| Format recherche | Chine | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Chine, en chinois Zhongguo, pays d’Asie orientale. Sa capitale est Pékin (Beijing), et sa plus grande ville, Shanghai.
La Chine est délimitée par 15 000 km de frontières terrestres partagées avec 14 pays, et une façade maritime de 14 500 km. Elle est bordée, au nord, par la Russie et la Mongolie ; au nord-est, par la Russie et la Corée du Nord ; à l’est, par la mer Jaune et la mer de Chine orientale ; au sud, par la mer de Chine méridionale, le Viêt Nam, le Laos, la Birmanie, l’Inde, le Bhoutan et le Népal ; à l’ouest, par le Pakistan, l’Afghanistan et le Tadjikistan ; au nord-ouest, par le Kirghizistan et le Kazakhstan. La Chine possède 2 900 îles, dont Hainan (33 991 km²), la plus importante, située en mer de Chine méridionale. Au sud-est de la Chine, séparée du continent par le détroit de Taïwan, se trouve Taïwan, revendiquée par la Chine comme 23e province du pays.
| 2. | Milieu naturel |
| 1. | Relief |
La République populaire de Chine est la troisième nation du monde par sa superficie (après la Russie et le Canada) et la première par sa population. La superficie totale du pays est d’environ 9 571 300 km². Véritable État-continent, la Chine s’étend entre 18° et 54° de latitude nord, et entre 74° et 135° de longitude est. Ce pays immense, en forme de croissant échancré, s’étire sur une longueur maximale de 5 200 km d’est en ouest, et atteint une largeur de 5 500 km du nord au sud. Une telle extension longitudinale et latitudinale explique la grande diversité des milieux naturels. La majeure partie du pays possède un relief montagneux : 84 p. 100 du territoire se trouvent à plus de 500 m d’altitude et près de 43 p. 100 à plus de 2 000 m. Les plateaux occupent 26 p. 100 de la superficie du pays ; les bassins, généralement accidentés et situés dans les régions arides, environ 19 p. 100 ; les plaines ne couvrent que 12 p. 100 du territoire.
Le pays présente un étagement des reliefs, l’altitude s’abaissant, par gradins successifs, d’ouest en est, jusqu’à la mer. Les reliefs les plus élevés se trouvent dans la partie occidentale du pays (Tibet, Xinjiang) où sont situées certaines des chaînes de montagnes les plus hautes du monde : le Tian shan oriental et l’Altaï au nord-ouest ; le Pamir et le Karakorum à l’extrême ouest ; les monts Kunlun au centre ; l’Himalaya au sud-ouest. Elles montrent, pour la plupart, une orientation est-ouest. Dans cette zone ont été recensés près de 45 000 glaciers occupant 58 000 km2.
L’orogenèse du Tian shan, des monts Kunlun, ainsi que du Qin ling, dans le centre du pays (province du Shaanxi), a commencé durant le paléozoïque, à la fin du carbonifère, et s’est achevée au Permien. L’Himalaya, qui longe le sud du Tibet, est de formation plus récente. Le soulèvement himalayo-alpin a débuté au cours de l’oligocène, pendant l’ère tertiaire, il y a environ 40 millions d’années. Il est dû à la rencontre de la plaque indienne et de la plaque tibétaine.
Au cours du quaternaire, l’activité tectonique s’est manifestée par de violents séismes. La sismicité est toujours très active, surtout le long d’une diagonale nord-est / sud-ouest s’étirant depuis le « Bassin rouge » du Sichuan jusqu’au golfe de Bohai, sur la mer Jaune, et, au-delà, jusqu’au Grand Hinggan (ou Da Hinggan ling), en Mandchourie.
On distingue, d’ouest en est, trois grands paliers topographiques, en fonction de leur altitude moyenne, présentant chacun une grande diversité géomorphologique.
| 1.1. | Le plateau tibétain |
Le palier le plus élevé, d’une altitude moyenne de 4 500 m, englobe, au sud-ouest, le haut plateau montagneux et désertique du Tibet, au sol gelé en profondeur (permafrost), qui s’étend sur la région autonome du Tibet et sur une partie des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Gansu. Il est bordé par l’Himalaya au sud, le Pamir et le Karakorum à l’ouest, les monts Kunlun, les Altun shan et les Qilian shan au nord, et les « Alpes » du Sichuan au sud-est. Les principaux fleuves d’Asie orientale et méridionale (Indus, Gange, Brahmapoutre, Mékong, Yang-tseu-kiang, Huang He, Salouen) y prennent leur source.
