre Constitution, fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs entre le gouverneur de l’État, élu pour un mandat de quatre ans, le Congrès de l’État et la Justice. L’État est compétent dans les domaines de l’éducation, de la police, de la protection de l’environnement, de l’économie (commerce, industrie, agriculture), des prisons, des hôpitaux, des services sociaux ou encore de la justice. Ainsi certains États fédérés autorisent la peine de mort, d’autres non.
Au cours du XXe siècle, le rôle de l’État fédéral a eu tendance à se renforcer, aux dépens du fédéralisme, victime d’une politique de centralisation. La répartition des pouvoirs s’est toutefois rééquilibrée sous les présidences de Richard Nixon et de Ronald Reagan, avec une redistribution d’une partie des fonds publics aux États fédérés. Le pouvoir central, qui conserve la maîtrise de l’évolution générale du pays, s’impose dans les domaines requérant une approche globale, comme la politique monétaire ou l’éducation.
| 4.5. | Partis politiques |
Deux grands partis dominent la vie politique aux États-Unis : le Parti démocrate, fondé vers 1828-1830, et le Parti républicain, fondé en 1854, plus conservateur en matière fiscale, économique et sociale. Le Parti démocrate défend traditionnellement les salariés, les consommateurs et les minorités, le Parti républicain, les chefs d’entreprises et les milieux d’affaires. Une partie du débat politique porte sur le rôle de l’État fédéral, notamment dans le règlement des problèmes sociaux et le contrôle de l’économie.
Il existe, par ailleurs, un grand nombre de petits partis indépendants et de multiples groupes de pression (lobbies) dont les ambitions se limitent à la défense d’une cause ou à une revendication précise.
| 4.6. | Défense |
Le président des États-Unis est le commandant en chef des forces armées américaines. Toutefois, seul le Congrès détient le pouvoir de déclarer la guerre. Les États-Unis possèdent une armée puissamment équipée, gérée par le ministère de la Défense, le Pentagone. Depuis 1973, les forces armées américaines ne sont composées que d’hommes et de femmes volontaires. Depuis la fin de la guerre froide, le gouvernement américain a fortement réduit le budget de la Défense (3,7 p. 100 du PIB en 2003 contre 6,5 p. 100 en 1985).
Les effectifs de l’armée ont considérablement baissé. En 2004, l’armée de terre comptait environ 502 000 soldats, la marine 376 750 et l’aviation 379 500. Les États-Unis sont membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et ont un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU).
| 5. | Langues et religions |
La langue officielle des États-Unis est l’anglais, parlé par la majorité des Américains. Toutefois, près de 32 millions de personnes utilisent une autre langue dans leur foyer. Plus de la moitié d’entre eux communiquent en espagnol (hispanophones), notamment en Arizona, au Texas, en Californie et au Nouveau-Mexique. Les autres langues sont le français, pratiqué en Louisiane par les Cajuns et dans le Maine, les langues amérindiennes (navajo, hopi, etc.) et celles des principales communautés d’immigrés (chinois, japonais, italien, allemand, etc.).
Les principales religions sont le protestantisme (57 p. 100), le catholicisme (28 p. 100) et le judaïsme (2 p. 100). Les principales Églises protestantes sont baptistes (19,4 p. 100) ou méthodistes (8 p. 100).
Au début de la colonisation, les colonies anglaises d’Amérique du Nord constituent un refuge contre l’intolérance religieuse en Europe. Un grand nombre de sectes et de croyances s’y épanouissent, comme celle fondée en Pennsylvanie par le quaker anglais William Penn. En Nouvelle-Angleterre se développe, à partir de 1620, le congrégationalisme, fondé par des séparatistes (voir Pères Pèlerins) et des puritains, dissidents de l’Église anglicane. Jusqu’en 1691, la colonie de Plymouth, fondée par les Pères Pèlerins, est une théocratie. Son intolérance religieuse à l’égard des non-congrégationalistes, tels que les baptistes et les quakers, amène l’un d’eux, Roger Williams, à quitter la colonie, en 1636, et à fonder la colonie de Providence (Rhode Island), ouverte à toutes les croyances religieuses. En 1639, Williams y établit la première Église baptiste d’Amérique.
Les premiers juifs débarquent, dès 1654, à La Nouvelle-Amsterdam (New York), fondée en 1625 par les Hollandais, qui y maintiennent les croyances et les pratiques de l’Église réformée. Le luthéranisme se développe en Pennsylvanie, dans la colonie de New York et au Delaware tandis que, plus au sud, c’est le presbytérianisme qui connaît une grande diffusion, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle. L’Église anglicane reste, en revanche, l’Église officielle dans les colonies du Sud. Elle est imposée plus tard au Maryland, qui a été colonisé au XVIIIe siècle par des catholiques sur l’initiative de la famille Calvert.
Le mouvement « Revival of Religion », ou « Réveil », prônant un retour à la foi originelle, exerce, au milieu du XVIIIe siècle, une grande influence sur les différentes religions protestantes des colonies américaines. Les principaux « réveils » aux États-Unis sont le méthodisme et le « Grand Réveil », fondé en 1740 par le congrégationaliste Jonathan Edwards et qui se diffuse dans les églises baptistes. Jusque dans la première moitié du XIXe siècle, la population des États-Unis reste majoritairement protestante. À partir des années 1820, le nombre des catholiques s’accroît rapidement avec l’arrivée massive d’immigrants irlandais (plus de 1 million entre 1845 et 1855), puis, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, avec les vagues d’immigration en provenance des pays du sud et de l’est de l’Europe (Italie, Autriche, Hongrie, Pologne).
Parmi les développements religieux du XIXe siècle, citons la fondation de plusieurs cultes d’origine américaine tels que l’Église des mormons, la Science chrétienne, l’Église adventiste du Septième jour et les témoins de Jéhovah.
| 6. | Éducation |
L’éducation scolaire est assurée, de la maternelle au secondaire, par des établissements scolaires publics ou privés. L’enseignement élémentaire et secondaire s’étend sur douze années et est sanctionné par un diplôme. La responsabilité de l’enseignement public est décentralisée au niveau des États fédérés (financements, programmes scolaires, etc.).
La ségrégation raciale appliquée dans les écoles (ségrégation scolaire) est une pratique courante, surtout dans les États du Sud, jusqu’en 1954, date à laquelle elle est déclarée illégale par la Cour suprême des États-Unis. Depuis, de grands progrès ont été accomplis vers la non-ségrégation, mais une ségrégation de fait est encore largement répandue en ville et dans les banlieues. À la fin des années 1980, plus de 60 p. 100 des élèves noirs et hispano-américains fréquentent des écoles où les minorités constituent plus de 50 p. 100 de la population scolaire.