Le Pamir, qui marque la frontière avec le Tadjikistan, culmine en Chine à 7 719 m d’altitude, au sommet du Kongur Tagh. Le Karakorum, qui forme la frontière avec l’Inde et le Pakistan, culmine au sommet du K2 (ou mont Godwin Austen), le deuxième plus haut sommet du monde (8 611 m),sur la frontière sino-pakistanaise.
Les monts Kunlun et les Altun shan marquent la frontière entre les régions autonomes du Tibet et du Xinjiang. Les monts Kunlun s’étirent sur 3 000 km de long et se prolongent dans le Qinghai. Le sommet le plus élevé est l’Ulugh Muztag (7 723 m). Les Altun shan s’étirent sur 800 km. Culminant à 7 439 m d’altitude, elles se prolongent à l’est par les Qilian shan (point culminant : 5 547 m) et les Nan shan. Au nord-est du plateau tibétain se trouve le bassin fermé de Qaidan, entre les monts Kunlun au sud et le système montagneux Altun shan-Qilian shan au nord.
L’Himalaya, qui forme la frontière avec l’Inde, le Népal et le Bhoutan, s’étire sur près de 2 400 km de long et 250 km de large. Il comprend, dans sa partie septentrionale, une centaine de montagnes de plus de 7 000 m d’altitude, dont le plus haut sommet du monde, l’Everest (8 850 m) partagé entre le Tibet (faces nord et nord-ouest) et le Népal. Le soulèvement de l’arc himalayen se poursuit de nos jours au rythme de 5 mm par an.
| 1.2. | La Chine du Nord-Ouest et la Chine centrale |
Les hauts reliefs du Tibet dominent, au nord et à l’est, un second palier, d’une altitude moyenne de 1 500 m environ, correspondant à la Chine du Nord-Ouest et à la Chine centrale.
La Chine du Nord-Ouest est une région aride, aux paysages souvent désertiques et à la topographie très compartimentée. Elle correspond au Xinjiang et à une partie du Qinghai. Elle comprend une suite de bassins ou dépressions presque entièrement fermés, enserrés entre de hautes montagnes (Altaï, Tian shan oriental, Pamir, monts Kunlun, Altun shan) : bassin de Djoungarie au nord, bassin du Tarim au sud, et bassin de Turfan à l’est.
Le Tian shan oriental, partie chinoise du système montagneux du Tian shan (environ 2 500 km de long), culmine à 7 439 m d’altitude au sommet du pic Pobedy, à la frontière avec le Kirghizistan. À l’extrême nord, l’Altaï chinois culmine à 4 374 m d’altitude.
Le bassin du Tarim, entouré par le Tian shan oriental au nord, le Pamir à l’ouest, et les monts Kunlun au sud, comprend la région du Lob nor (marais salants) et, surtout, l’immense désert de sable du Taklamakan (environ 360 000 km²), désert de type continental, le plus sec de toute l’Asie, dont les dunes peuvent atteindre 100 m de hauteur.
Le bassin semi-désertique de Djoungarie, lieu traditionnel de passage entre la Chine et l’Asie centrale, est enserré par les massifs montagneux de l’Altaï au nord et du Tian shan oriental, au sud, tout comme la dépression de Turfan, plus au sud, située en dessous du niveau de la mer (- 154 m).
À l’est s’étendent les hauts plateaux de la Chine centrale depuis les marches mongoles au nord (Mongolie-Intérieure, Shaanxi, Shanxi, Ningxia, Gansu), jusqu’aux plateaux de la Chine du Sud (Yunnan, Guizhou, Guangxi). Ils sont limités à l’est par la diagonale montagneuse formée par les chaînes du Grand Hinggan (au nord-est), des Taihang shan, des Wu shan et des Xuefeng shan (au sud).
Les plateaux septentrionaux, limités au sud par le Qin ling, correspondent à la bordure méridionale et orientale du désert de Gobi (plateau Mongol) et aux hauts plateaux du Shaanxi, du Shanxi, du Ningxia, du Hebei et du Henan, parmi lesquels le plateau désertique de l’Ordos, circonscrit dans la boucle du Huang He. Excepté le plateau Mongol et la partie nord du plateau de l’Ordos, ils sont recouverts d’un fin limon d’origine éolienne, le lœss. Peu compact, le lœss, épais de 200 m, est très sensible à l’érosion (ravinement), la surface des plateaux étant incisée par de nombreux ravins aux parois verticales.
Débordant sur le Xinjiang, la Mongolie-Intérieure et le Gansu, le désert de Gobi est un désert de sable et de pierres de type continental. Il s’étend sur le plateau Mongol, situé entre 800 et 1 200 m d’altitude. La végétation devient steppique sur ses marges.
La chaîne du Grand Hinggan, au nord-est, couverte de forêts, s’étend sur 1 200 km du nord-est au sud-ouest et culmine à 2 091 m d’altitude.