L’enseignement supérieur est payant et souvent très coûteux. Les premiers établissements ont été créés dès la seconde moitié du XVIIe siècle. Parmi les universités les plus prestigieuses figurent l’université Harvard (Cambridge, Massachusetts), le California Institute of Technology (Caltech) à Pasadena, l’université Yale (New Haven, Connecticut), l’université de Stanford (Palo Alto, Californie), l’université du Michigan, l’université Columbia (New York), l’université de Californie (Berkeley, Los Angeles), l’université du Texas (Austin), l’université d’État de Pennsylvanie (Penn State University) et Penn, ou University of Pennsylvania, à Philadelphie, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge, l’université de Chicago et l’université de Princeton (New Jersey). Les États-Unis possèdent également de célèbres écoles d’enseignement artistique comme par exemple la Juilliard School (New York). Tout comme l’enseignement élémentaire et secondaire, l’enseignement supérieur a appliqué une ségrégation raciale jusqu’en 1954.
| 7. | Arts et vie culturelle |
Les États-Unis comptent plus de 7 000 musées. Les plus grands musées américains sont le Museum of Modern Art (New York), le Museum of Contemporary Art (MOCA) de Los Angeles, le San Francisco Museum of Modern Art, l’Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington), le musée Solomon R. Guggenheim (New York), le Museum of Modern Art (San Francisco), le Metropolitan Museum of Art (New York), l’Art Institute of Chicago, le Museum of Fine Arts (Boston), la Smithsonian Institution (Washington), le Philadelphia Museum of Art, et l’American Museum of Natural History (New York). Les États-Unis possèdent près de 32 000 bibliothèques dont certaines sont très prestigieuses, comme la célèbre bibliothèque du Congrès (la bibliothèque nationale, 28 millions de volumes) à Washington, ou la New York Public Library (environ 10 millions de volumes).
Les États-Unis présentent également de nombreux théâtres, salles de concerts et d’opéra dont les célèbres Metropolitan Opera et Carnegie Hall de New York, ainsi que de multiples compagnies de spectacles (voir Lincoln Center for the Performing Arts ; New York City Ballet).
Voir aussi Américaine, littérature ; Américaine, musique ; États-Unis, art des.
| 4. | Économie |
| 1. | Généralités |
Avec un produit intérieur brut (PIB) de 10 383 milliards de dollars en 2002, les États-Unis constituent la première puissance économique du monde. Le PIB par habitant (36 010 dollars), très élevé (4e rang mondial en 2002), les classe parmi les pays les plus riches du globe. Toutefois, plus de 13 p. 100 de la population atteignait le seuil de pauvreté en 1997.
Le taux de chômage (4,6 p. 100 en 2006) est relativement faible par rapport à l’Europe. Mais le marché du travail est marqué par une flexibilité croissante et par la précarité de l’emploi. En 2006, les États-Unis comptaient environ 151,4 millions d’actifs. Le secteur tertiaire est aujourd’hui prépondérant, en liaison avec le développement des activités des services publics (administrations) et privés (banques, assurances) et du secteur « quaternaire ».
| 1.1. | Historique |
Les États-Unis sont devenus la première puissance économique mondiale au début du XXe siècle, à l’issue de la première révolution industrielle et agricole. À la prospérité et à l’euphorie des années 1920 succède la grande crise économique des années 1930. L’économie américaine, stimulée par la politique du New Deal puis par l’effort de guerre, renoue avec la prospérité durant la Seconde Guerre mondiale. Modèle du capitalisme mondial au lendemain de la guerre, jouissant d’une suprématie économique incontestée, les États-unis connaissent alors une très forte croissance. La production industrielle double en quinze ans. Les firmes multinationales américaines conquièrent des positions clés en Europe et en Amérique latine tandis que les services (banques, assurances, commerce, administration) connaissent un développement exceptionnel.
Toutefois, la rapidité de la croissance et la compétitivité nouvelle de l’Europe et du Japon, le déficit croissant et chronique de la balance des paiements américaine (à partir des années 1960) et de la balance commerciale (à partir des années 1970) entraînent un déclin relatif mais régulier de l’économie américaine. Le PIB des États-Unis ne cesse de croître, mais la part du pays dans la production mondiale diminue. En 1945, le PIB américain (213 milliards de dollars) représente la moitié du PIB mondial ; en 1995, 7 246 milliards de dollars, les États-Unis n’ont produit que le quart de la richesse mondiale.
L’aggravation du déficit budgétaire, liée à une forte augmentation des dépenses publiques (sociales sous Carter, militaires sous Reagan), entraîne par ailleurs une forte croissance de l’endettement national. Premier créancier du monde au début des années 1980, les États-Unis sont devenus aujourd’hui les premiers débiteurs (dette brute en 1997 : 61,5 p. 100 du PIB).
Avec un taux de croissance de 3,4 p. 100 en moyenne au cours des années 1990, les États-Unis connaissent une phase d’expansion d’une durée exceptionnelle et semblent sortis de la grave récession des années 1989-1992. Le déficit budgétaire est alors considérablement réduit, passant de 290 milliards de dollars en 1992 à 107 milliards de dollars en 1996, le budget devenant même excédentaire en 1998, pour la première fois depuis trente ans. Pourtant, à la suite du retournement de conjoncture du printemps 2001, amplifié par les attentats du 11 septembre 2001 et suivi d’une série de scandales financiers, la récession menace l’économie américaine, qui connaît alors une croissance d’environ 1 p. 100 en 2002 et le plus fort taux de chômage depuis près de dix ans. Mais, grâce à la relance de la demande intérieure obtenue par des baisses d’impôts et de très faibles taux d’intérêts, la puissance américaine renoue avec la croissance, qui atteint 4,4 p. 100 en 2004. C’est le taux le plus élevé depuis 1999 mais, parallèlement, les déficits s’envolent : le déficit budgétaire atteint 370 milliards de dollars et celui de la balance des paiements courants plus de 540 milliards de dollars, à quoi s’ajoute le coût de l’occupation militaire de l’Irak.
| 1.2. | Facteurs de prospérité |
Les États-Unis sont le pays du libéralisme économique et du capitalisme : le principe du « laisser-faire », la concurrence, l’économie de marché et la libre entreprise sont les moteurs de l’économie américaine. Sa puissance repose à la fois sur un vaste marché intérieur et sur une internationalisation très poussée, grâce aux investissements massifs des grandes multinationales américaines à l’étranger.
Les intérêts des États-Unis sont présents sur tous les continents. Les grandes firmes américaines contrôlent une partie des ressources agricoles et minières des pays du tiers-monde : exploitation du pétrole, du fer, de la bauxite et du cuivre du continent africain, production bananière au Guatemala, du fer et du manganèse au Brésil, ainsi que d’une partie des industries du Mexique, depuis la mise en place des maquiladoras. Certains dénoncent cette mainmise américaine et parlent d’exploitation économique du tiers-monde. Dans les pays industrialisés (Europe, Canada), les investissements américains concernent surtout les industries manufacturières. À l’inverse, le marché intérieur américain est largement ouvert aux importations et aux investissements étrangers (Japon, Grande-Bretagne).