Plus au sud, le Qin ling s’étend d’ouest en est sur près de 1 500 km. D’une altitude moyenne de 2 000 m, il culmine au sommet du Taibai shan (3 767 m). Ce massif marque, avec la moyenne et la basse vallée du Yang-tseu-kiang, la frontière naturelle entre le nord et le sud de la Chine.
Région de collines relativement isolée, vouée à la riziculture intensive, le bassin intramontagneux du Sichuan (« Bassin rouge ») sépare les plateaux lœssiques septentrionaux des plateaux calcaires de la Chine du Sud. Très érodés, ceux-ci se caractérisent par leur relief karstique. Le plateau du Yunnan-Guizhou est bordé à l’ouest par une succession de chaînes montagneuses séparées par des gorges profondes et abruptes (vallées du Salouen et du Mékong). L’est du Guizhou et le Guangxi (région de Guilin notamment) comporte certains des plus beaux paysages du monde (karst à tourelles).
| 1.3. | La Chine orientale et insulaire |
Les hauts plateaux de la Chine centrale dominent à l’est un ensemble de collines (au sud-est) et de plaines alluviales (au nord-est et à l’est), caractérisé par de larges vallées, d’une altitude moyenne de 500 m.
Au nord-est se trouve la Mandchourie (provinces du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning), ensemble de plaines (350 000 km2) aux sols noirs très fertiles (tchernoziom), bordées par les massifs du Grand Hinggan, à l’ouest, du Petit Hinggan, au nord, et des Changbai shan, au sud-est, et qui se prolongent, au sud, par les collines de la péninsule du Liaodong. La taïga y est le paysage végétal dominant. Mal connue jusque dans les années 1950, cette région est la plus grande réserve forestière de la Chine. Le Petit Hinggan (ou Xiao Hinggan ling) est un massif peu élevé d’une altitude moyenne de 600 à 800 m. Les Changbai shan, qui forment une partie de la frontière avec la Corée du Nord, constituent un système montagneux dominé par le volcanisme. Ce vaste plateau basaltique (500 km sur 250 km) supporte le volcan le plus élevé de la Chine du Nord-Est, le Paektu shan (2 744 m).
Au sud de la Mandchourie s’étend la Grande Plaine du Nord (provinces de Hebei, Henan, Shandong, Jiangsu, et Anhui), la plus vaste plaine de Chine, construite par les alluvions du bas Huang He. Cette plaine alluviale, aux sols très fertiles (lœss, limons), est occupée par des cultures intensives. On distingue au nord le bassin du Hai he, au centre la plaine et le vaste delta du bas Huang He, qui se jette dans le golfe de Bohai, et au sud le bassin de la Huai. À l’est s’élèvent les collines de la péninsule du Shandong, à une altitude comprise entre 400 et 1 000 m.
Plus au sud, la plaine centrale, formée par la vallée du bas et du moyen Yang-tseu-kiang (Jiangsu, Zhejiang, Anhui, Hubei), est une succession de bassins aux sols alluviaux fertiles. Ces basses terres sont drainées par de nombreux cours d’eau naturels et artificiels, et parsemées de lacs, comme dans le Hubei.
Au sud du Yang-tseu-kiang, la Chine du Sud-Est présente un relief accidenté de collines, entaillées par des vallées étroites et encaissées. On distingue plusieurs chaînes montagneuses de faible altitude (Nan ling, Wuhi shan, Donggang shan), d’orientation nord-est / sud-ouest. Parallèles à la côte, elles se caractérisent par un relief de type appalachien.
Au sud des Nan ling, fortement déboisées et érodées, s’étend le bassin du Xi jiang et le large delta du Zhu jiang (la rivière des Perles), faisant face à l’île de Hainan. La côte méridionale, très accidentée, est découpée, jusqu’à la hauteur de Shanghai, par de nombreuses baies et bordée par une multitude d’îles et d’îlots.
| 2. | Hydrographie |
| 2.1. | Les fleuves |
La Chine possède 5 000 fleuves et rivières dont 1 500 ont un bassin hydrographique d’une superficie supérieure à 1 000 km2. La longueur du réseau fluvial chinois atteint, au total, 220 000 km dont 95 000 km de voies navigables. Le débit total est équivalent à celui de l’Europe, soit 2 700 milliards de m3.
La plupart des grandes rivières chinoises prennent naissance sur les hauteurs du plateau tibétain et s’écoulent vers l’est ou vers le sud, délaissant les espaces arides de la Chine occidentale.
Les quatre plus grands fleuves de la Chine, par l’importance de leur bassin de drainage, sont le Yang-tseu-kiang, l’Amour, le Huang He et le Xi jiang.