La force de l’économie américaine, aujourd’hui, ne repose pas seulement sur son internationalisation, mais aussi sur sa suprématie technologique. Celle-ci est fondée sur l’importance des crédits consacrés à la recherche-développement (2,5 p. 100 du PIB en 1996) et sur le travail de quelque 5 millions de chercheurs et d’ingénieurs. Cet effort est partagé entre un réseau d’universités prestigieuses et les firmes industrielles, qui travaillent en étroite collaboration. Pays de prix Nobel, les États-Unis attirent des chercheurs du monde entier (« Brain Drain »). Le secteur « quaternaire », qui regroupe les travailleurs les plus qualifiés (chercheurs, ingénieurs), emploie désormais plus de personnes que l’agriculture.
| 1.3. | Échanges internationaux |
Aux début des années 1990, dans le cadre de la mondialisation des échanges et compte tenu de l’ouverture du marché américain aux produits étrangers, les États-Unis ont entamé une vaste négociation (Uruguay Round) sur les échanges internationaux, dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade, aujourd’hui Organisation mondiale du commerce ou OMC). Celle-ci a finalement débouché sur une série d’accords sur les tarifs douaniers et le commerce international.
Par ailleurs, depuis le 1er janvier 1994, est entré en application l’Accord de libre-échange nord américain (Alena ou NAFTA). Celui-ci marque l’abolition des barrières douanières entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, qui forment désormais un marché unique de 388 millions de consommateurs. À ce jour, l’Alena a eu un effet très bénéfique, en stimulant fortement les échanges à l’intérieur des trois États membres.
Mais les États-Unis, favorables à l’établissement d’un grand marché commun continental, de l’Alaska à la Terre de Feu, souhaitent aller plus loin et poussent à l’ouverture des marchés en Amérique latine. Lors du premier Sommet des Amériques en décembre 1994, Bill Clinton s’est prononcé en faveur de la création d’une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) d’ici 2005. Malgré la réticence des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), le processus de négociations a été lancé à l’issue du deuxième Sommet des Amériques, en avril 1998, et réaffirmé lors du troisième Sommet en avril 2001 à Québec.
| 1.4. | Concentration des entreprises |
Les PME (petites et moyennes entreprises) sont très nombreuses, notamment dans le domaine des services et dans celui de la sous-traitance. Toutefois, une grande partie de la population active travaille dans des firmes employant plus de 100 personnes, qui rassemblent plus de 40 p. 100 des salariés.
La concentration est très importante dans l’industrie et dans la finance. On observe une tendance à l’oligopole, c’est-à-dire au contrôle des marchés par un nombre réduit de grandes sociétés. La concentration des entreprises se poursuit, mais ses conséquences humaines (licenciements massifs ou downsizing) sont de plus en plus mal acceptées. À la fin des années 1980, les États-Unis possédaient 44 des 100 premières firmes industrielles du monde. Au palmarès des chiffres d’affaires réalisés en 1997, 4 d’entre elles figuraient parmi les 10 premiers groupes mondiaux : General Motors, Ford Motors, Exxon et Wal-Mart.
Il existe aux États-Unis, depuis la fin du xixe (loi Sherman, 1890) et le début du XXe siècle (loi Clayton, 1914), une législation antitrust visant à éviter une concentration excessive pouvant conduire à l’établissement d’un monopole. La tendance aujourd’hui est aux conglomérats, qui ajoutent, aux formes traditionnelles de concentration horizontale et verticale, une diversification des activités. Parmi les plus grands conglomérats figurent United Technologies, International Telegraph and Telephone (ITT) ou encore Textron.
| 1.5. | Rôle de l’État fédéral |
Depuis le New Deal, l’État fédéral a multiplié et diversifié ses interventions. Les démocrates sont, dans ce domaine, plus interventionnistes que les républicains. Ces derniers défendent les milieux d’affaires et sont favorables, par leur programme (« moins d’État, moins d’impôts ») à la déréglementation administrative et au désengagement public. Dans sa politique conjoncturelle, l’État fédéral s’efforce de maîtriser l’inflation par le contrôle des prix, des salaires (Nixon, 1971-1974), et par des taux d’intérêts élevés (Reagan, 1981-1982), ou encore de soutenir l’activité économique par des allégements d’impôts afin de relancer la consommation (Carter, 1977-1978, Bush, 2001-2004). Il aide également l’agriculture et finance, par ses commandes, l’entreprise industrielle privée. Il intervient, enfin, dans le financement des programmes sociaux et les diverses prestations que le gouvernement s’est engagé à fournir aux citoyens, tels le Medicare (assurance maladie des personnes âgées) ou le Medicaid (assurance maladie des plus démunis).
Toutefois, l’État-providence et le welfare (système garantissant aux plus démunis une aide financière de l’État fédéral) ont été fortement remis en cause, dans un pays qui compte aujourd’hui quelque 36 millions d’habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté. Désormais, nul ne pourra bénéficier de l’aide sociale plus de cinq ans durant toute sa vie. Par cette réforme, signée par Bill Clinton en août 1996, l’État fédéral renonce à corriger les inégalités induites par l’économie de marché et un capitalisme sauvage. L’objectif avoué est d’économiser près de 55 milliards de dollars en six ans.
| 2. | Agriculture, forêts, pêche |
| 2.1. | Agriculture |
Grâce à un climat et à des sols favorables, l’agriculture des États-Unis est la première du monde. Le secteur primaire employait 2,7 p. 100 de la population active et produisait 1,19 p. 100 du PIB en 2003. Les terres arables couvrent 19 p. 100 du territoire national. Dominants pour certaines productions (céréales, soja, viande bovine, agrumes), les États-Unis sont les premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles. Ils assurent 80 p. 100 des exportations mondiales de soja, 55 p. 100 des exportations de maïs et 30 p. 100 de celles du blé. La balance agricole est chaque année très excédentaire, avec un surplus de 14,1 milliards de dollars en 1994 (2e rang mondial après le Canada).
Bien équipée mais fortement endettée, l’agriculture américaine est intégrée au grand capitalisme. Dominée par de grands groupes financiers industriels et commerciaux, elle est au centre d’un vaste complexe agro-industriel ou « agrobusiness » (33 p. 100 de la population active), allant de la production de biens et de services aux agriculteurs jusqu’aux structures de transformations et de distribution des produits alimentaires.