Le Yang-tseu-kiang (ou Chang jiang) est le plus long fleuve d’Asie (6 300 km). Il draine un bassin gigantesque de 1 800 000 km², soit 18,8 p. 100 du territoire chinois. Navigable sur près de 941 km, il constitue une importante artère de communication entre Shanghai et le Sichuan. Il prend sa source sur le plateau tibétain, dans les monts Kunlun, puis traverse le centre de la Chine. Ses principaux affluents sont le Min jiang, le Jialing jiang, le Xiang jiang et le Han shui. Son débit moyen (34 000 m3/s à son embouchure) est très supérieur à celui du Huang He. Son cours moyen et inférieur connaît des crues parfois catastrophiques, en avril et en septembre, malgré d’importants travaux d’endiguement. Lors de sa traversée du bassin du Sichuan, où il se charge d’alluvions rouges, sa turbidité devient très forte, avec une charge moyenne alluviale de 1 090 g/m3. Il se jette dans la mer de Chine orientale, à proximité de Shanghai, par un vaste delta qui, sans cesse alimenté par les dépôts de boues et de sédiments (plus de 170 millions de m3 par an), gagne progressivement sur la mer.
L’Amour (4 416 km), ou Heilong jiang en chinois (« fleuve du Dragon noir »), est le quatrième plus long fleuve d’Asie et le plus septentrional de la Chine. Il draine, avec ses affluents, une superficie de 1 620 000 km2. Il constitue, sur presque 1 600 km, une grande partie de la frontière nord-est avec la Russie. L’Amour naît de la confluence de l’Argoun, qui prend sa source dans le Grand Hinggan, et du Chilka, venant de Mongolie. Il se jette en Russie, sur la côte orientale de la Sibérie, dans le détroit de Tatarie (mer d’Okhotsk). Son principal affluent en Chine est le Soungari (1 850 km), qui draine la plaine mandchoue.
Berceau de la civilisation chinoise, le Huang He (5 464 km) est le principal fleuve de la Chine du Nord. Comme le Yang-tseu-kiang, il naît sur le plateau tibétain, dans les monts Kunlun. Son bassin hydrographique couvre une superficie de 750 000 km2. Son tracé sinueux le conduit jusqu’au golfe de Bohai, dans la mer Jaune. Lors de sa traversée des plateaux lœssiques, il se charge d’alluvions d’où son surnom de « fleuve Jaune ». Ses principaux affluents sont le Fen he et le Wei he. Son débit irrégulier (1 500 m3/s en moyenne, jusqu’à 20 000 m3/s en période de crue) en fait un fleuve capricieux et dangereux. Le Huang He est en effet réputé pour ses inondations dévastatrices qui ont régulièrement frappé le pays au cours de l’istoire et qui lui ont valu le qualificatif de « Chagrin de la Chine ».
Le bas Huang He a souvent changé de cours à la faveur de grandes inondations. Au début du xixe siècle, il se jetait dans la mer Jaune, au sud de la péninsule de Shandong. Il retrouva son cours actuel (abandonné au xive siècle) en 1851. Son taux de turbidité, très élevé, est responsable de l’envasement et de l’exhaussement du lit du fleuve, qui s’élève dangereusement à parfois plus de 10 m au-dessus de plaines surpeuplées. Aujourd’hui, le Huang He est endigué dans son cours inférieur. Cependant, lors des deux périodes de crues annuelles, liées à la fonte des neiges (mars-avril) et à la mousson (juin à septembre), les digues peuvent se rompre, donnant lieu à de graves inondations.
Le Xi jiang (2 100 km), dont le bassin hydrographique couvre une superficie de 448 000 km2, est le plus grand fleuve de la Chine du Sud. Il prend sa source dans les montagnes du Yunnan et arrose le Guangxi et le Guangdong. Il se jette dans la mer de Chine méridionale, sous le nom de Zhu jiang (ou rivière des Perles), en aval de Canton, par un vaste delta aux sols alluviaux très fertiles, sillonné par de multiples bras et canaux. Ses principaux affluents sont le Xiang, le Kuai, le Bei et le Dong. Navigable sur la quasi-totalité de son cours, le Xi jiang constitue l’une des plus importantes voies de communication de la Chine.
La Chine occidentale, fortement marquée par l’aridité, est faiblement drainée. Les rivières sont rares et se caractérisent par un écoulement endoréique (elles ne se jettent pas dans la mer). Elles alimentent les bassins arides de l’ouest et du nord, où elles s’évaporent ou s’infiltrent pour former de profondes nappes aquifères. Le plus important de ces cours d’eau est le Tarim (2 000 km). Il draine, avec ses affluents, une superficie de 198 000 km2. Il prend sa source dans le Karakorum, puis traverse le désert du Taklamakan, avant de se perdre dans la cuvette marécageuse du Lob nor. De nombreux cours d’eau temporaires viennent alimenter les oasis du désert du Taklamakan lors de la fonte des neiges dans le Tian shan et les monts Kunlun.