Le développement de la mécanisation et de l’agriculture scientifique a entraîné une réduction massive du nombre des agriculteurs et des exploitations agricoles (5,6 millions en 1950, 2,1 millions en 1993), une concentration des terres et l’augmentation de la taille moyenne des exploitations (86 ha en 1950, 189 ha en 1993). La petite ferme familiale a pratiquement disparu du paysage agricole américain, au profit de vastes exploitations agro-industrielles, chargées de satisfaire la consommation des grandes villes et adaptées aux besoins d’une puissante industrie agroalimentaire. Ces exploitations géantes, ou corporate farming (jusqu’à 2 000 ha), sont des entreprises capitalistes, contrôlées souvent par des conglomérats (Boeing, Coca-Cola). Elles sont spécialisées dans des productions à forte valeur ajoutée (plantations de canne à sucre, pépinières, vignobles de qualité, aviculture, agrumes, élevage bovin industriel) et ouvertes sur le marché mondial. L’agriculture industrielle (700 000 exploitations) assure plus de 80 p. 100 de la production et des ventes.
L’agriculture américaine fournit une gamme très étendue de productions végétales et animales. L’élevage (bovin, porcin, ovin, volailles) et ses produits dérivés fournissent 50,5 p. 100 des recettes de l’agriculture. L’élevage bovin (embouche et produits laitiers) domine la production. Le cheptel bovin (96 millions de têtes en 2003) est le quatrième du monde. Le troupeau laitier est concentré dans les zones humides et verdoyantes des Grands Lacs (Dairy Belt), du Nord-Est atlantique et du Nord-Ouest pacifique. L’élevage pour la viande associe les régions de l’Ouest, spécialisées dans la reproduction, aux régions d’engraissement des Grandes Plaines centrales (Iowa, Nebraska, nord du Texas, Colorado), où se développent de véritables usines d’élevage (feedlots, ou « parcs d’engraissements »). Le cheptel porcin est également très important, avec 60 millions de têtes (2e rang mondial).
Les cultures sont très variées. Les États-Unis sont les deuxièmes producteurs mondiaux pour les céréales derrière la Chine (348,6 millions de t en 2003) et leaders pour le soja (66 millions de t en 2003). En 1995, ils produisaient 47 p. 100 du soja mondial, 38 p. 100 du maïs (Iowa, Illinois), avec une production de 191,5 millions de t (1er rang mondial), et 11 p. 100 du blé (59,4 millions de t, 2e rang mondial). Les autres céréales sont l’orge (7,9 millions de t, 5e rang mondial) et le riz (8 millions de t), cultivé essentiellement en Arkansas et en Californie. Les rendements céréaliers sont élevés (5 572 kg/ha).
Parmi les plantes industrielles dominent le coton (Vieux Sud, Californie), avec une production de 4,1 millions de t de fibres (2e rang mondial, 22 p. 100 de la production mondiale), les arachides (Géorgie), avec une production de 1,9 million de t en 1994 (3e rang mondial), le tabac (Caroline du Nord, Kentucky), dont la production s’est élevée à 723 000 t en 1994 (2e rang mondial), la canne à sucre (Hawaii, Floride ; 27,4 millions de t en 1995) et la betterave à sucre. Les États-Unis sont les troisièmes producteurs mondiaux de sucre brut (6,9 millions de t en 1995). Les fruits et légumes tempérés sont cultivés dans les régions urbanisées du Nord-Est atlantique, sur les rives des Grands Lacs (Fruit Belt) et dans les États de Washington et de l’Oregon. Les agrumes (13,2 millions de t en 1994, 2e rang mondial) et les fruits tropicaux (ananas, papayes) sont cultivés en Floride, en Californie et à Hawaii. Les autres grandes cultures sont les plantes fourragères, destinées au bétail, la pomme de terre (20,3 millions de t en 1995, 4e rang mondial) et la vigne (Californie ; 4e rang mondial).
L’agriculture américaine s’est longtemps caractérisée par la spécialisation de vastes régions agricoles dans une monoculture (Corn Belt, Cotton Belt, Wheat Belt). Ces belts (« ceintures ») spécialisées ont été remplacées, aujourd’hui, par des régions agricoles aux cultures plus diversifiées. La Grande Vallée californienne, dominée par les cultures maraîchères et fruitières, est irriguée à très grande échelle. Le nord-est des États-Unis (Nouvelle-Angleterre, Pennsylvanie, New York, région des Grands Lacs) est spécialisé dans la production laitière (Dairy Belt). Les Grandes Plaines centrales sont le domaine des grandes cultures céréalières (maïs, blé), de l’élevage intensif (porcs, bovins) et, plus récemment, du soja. L’irrigation y est nécessaire à l’ouest du 100e méridien. Ces espaces agricoles sont aujourd’hui gravement menacés par l’érosion des sols. Dans le Vieux Sud (de l’Atlantique au Mississippi), la culture traditionnelle du coton (plantations de la Cotton Belt) a fortement décliné. Elle est aujourd’hui associée à des cultures variées (tabac, légumes, céréales, soja, arachides). Dans les zones subtropicales (littoral du golfe du Mexique, Floride), la culture du riz, des agrumes, de la canne à sucre et des légumes est prédominante. Enfin, les montagnes et les plateaux de l’Ouest sont le domaine de l’élevage traditionnel extensif bovin (ranching) et ovin.
| 2.2. | Sylviculture et pêche |
Aux ressources agricoles s’ajoute un puissant secteur sylvicole. Environ 195 millions d’hectares de forêt (soit la quasi-totalité de la forêt américaine) sont exploités. Les États-Unis sont les premiers producteurs mondiaux de bois (500 millions de m3 en 1993). La production concerne essentiellement les bois tendres (sapin de Douglas, pin jaune du Sud). La moitié est destinée à la construction (bois de charpente) et un tiers à la production de pâte à papier. Les principales régions sylvicoles sont les plaines côtières du Sud, la Nouvelle-Angleterre, les Appalaches, la région des Grands Lacs, les Rocheuses et les chaînes côtières du Pacifique.
Le secteur de la pêche est également très actif. Avec une prise annuelle de 6 millions de tonnes en 2004, les États-Unis occupent le 5e rang mondial. Les espèces marines (mollusques, crustacés, poissons) constituent l’essentiel des prises. Les principales régions productrices sont l’Alaska (saumon, colin), le Massachusetts, la Louisiane, le Texas, le Maine et la Californie. La région de la Nouvelle-Angleterre est réputée pour ses crustacés (homards). L’ostréiculture (côte atlantique) et la pisciculture (truite, saumon) sont développées.
| 3. | Exploitation minière et énergie |
En 1996, le secteur secondaire employait 24 p. 100 de la population active et fournissait, en 1991, 27 p. 100 du PIB.
| 3.1. | Ressources minières |
Grâce à l’abondance de ses ressources minérales, les États-Unis sont la deuxième puissance minière du monde. Leur exploitation fournissait 3,5 p. 100 du PIB national en 1991 et occupait 3,5 p. 100 de la population active en 1996. Cinq États assurent la moitié de la production annuelle : le Texas, la Louisiane, l’Alaska, l’Oklahoma et la Californie.