La quasi-totalité du réseau fluvial chinois est soumise au régime de la mousson d’été, à l’origine d’inondations récurrentes. Les autorités chinoises mènent depuis très longtemps de gigantesques travaux visant à développer l’irrigation, à réguler les crues (endiguement, barrages-réservoirs, dérivations), à favoriser le transport fluvial (dragage, canaux) et, plus récemment, à développer l’hydroélectricité.
C’est ainsi que le Grand Canal (1 900 km), voie fluviale artificielle creusée à partir du ve siècle av. J.-C. et achevée au xiiie siècle apr. J.-C., relie Pékin à Hangzhou. Il constitue le plus long système de canaux du monde. Récemment, 140 000 km de canaux ont été créés dans les plaines septentrionales, dont le canal de la Victoire du Peuple, qui évacue une partie des eaux du Huang He.
En 1955, un plan d’aménagement du Huang He prévoyait la construction de 46 barrages, dont certains ont vu le jour (San Men, Liujiaxia, Sanmenxia, Qingtongxia). Ce fleuve est également régulé par des bassins de retenue, comme celui de Longmen qui possède une capacité de 35,4 milliards de m3 d’eau. Il en existe plus de 2 000 dans le pays. Ceux du Yang-tseu-kiang (lacs de Dongting hu et de Poyang hu) s’ajoutent à d’importants lacs de barrages hydroélectriques, comme à Ghezhouba.
| 2.2. | Les lacs |
La Chine possède un grand nombre de lacs, dont beaucoup sont situés dans les bassins intermédiaire et inférieur du Yang-tseu-kiang, notamment les trois plus grands lacs d’eau douce du pays : le Dongting hu (3 700 km²), le Poyang hu (2 780 km2) et le Tai hu, dans le delta du Yang-tseu-kiang. En été, durant la saison des pluies (mousson), le Dongting hu et le Poyang hu servent de réservoir naturel, ce qui entraîne une augmentation de leur superficie (5 000 km2 pour le Poyang hu).
Le plateau tibétain comporte de nombreux lacs salés datant du pliocène, souvent de taille considérable. Le plus vaste d’entre eux est le Qinghai hu ou Koukou nor (4 400 km2). Le nord-ouest aride et les marges mongoles comportent également plusieurs grands lacs, le plus souvent salés. Les principaux sont le Lob nor et le Bosten hu, à l’est du bassin du Tarim, et le Hulun nur, à l’ouest du Grand Hinggan, en Mandchourie.
| 2.3. | L’urgence écologique |
La Chine souffre d’une pollution fluviale d’envergure. Près de 35 milliards de tonnes d’eaux usées, d’origine domestique, agricole ou industrielle, sont déversées chaque année. Ces rejets, dont 90 p. 100 ne sont pas traités, sont chargés de métaux lourds, de pétrole ou de produits chimiques, et souillent 47 000 km de fleuves et de rivières avant de rejoindre la mer. Ce phénomène a des conséquences sur la santé, ainsi que sur l’environnement. Le volume de la pêche fluviale aurait ainsi diminué de moitié entre 1960 et 1980. Les lacs, rongés par le sel et la pollution, disparaissent. L’envasement des fleuves et des lacs augmente, entraînant une diminution de la capacité de certains lacs-réservoirs et augmentant les risques d’inondations. Ainsi, en perdant 60 p. 100 de sa capacité, le Dongting hu ne parvient plus à réguler convenablement le Yang-tseu-kiang qui, aujourd’hui, supplante le Huang He en matière d’inondations.
| 3. | Climat |
En raison de son extension latitudinale, la Chine recouvre plusieurs aires climatiques : la Chine septentrionale est comprise, dans son ensemble, dans la zone tempérée, avec des nuances hypercontinentales et arides au nord-ouest ; le plateau du Tibet connaît un climat de montagne ; la Chine du Sud appartient à la zone subtropicale, tandis que le climat devient tropical sur l’extrême sud du pays. Si les températures estivales présentent une relative uniformité sur la majeure partie du pays, les hivers en revanche se caractérisent par de très forts écarts thermiques entre le nord et le sud du pays. La moyenne des précipitations annuelles est d’environ 650 mm, mais n’a que peu de signification en raison de l’ampleur des contrastes régionaux.
En effet, l’immensité du territoire et la disposition des reliefs introduisent de nombreuses nuances climatiques, renforcées par la forte variabilité annuelle des précipitations et des températures. Le climat de la Chine est toutefois marqué par deux phénomènes majeurs : la continentalité et la mousson d’été. La continentalité, liée à l’immensité, se traduit par l’accroissement des amplitudes thermiques annuelles vers l’intérieur des terres et vers le nord du pays, situé plus haut en latitude, accompagné d’une diminution des précipitations. Elle se caractérise par des hivers froids (jusqu’à - 30 °C en Mandchourie) et secs, et des étés chauds, voire torrides (jusqu’à + 45 °C dans la dépression de Turfan ou dans la région du Poyang hu). D’une manière générale, en hiver, l’anticyclone de Sibérie centrale souffle en direction du sud-est des vents froids et secs. Ceux-ci provoquent une chute des températures dans l’ensemble des régions situées au nord du Yang-tseu-kiang et entraînent sur la majeure partie du pays une longue sécheresse qui se traduit par une pénurie chronique en eau douce. La sécheresse de 1981, particulièrement sévère, obligea les autorités chinoises à détourner les eaux du Luan he sur 234 km (entre 1982 et 1983), sans pour autant pourvoir aux besoins de la ville de Tianjin.
Le monde chinois appartient à l’Asie des moussons, c’est-à-dire aux pluies d’été (70 p. 100 des précipitations annuelles) apportées par les masses d’air chaud et humide en provenance du Pacifique et souvent précédées par les « pluies des prunes » (mi-juin - début juillet). Ce phénomène climatique de la mousson (alizé austral ayant traversé l’équateur) est capital pour l’agriculture chinoise, dominée par la riziculture intensive. Les vents de mousson remontent très haut en latitude, ce qui explique la forte humidité des étés en Mandchourie, phénomène très rare à une telle latitude. La mousson d’été apporte d’abondantes précipitations sur toute la moitié orientale du pays. Celles-ci diminuent rapidement vers l’intérieur des terres. La barrière orogénique de l’Himalaya, ainsi que les Qin ling, font en revanche obstacle à la remontée du flux de mousson vers l’ouest et le centre-nord de la Chine, marqués par l’aridité.
La mousson s’accompagne parfois de typhons, cyclones tropicaux souvent dévastateurs. Venant du sud-est, ils frappent les côtes méridionales entre mai et octobre, et surtout de juillet jusqu’en septembre. On en compte en moyenne une dizaine par an. La région la plus touchée est le Guangdong. Le Fujian, abrité par l’île montagneuse de Taïwan, est moins exposé. Depuis très longtemps, les Chinois ont bâti des digues afin de protéger les littoraux.
Le climat subtropical concerne la Chine du Sud-Est, au sud du bassin du Yang-tseu-kiang. Il devient tropical à l’extrême sud du Yunnan et sur l’île de Hainan. Dans cette région, la moyenne des températures estivales atteint 26 °C, mais dans certains endroits, comme autour du Poyang hu, la moyenne du mois de juillet est supérieure à 30 °C. Les étés sont toutefois plus frais en altitude. Protégée, grâce aux barrières montagneuses, des vents froids venus du Nord sibérien, la région connaît des hivers doux. La température moyenne des mois d’hiver varie entre 17 °C dans le sud tropical et environ 3,9 °C le long du Yang-tseu-kiang. Le bassin du Sichuan, où les cultures s’étalent sur onze mois, se caractérise par son humidité et sa forte nébulosité. Les précipitations, essentiellement estivales, dépassent 1 000 mm par an dans toute la Chine méridionale pour atteindre plus de 2 500 mm sur la côte est du Guangdong.
La Chine de l’Est, au nord du Chiang jiang, connaît un climat tempéré, à fortes nuances continentales vers l’intérieur des terres, notamment sur les hauts plateaux lœssiques. Ces derniers étant exposés aux flux d’air polaire sibérien (mousson d’hiver), les hivers y sont froids et secs. Les températures moyennes de janvier s’échelonnent de 3,9 °C au sud à environ - 10 °C au nord de Pékin. Celles de juillet dépassent généralement 26,1 °C et approchent même les 30 °C dans la Grande Plaine du Nord. La majeure partie des précipitations tombent en été, au cours de la mousson. Elles sont en moyenne inférieures à 760 mm et diminuent vers le nord-ouest (entre 100 et 600 mm par an) où la végétation devient steppique.
La Chine du Nord-Est, la Mandchourie, connaît un climat continental. Les hivers y sont très froids (jusqu’à - 30 °C). Les températures moyennes du mois de janvier sont de - 17,8 °C sur la plus grande partie de la plaine mandchoue et celles du mois de juillet dépassent généralement 22,2 °C. Les précipitations annuelles sont encore abondantes dans l’est de la Mandchourie, qui bénéficie des flux de la mousson d’été. Elles sont supérieures à 1 000 mm et atteignent 2 500 mm sur les montagnes du Jilin. Elles diminuent rapidement vers l’ouest (environ 300 mm à l’ouest du Grand Hinggan, sur les marges du désert de Gobi).