Les énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon, uranium) sont les premières productions en valeur. Les États-Unis occupent le 2e rang mondial pour la production de charbon (992 millions de t en 2002), dont ils possèdent un cinquième des réserves mondiales. Premier exportateur mondial de charbon, les États-Unis possèdent 23 p. 100 des réserves planétaires. Le charbon est extrait principalement dans les Appalaches (près de Kentucky et de Pittsburgh) et dans le bassin du lac Michigan (Illinois, Indiana). Les plateaux de l’Ouest et les montagnes Rocheuses possèdent d’importantes réserves. Le charbon fournit 55 p. 100 de l’électricité du pays.
Les États-Unis sont également les premiers producteurs mondiaux de gaz naturel (585 milliards de m3 en 2001) et de pétrole (359 millions de t en 2000). Les principales régions productrices sont le golfe du Mexique (Texas, Louisiane), qui fournit 60 p. 100 du pétrole national et 70 p. 100 du gaz naturel, la Californie et l’Alaska (20 p. 100 du total grâce au gisement de Prudhoe Bay). La distribution des produits pétroliers est assurée par l’un des plus grands réseaux mondiaux d’oléoducs et de gazoducs (1,3 million de km), qui relie les zones productrices du Sud aux régions industrielles et urbaines du Nord-Est. Les réserves de pétrole sont estimées à 3 064 millions de t (10e rang mondial), soit 2,4 p. 100 des réserves planétaires. Celles de gaz naturel sont estimées à 4 640 milliards de m3 (6e rang mondial), soit 3,2 p. 100 des réserves mondiales.
Le pays se place au 8e rang mondial pour la production d’uranium (Nouveau-Mexique, Texas, Wyoming, Utah), avec une production de 1 590 t en 1995, au 6e rang mondial pour le minerai de fer (région du lac Supérieur, en particulier le Minnesota et le Michigan), avec une production de 39,2 millions de t en 1995, au 1er rang mondial pour le cuivre (2,28 millions de t en 1995), au 3e rang mondial pour le plomb (408 000 t en 1995), l’or (Nevada, Californie, Utah, Dakota du Sud) et l’argent (Nevada, Idaho, Alaska, Montana, 1 400 t en 1995), ainsi qu’au 1er rang mondial pour le molybdène (Colorado, Arizona, Idaho, Montana) et les phosphates (Floride, Caroline du Nord, Idaho, Tennessee), avec une production de 45,5 millions de t en 1995. Les autres minerais importants sont le zinc, avec une production de 363 000 t en 1995 (4e rang mondial), la bauxite, le soufre (1er rang mondial, production de 11,6 millions de t en 1993), la potasse (Nouveau-Mexique ; 1,4 million de t en 1995, 5e rang mondial), le magnésium et le sel.
Malgré cette extraordinaire richesse minérale, les États-Unis ne produisent aujourd’hui que 65 p. 100 de leurs besoins en pétrole et importent 80 p. 100 de leurs besoins en aluminium, chrome, cobalt, magnésium, amiante, étain et tungstène.
| 3.2. | Énergie |
Les États-Unis sont les premiers producteurs mondiaux d’électricité (3 575 milliards de kWh en 1995), soit 20 p. 100 de l’énergie mondiale : 10 p.100 sont d’origine hydraulique, 20 p. 100 d’origine nucléaire, 70 p. 100 d’origine thermique. Grâce au formidable potentiel hydraulique du pays, l’eau des fleuves est mobilisée pour la production d’hydroélectricité dans le Nord-Est (Nouvelle-Angleterre, chutes du Niagara), dans les Appalaches, avec l’aménagement de la Fall Line, et de la vallée du Tennessee (Tennessee Valley Authority, 1933), dans les Hautes-Plaines (Missouri) et surtout dans l’Ouest, dans les bassins du Colorado et de la Columbia, équipés de grands barrages (barrage Hoover, barrage de Grand Coulee).
Les États-Unis consomment plus du quart de l’énergie mondiale (2 073 millions de tep en 1995 ; taux de couverture : 80,2 p. 100). Le pétrole fournit près de 41 p. 100 de l’énergie totale consommée à des fins industrielles ou domestiques, le charbon 23 p. 100, le gaz naturel 24 p. 100, l’énergie hydraulique 4 p. 100 et le nucléaire 8 p. 100. Les États-Unis sont, aujourd’hui, les premiers importateurs mondiaux d’hydrocarbures, d’où leur souci constant de garantir la sécurité de leurs approvisionnements (guerre du Golfe, 1991).
| 4. | Industrie |
Les États-Unis ont la plus forte production industrielle mondiale. Ils assurent encore 20 p. 100 de la production industrielle mondiale (contre plus de 30 p. 100 en 1960). En 1996, l’industrie américaine employait 20,5 p. 100 de la population active et fournissait, en 1991, 23,5 p. 100 du PIB.
Ses points forts sont sa grande diversité, une capacité d’innovation remarquable, et son avance technologique. Les États-Unis occupent la première place mondiale dans de nombreuses branches industrielles : le pétrole (Exxon, Mobil, Texaco, Chevron, Amoco), l’automobile (General Motors, Ford Motors, Chrysler), les constructions aéronautiques (Lockheed Martin, United Technologies, Boeing, McDonnel Douglas, Textron) et électriques (General Electric), les biens de consommations (Philip Morris, Procter & Gamble, Conagra, Coca-Cola), la chimie-pharmacie (DuPont de Nemours, Dow Chemical) ou encore l’informatique (IBM, Hewlett-Packard, Compaq, Digital Equipment, Apple, Microsoft).
Malgré un déclin relatif depuis la fin des années 1960, l’industrie reste un secteur clé de l’économie américaine. Seuls la sidérurgie et le textile ont été gravement affectés par la désindustrialisation. De plus en plus, l’industrie américaine évolue vers une spécialisation dans des activités de haute technologie. La puissance des grandes firmes américaines se maintient, malgré une vive concurrence internationale, émanant principalement du Japon (téléviseurs, appareils hi-fi, photographie, motocycles, automobile), de l’Europe (armements, aéronautique, chimie) et des nouveaux pays industriels d’Asie extrême-orientale, notamment la Corée du Sud, la Chine, Taïwan et Hong Kong (jouets, plastique, textiles, etc.).
| 4.1. | Régions industrielles |
L’espace industriel des États-Unis a connu une importante évolution au cours des dernières décennies, caractérisée par le déclin relatif des vieilles régions industrielles du Nord-Est, cœur historique de la révolution industrielle, et par l’industrialisation rapide des États du Sud et de l’Ouest.