La Chine du Nord-Ouest et les marges mongoles (Mongolie-Intérieure) connaissent un climat continental désertique. La moyenne des températures de janvier est partout inférieure à - 10 °C, à l’exception du bassin du Tarim. Les températures moyennes du mois de juillet dépassent en général 20 °C. Elles sont supérieures à 30 °C dans la dépression de Turfan, véritable fournaise en été. Il tombe moins de 250 mm de pluie par an et beaucoup de régions reçoivent moins de 100 mm.
Le plateau tibétain connaît, en raison de l’altitude, un climat montagnard à caractère fortement aride, coupé des pluies de la mousson d’été par la barrière himalayenne. Les températures de juillet restent inférieures à 15 °C. L’air est clair et sec pendant toute l’année et le total annuel des précipitations n’atteint presque jamais 100 mm, à l’exception de l’extrême Sud-Est himalayen (plus de 4 000 mm) et de la haute vallée du Brahmapoutre, directement exposés aux flux de mousson.
| 4. | Végétation et faune |
| 4.1. | Végétation |
La Chine compte plus de 7 000 espèces de plantes ligneuses dont 2 800 arbres de futaie. En raison de l’étendue du pays et de la diversité des domaines bioclimatiques, la couverture végétale est très variée. Cependant, des siècles de défrichage et de cultures intensives ont partiellement transformé la végétation naturelle. Aujourd’hui, les couvertures végétales dominantes sont les forêts de conifères ou de feuillus, la prairie (de plaine ou d’altitude) et la steppe.
Après des siècles de défrichage, le manteau forestier ne couvre plus que 1 972 900 km², soit 21,2 p. 100 du territoire. Les forêts denses tropicales se localisent au sud de la vallée du Xi jiang et le long de la frontière indienne, entre le Bhoutan et la Birmanie. Elles sont constituées principalement d’essences sempervirentes à larges feuilles, d’une hauteur dépassant parfois 50 m, mélangées à des palmiers. Une vaste zone de végétation subtropicale s’étend, au nord, jusqu’à la vallée du Yang-tseu-kiang et, à l’ouest, jusqu’au plateau tibétain. Cette zone est particulièrement riche sur le plan botanique : chêne vert, ginkgo, épicéa, pin du Yunnan, teck, palissandre, santal rouge, camphrier, ébénier, azalée, camélia, etc. On y trouve également des forêts de lauriers et de magnolias, avec une sous-végétation dense de buissons et de bambous. En altitude dominent les conifères et les plantes de montagne.
La majeure partie de la Grande Plaine du Nord et des hauts plateaux lœssiques était jadis recouverte de forêts d’arbres à feuilles caduques, dont il reste aujourd’hui diverses espèces de chênes, de frênes, d’ormes et d’érables.
Les réserves forestières les plus importantes se trouvent dans le nord-est de la Chine, en Mandchourie, et plus précisément sur les versants des Grand et Petit Hinggan. Ces massifs, ainsi qu’une partie de la plaine mandchoue, sont le domaine de la taïga, vaste forêt de conifères (mélèze, sapin rouge, etc.), comprenant également quelques espèces d’arbres feuillus (bouleau blanc, tilleul, chêne, peuplier, orme, etc.).
Les prairies couvrent environ 400 000 km2 (4,1 p. 100 du territoire). Elles forment une diagonale de plus de 3 000 km depuis le nord-est (Heilongjiang) jusqu’au sud-ouest (Tibet), incluant une partie de la Mongolie-Intérieure. La plupart sont situées en altitude.
Une steppe à graminées s’étend sur les plateaux du Shaanxi, du Ningxia et de l’Ordos, et dans le Qinghai. Des aires de végétation steppique et xérophyte existent également dans le Xinjiang et en Mongolie-Intérieure. Cette végétation naturelle a été en partie anéantie par les troupeaux (mouton, cheval, etc.) et par l’érosion des sols.
Depuis 1949, 15 000 km2 de forêts ont disparu chaque année, en raison notamment d’une démographie galopante et de constructions mal maîtrisées. Les autorités chinoises ont dû intervenir, car le manteau végétal n’assurait plus un bon drainage de l’eau. Mais la Chine reste toujours confrontée au grave problème de la déforestation (environ 10 000 km2 par an). Dans le sud, les forêts sont attaquées par des pluies acides issues de la pollution industrielle, responsables de la destruction de plusieurs milliers d’hectares de forêts de pins. Les conséquences sont multiples. L’érosion des sols (lessivage, surpâturage, déboisement), qui touche depuis 1949 près de 1 500 000 km2, s’accentue, de même que la désertification. Les déserts, qui couvrent une superficie de 1 300 000 km2, progressent d’environ 2 000 km2 chaque année (provinces du Gansu et du Shaanxi). En hiver, Pékin est régulièrement exposée à des tempêtes de sable.