Cet étonnant retournement de la dynamique spatiale, qui caractérise aussi bien l’économie que la démographie, s’est accéléré à partir des années 1970, lorsque le Nord-Est industrialisé s’est trouvé confronté à une grave crise de ses industries de main-d’œuvre traditionnelles (sidérurgie, automobile, textile). Celles-ci ont perdu plusieurs millions d’emplois. Comprise entre les Grands Lacs et la Mégalopolis (quadrilatère Baltimore-Portland-Milwaukee-Saint-Louis), la Manufacturing Belt est victime d’une désindustrialisation notable. Appelée parfois la Rust Belt (« Ceinture de la rouille »), elle reste toutefois la première concentration industrielle du pays et conserve l’essentiel du pouvoir de commandements. Elle concentre 70 p. 100 des sièges sociaux des grandes firmes et fournit encore 43 p. 100 de la production industrielle nationale. Les cinq États les plus industrialisés y sont l’Ohio, l’Illinois, le Michigan, la Pennsylvanie et l’État de New York.
De l’autre côté du continent nord-américain, le Texas et surtout la Californie constituent les nouvelles grandes régions industrielles du pays. Le Sud fournit de nos jours 32 p. 100 de la production industrielle nationale et l’Ouest pacifique, 16 p. 100. Le début de la croissance économique et urbaine des États de la Sunbelt date des années 1940 ; il résulte autant de la décision de l’État fédéral d’y implanter ses centres de recherche et ses usines d’armement que des mutations qui ont affecté la production industrielle (développement des industries de pointe, essor de la Silicon Valley) et la recherche d’une main-d’œuvre bon marché (Mexicains).
La concurrence internationale a entraîné la création et un développement rapide des maquiladoras dans les villes mexicaines situées le long de la frontière avec les États-Unis (Tijuana, Ciudad Juárez, Mexicali, Nuevo Laredo), considérées comme des zones de libre-échange. Sous l’initiative d’industriels américains, cherchant à réduire les coûts d’assemblage de leurs produits manufacturés, et à de grands fermiers mexicains désireux de rentabiliser leur domaine, ces usines de montage emploient une main-d’œuvre mexicaine à bon marché. Les maquiladoras mexicaines attirent de plus en plus de multinationales étrangères, en particulier japonaises.
L’extraordinaire dynamisme de l’aire Pacifique, qui constitue aujourd’hui le cœur de l’activité économique mondiale, joue aujourd’hui en faveur de la façade ouest des États-Unis. Grâce à leur situation très favorable, la Californie et les autres États du Pacifique (Oregon, Washington, Hawaii, Alaska) apparaissent les mieux placés pour affronter la compétition industrielle internationale au sein des États-Unis. La Californie, désormais l’État le plus industrialisé du pays, fournit à elle seule 10 p. 100 de la production industrielle nationale. Elle a gagné 600 000 emplois entre 1994 et 1996. Si elle était une nation indépendante, elle serait la sixième puissance économique mondiale.
| 4.2. | Agroalimentaire et textile |
L’industrie agroalimentaire américaine est puissante et diversifiée, à l’image des productions agricoles : produits laitiers dans la région des Grands Lacs et en Nouvelle-Angleterre, industries de la viande et minoteries dans les Grandes Plaines, conserveries de fruits et légumes dans la plaine côtière atlantique et en Californie, raffineries de sucre, brasseries dans la région des Grands Lacs et dans le Kentucky (bourbon), viticulture en Californie. C’est un secteur très concentré. Les deux tiers de la production sont assurés par cinquante entreprises parmi lesquelles Nabisco, Coca-Cola et Pepsi-Cola, géants de l’agroalimentaire mondial, ou encore Mac Donald’s et Burger King, leaders de la restauration rapide. Les États-Unis sont, avec la France, les premiers exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires.
L’industrie textile (confection, fibres, textiles), activité traditionnelle en Nouvelle-Angleterre et en Pennsylvanie, a fortement régressé, de même que l’industrie cotonnière localisée dans le Sud (Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud). Industrie de main-d’œuvre, elle emploie près de 2 millions de personnes dans des firmes de petite taille et des travailleurs souvent peu qualifiés et sous-payés (femmes, minorités ethniques). La balance commerciale est déficitaire en raison de l’importance des importations de produits textiles (confection, bonneterie) en provenance des pays du tiers-monde (plus de 50 p. 100 du marché national aujourd’hui). Cette concurrence a entraîné la fermeture de nombreuses usines et des suppressions massives d’emplois (près de 2 millions dans la confection). Cependant, grâce à la modernisation de ses techniques et de son appareil de production, sous l’impulsion des grandes entreprises (Burlington, Levi Strauss), l’industrie textile américaine a retrouvé une forte productivité. Elle se situe au deuxième rang mondial pour la fabrication des tissus naturels et domine le marché pour les fibres synthétiques. L’industrie du vêtement (confection) et de la mode, très dynamique, se concentre dans les grands centres urbains de l’Est (New York, Philadelphie), de Chicago et de la Californie.
| 4.3. | Métallurgie et industrie automobile |
Les États-Unis sont le 3e producteur mondial d’acier brut avec une production de 91 millions de t en 1994. Parmi les industries métallurgiques, la sidérurgie reste un secteur essentiel malgré son déclin. En 1987, elle fournissait encore 11 p. 100 de l’acier mondial (contre 60 p. 100 en 1945). Elle subit une concurrence accrue des entreprises japonaises et européennes. Cependant, grâce à d’importants efforts de restructuration, la sidérurgie américaine a retrouvé une forte productivité. Elle est dominée par trois grandes firmes (Bethlehem Steel, LTV, US Steel).
D’abord localisée aux pieds des Appalaches (gisements de charbon) et sur les rives des Grands Lacs (minerai de fer de la région du lac Supérieur et du Canada), elle a commencé à se rapprocher du littoral dans les années 1950-1960, vers les ports d’importation de minerai de fer (Philadelphie, Baltimore, Houston). Toutefois, l’essentiel de la production est toujours issu de la région des Grands Lacs (Pennsylvanie, Illinois, Indiana, Ohio, Michigan), les centres les plus actifs étant Pittsburgh (Pennsylvanie) et Chicago-Gary (Illinois, Indiana). D’autres noyaux sidérurgiques sont situés au sud des Appalaches (Birmingham), au Texas (Houston), en Californie, dans les Rocheuses (mini-mills).
Les États-Unis possèdent également une puissante industrie de l’aluminium dont ils sont les premiers producteurs mondiaux (3,3 millions de t en 1994, soit près d’un tiers de la production mondiale). Ce secteur est dominé par trois grandes sociétés, les « Big Three » (Kaiser, Reynolds et Alcoa). Les États-Unis importent le minerai brut (bauxite) d’Amérique latine, d’Afrique et d’Australie. Les usines sont installées dans les ports d’importation de matières premières (golfe du Mexique, Texas) et dans les régions productrices d’hydroélectricité (vallée du Tennessee, vallée de la Columbia).
L’industrie automobile américaine, la première du monde, est fortement concurrencée par les constructeurs japonais. Elle fabrique près du quart de la production mondiale (6,6 millions d’unités en 1994). La filière automobile fournit près de 8 p. 100 de la valeur de la production industrielle. C’est une activité financièrement et spatialement concentrée. Trois firmes (les « Majors ») assurent la quasi-totalité de la production : General Motors, fondée en 1908 et première entreprise mondiale, Ford Motors (1903) et Chrysler (1923). Les principaux constructeurs étrangers aux États-Unis sont les firmes japonaises Honda (devenue le 1er exportateur automobile du pays) et Toyota, ainsi que la firme allemande Volkswagen. Encore concentrée dans l’État du Michigan (le tiers de la production nationale) et surtout à Detroit, capitale mondiale de l’automobile, l’industrie automobile a essaimé dans d’autres villes des Grands Lacs (Cleveland, Toledo, Buffalo, Chicago) et plus au sud (Indianapolis, Cincinnati, Saint-Louis). Elle s’accompagne de productions annexes (machines-outils, machines agricoles, électroménager). Des usines de montage existent également dans les grands centres urbains de l’Est et du Sud (Dallas, Atlanta, Memphis, Californie). Frappée par deux grandes crises en 1974-1975 et en 1980-1982, l’industrie automobile américaine n’a pu se redresser qu’au prix d’une reconversion profonde de son appareil de production. Celle-ci s’est accompagnée de suppressions massives d’emplois (fermeture de dix usines).
| 4.4. | Industrie chimique |
Les États-Unis sont les leaders mondiaux dans le secteur de la chimie. Ils possèdent une puissante industrie, avec des firmes comme DuPont de Nemours, Dow Chemical, Union Carbide, Monsanto et les grandes firmes pétrolières (Exxon, Mobil, etc.). En aval de la chimie lourde, on trouve des firmes plus spécialisées, comme Eastman Kodak (matériel et films photographiques), ou encore les entreprises fabriquant le caoutchouc synthétique et les pneumatiques, installées à Akron (Goodyear, Firestone). La chimie minérale fournit la soude, l’acide sulfurique, les engrais. La chimie organique est la plus importante : elle fournit 20 p. 100 du caoutchouc synthétique mondial. Elle repose sur la carbochimie (nord du bassin des Appalaches) et sur la pétrochimie (Louisiane, Texas, Chicago, Toledo, New York).
| 4.5. | Industries de pointe |
Les États-Unis se caractérisent aujourd’hui par le dynamisme des industries de pointe (informatique, électronique, biotechnologies, robotique, etc.). Employant une main-d’œuvre hautement qualifiée et utilisant des technologies très sophistiquées, elles constituent l’un des secteurs à plus forte croissance de l’économie américaine. Elles se concentrent de plus en plus dans des technopoles à proximité des grandes villes, des campus universitaires et des grands aéroports (hubs) : Boston (route 128, route 495), Philadelphie (route 202), Portland (Sunset Corridor), San Francisco (Silicon Valley, université Stanford), Caroline du Nord (Triangle d’or), New Jersey (Route 1, Zip Strip, université de Princeton), Texas (complexe micro-électronique d’Austin), etc.
Les industries électriques et électroniques sont particulièrement importantes. Les États-Unis ont été les initiateurs de la « révolution électronique ». Celle-ci bouleverse le monde depuis l’invention du transistor (1948), la fabrication des premiers micro-ordinateurs (1964) et la mise au point du microprocesseur (1971), qui miniaturise l’ordinateur et multiplie les applications de l’informatique. Malgré l’essor du Japon, l’industrie électrique et électronique américaine reste la plus puissante du monde et fournit une gamme très étendue de produits : semi-conducteurs (Motorola, IBM) ; armements très sophistiqués (missiles, radars, instruments de guidage) ; biens d’équipement (matériel informatique, supercalculateurs, ordinateurs, micro-ordinateurs, robots industriels) et biens de consommation grand public (calculatrices, téléviseurs, hi-fi, etc.). Elle est dominée par de grandes firmes comme IBM, numéro un mondial de l’informatique, Microsoft, Apple, Hewlett-Packard, Commodore, Unimation, Texas Instruments, General Electric, Zenith ou ITT. Elle se concentre dans le Nord-Est (New York, siège d’IBM et d’ITT, le Connecticut, le Massachusetts, Detroit). Toutefois, c’est dans le Sud et l’Ouest qu’elle connaît le taux d’expansion le plus élevé (Californie, Texas).
Les États-Unis figurent également au premier rang mondial pour les industries aérospatiales. Ils dominent le secteur de l’aéronautique avec des firmes comme Boeing, premier avionneur mondial, Mac Donnell Douglas ou Rockwell. L’industrie aéronautique américaine se localise dans le Nord-Est (Philadelphie, Columbus), dans les Grandes Plaines (Saint Louis, Wichita), dans le sud (Atlanta) et surtout sur la façade pacifique, principale région de fabrication des cellules d’avions (Californie ; région de Seattle, où est installée la firme Boeing).
L’industrie aérospatiale est plus dispersée. Associée à l’électronique, ses principaux centres sont situés dans le Sud (Alabama, Texas, Virginie, Louisiane, Floride) et dans l’Ouest (Californie, Nevada). Depuis le lancement du programme spatial Apollo, en 1961, en riposte au défi soviétique, les États-Unis se sont lancés dans la conquête de l’espace (programme Skylab, navettes spatiales). Le rôle de l’État a été et reste déterminant dans ce secteur. Agence fédérale, la NASA est le maître d’œuvre des programmes spatiaux dont elle assure le financement. Celui-ci représente le quart des dépenses publiques de recherche-développement. Les États-Unis ont aujourd’hui perdu le monopole des lanceurs de satellites, suite à la concurrence de l’Europe (fusée Ariane), de la Russie, et, plus récemment, de la Chine et du Japon.
Grande puissance militaire, les États-Unis possèdent également un très important secteur de l’armement, résultat de la course aux armements classiques et nucléaires lancée durant la guerre froide, face à l’URSS. Les dépenses militaires engagées par l’État sont en baisse mais restent considérables. Elles jouent un rôle déterminant dans l’économie et dans le commerce extérieur (exportations d’armes). Les industries de l’armement sont assez dispersées. Les firmes travaillent en étroite coopération avec le ministère de la Défense, dans le cadre d’un véritable « complexe militaro-industriel », qui, depuis 1940, représente une des composantes de base de l’économie du pays.
| 5. | Secteur tertiaire |
L’économie américaine connaît, depuis plusieurs décennies, une tertiarisation croissante de ses activités. On parle aujourd’hui d’économie et de société post-industrielles, dominées par les services et les activités de consommation destinés à satisfaire les besoins d’une population à revenus élevés. Celles-ci caractérisent les pays riches les plus développés. Ainsi, en 1995, 73,3 p. 100 de la population active était employée dans les activités de services : fonction publique (22 p. 100 des emplois tertiaires), services administratifs et financiers des entreprises, défense, recherche, commerces et grande distribution (31 p. 100 des emplois tertiaires), transports et communications, tourisme et loisirs, banques, culture, activités juridiques et paramédicales, services à domiciles, etc. En 2003, 77 p. 100 du PIB étaient réalisés par le secteur tertiaire. Celui-ci représente, en valeur, 30 p. 100 des exportations américaines. Les États-Unis sont en effet le premier exportateur mondial de services. Ainsi, en 1992, les sociétés de services ont dégagé un excédent commercial de 59 milliards de dollars. Parmi les géants mondiaux figurent American Express, Mac Donald’s ou encore Walt Disney.
| 5.1. | Transports |
Les États-Unis possèdent l’une des populations les plus mobiles du monde et un trafic de marchandises supérieur à 3 milliards de t. Au début des années 1990, les chemins de fer assuraient près de 37,3 p. 100 du fret total, les camions 25,3 p. 100, les oléoducs 21,2 p. 100, les voies navigables internes 15,8 p. 100 et l’aviation seulement 0,4 p. 100. Le trafic passager annuel était assuré à 81 p. 100 par les voitures individuelles, à 17,2 p. 100 par les compagnies aériennes, à 1,1 p. 100 par les lignes d’autocars et à seulement 0,6 p. 100 par les trains de voyageurs.
Le développement des infrastructures de transport fut une étape fondamentale du développement des États-Unis. Les voies navigables naturelles, ainsi que de vagues pistes, constituèrent les premières voies de circulation. Au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, de nombreux canaux furent construits pour relier les Grands Lacs et les fleuves navigables de l’est des États-Unis. Les chemins de fer à vapeur commencèrent à circuler à partir de 1829. La première voie ferrée transcontinentale fut construite entre 1862 et 1869 par les sociétés Union Pacific et Central Pacific, avec l’aide du gouvernement fédéral. Les transcontinentaux furent le principal moyen de transport utilisé par les colons européens partant pour l’Ouest à la fin du XIXe siècle. Le réseau ferré s’étend aujourd’hui sur 330 000 km.
L’automobile et les routes se développèrent dans la première moitié du XXe siècle. Le réseau routier des États-Unis est aujourd’hui le premier du monde (6,38 millions de kilomètres en 2001). En 1956, le gouvernement fédéral a lancé un vaste programme autoroutier, le National Interstate Highway System. Le pays compte aujourd’hui 80 000 km d’autoroutes. Il possède le premier parc automobile du monde (145 millions de voitures particulières soit 1 voiture pour 1,7 habitant). Près de 55 p. 100 des ménages ont au moins deux voitures.
Le transport aérien se développa après la Première Guerre mondiale, mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’avion devint l’un des principaux modes de transport. Depuis les années 1960, l’essentiel des relations interurbaines est assuré par un réseau complexe de lignes aériennes qui, depuis la déréglementation, proposent des tarifs concurrentiels. Cet essor des transports aériens a entraîné la création de gigantesques aéroports ou hubs (Chicago-O’Hare International Airport ; Dallas-Fort Worth ; John F. Kennedy International Airport et La Guardia Airport, à New York ; Hartsfield International Airport à Atlanta). Ainsi, 6 des 10 premiers complexes aéroportuaires mondiaux se trouvent aux États-Unis. Celui de Chicago (Chicago-O’Hare, Midway) détient le plus fort trafic aérien du monde.
Les transports par voies d’eau (41 000 km), notamment par les Grands Lacs et la voie maritime du Saint-Laurent (ouverte en 1959), par l’ensemble Mississippi-Ohio et par les grands canaux du Nord-Est, jouent un rôle de premier plan. Le trafic est particulièrement intense sur les Grands Lacs, véritable mer intérieure, reliés par plusieurs canaux, notamment le canal Érié (construit en 1825, long de 547 km) et le canal de Sault-Sainte-Marie. Le long des côtes du golfe du Mexique, les lagunes isolées en arrière des cordons littoraux ont été aménagées pour former une grande voie navigable, la Gulf Intracoastal Waterway. Celle-ci longe le littoral depuis le Texas jusqu’en Floride et joue un rôle économique important. Les plus grands ports fluviaux et maritimes sont La Nouvelle-Orléans (Louisiane), New York, Houston, Valdez (Alaska), Baton Rouge (Louisiane), Corpus Christi (Texas), Long Beach (Californie), Hampton Roads (Virginie), Tampa (Floride), Seattle (Washington) et Los Angeles (Californie).
| 5.2. | Secteur financier |
La monnaie américaine est le dollar US (divisible en 100 cents). La suprématie monétaire des États-Unis s’appuie sur l’hégémonie du dollar dans le monde. Une grande partie des règlements internationaux s’effectuent dans cette devise. En 1993, les actifs américains atteignaient 1 130 milliards de dollars. En 1991, les États-Unis possédaient 11 920 banques, dont les actifs atteignaient 3 430 milliards de dollars. La Réserve fédérale est la banque centrale du pays. Toutes les banques nationales lui sont affiliées. Le marché financier international est dominé par cinq grandes banques d’affaires américaines, les « Golden Banks ». En 1994, les holdings bancaires les plus riches étaient Citicorp, Chemical Banking Corp., J. P. Morgan. Voir aussi Banque ; Finance ; Monnaie. Les États-Unis possèdent, avec New York, la première place financière et commerciale de la planète. La Bourse de New York (Wall Street) reste la première du monde tandis que Chicago s’impose comme le centre international des marchés à terme.
| 5.3. | Télécommunications |
Les États-Unis possèdent un réseau de médias et de télécommunications parmi les plus développés au monde. Sept compagnies régionales sont nées, en 1984, du démantèlement du géant des télécommunications américaines, l’American Telephone and Telegraph (ATT) qui, grâce à une concession de service public, jouissait d’un quasi-monopole. En 1995, quatre entreprises américaines se classaient parmi les dix premiers opérateurs mondiaux (ATT, GTE, Southern Bell, MCI Communications). Elles prennent une part active à la guerre des réseaux électroniques qui constituent, de nos jours, l’élément moteur des échanges mondiaux d’informations. Les États-Unis ont pris aujourd’hui une grande avance dans le domaine de la télévision numérique et des autoroutes de l’information (voir Internet), à l’image des deux géants américains Time Warner et Viacom, premiers groupes multimédias du monde. Ils ont été les fervents artisans d’une déréglementation internationale des télécommunications.
| 5.4. | Tourisme |
Le tourisme est une activité très importante aux États-Unis. Ce secteur emploie 9 millions de personnes. En 2005, les recettes touristiques se sont élevées à 69 milliards de dollars. Bénéficiant d’un patrimoine naturel et culturel remarquable, les États-Unis ont investi dans de très importants aménagements touristiques (stations de sports d’hiver, stations balnéaires, parcs d’attractions, etc.). Le loisir organisé y est particulièrement développé. Le touris