Une politique de reboisement s’est donc imposée dès le début des années 1980. Des plantations massives d’arbres ont été effectuées dans des régions marécageuses et dans des plaines. Pour enrayer la progression du désert, un vaste programme appelé « Grande Muraille verte » a été lancé en 1978. Il visait à planter des « coupe-vent » (plantes xérophiles) sur 7 000 km de long, depuis le Xinjiang, au nord-ouest, jusqu’au Grand Hinggan, au nord-est. Environ 100 000 km2 ont ainsi été plantés d’arbres, le plus souvent en vain, faute d’entretien.
| 4.2. | Faune |
La diversité climatique et végétale explique la présence d’une faune très variée, allant des espèces sibériennes de Mandchourie jusqu’aux espèces tropicales de Chine méridionale. Le pays abonde en espèces sauvages. On en compte 1 103 pour les oiseaux, 400 pour les mammifères, 290 pour les amphibiens et 340 pour les reptiles. Certaines d’entre elles ne subsistent qu’en Chine : spatule du Yang-tseu-kiang (Psephurus gladius), alligator du Yang-tseu-kiang, takin, salamandre, hydropote (que l’on trouve également dans la péninsule coréenne), sans oublier le fameux panda géant, emblème du pays, qui vit dans les montagnes situées aux confins du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi.
Le sud tropical est la zone d’habitat naturel de nombreux primates, tels que le gibbon et le macaque. Les grands prédateurs, comme l’ours, le tigre et le léopard survivent dans les régions périphériques isolées. Plusieurs espèces de panthères se répartissent entre la Mandchourie septentrionale, le Tibet (panthère des neiges) et l’extrême sud (panthère longibande). En revanche, les petits carnivores comme le renard, le loup, le chien viverrin et la civette abondent partout. L’antilope, la gazelle, le chamois, le cheval sauvage, le cerf et les autres ongulés peuplent les hautes terres et les bassins de l’ouest, tandis que l’élan habite le nord de la Mandchourie. Il faut signaler l’importance de certains animaux semi-domestiques comme le buffle d’eau, dont le rôle d’animal de trait est important dans le sud ; le chameau, utilisé dans les régions arides du nord et de l’ouest ; le yack, utilisé sur les hauts plateaux du Tibet.
À signaler enfin l’existence de près de 3 milliards de rats, qui transmettent une fièvre hémorragique, et la présence du paludisme dans les plaines marécageuses, maladie véhiculée par un moustique, l’anophèle.
En 1994, afin de protéger la faune et les espèces menacées, comme le panda, la Chine a créé 763 réserves naturelles réparties sur l’ensemble du pays et couvrant 661 800 km2 (6,9 p. 100 du territoire). Dix d’entre elles sont rattachées au réseau mondial de la protection de l’Homme et des êtres vivants. Six autres figurent parmi les grandes zones marécageuses de la planète, propices aux palmipèdes et échassiers.
| 3. | Population et société |
| 1. | Démographie |
Depuis la proclamation de la République populaire, le pays a connu trois recensements de population : il y avait ainsi 582,6 millions d’habitants en 1953, 1 milliard en 1982 et 1,15 milliards d'habitants en 1990.
En 2007, le pays, avec une population estimée à 1,32 milliards d'habitants (environ 21 p. 100 de la population mondiale), est le plus peuplé de la planète. Depuis le début des années 1970, les autorités chinoises ont lancé une politique de contrôle des naissances, avec pour objectif une stabilisation de la population à 1,2 milliard d’habitants en l’an 2000. Depuis le recensement de 1982, le taux de croissance de la population a ainsi connu une diminution spectaculaire.
| 1.1. | La croissance démographique |
La Chine a connu, dans la seconde moitié du xxe siècle, une transition démographique accélérée. La première phase, amorcée au début des années 1950, s’est traduite par une explosion démographique. Entre les recensements de 1953 et de 1990, la population a doublé (+ 615 millions habitants), malgré la crise démographique dite des « années noires » (1959-1961), ayant provoqué un déficit de naissances évalué à 60 millions d’individus. L’indice synthétique de fécondité était alors entre 5 et 6 enfants par femme (5,8 en 1970).
L’entrée dans la deuxième phase de la transition démographique, marquée en Chine par une baisse rapide de la fécondité, s’est amorcée vers la fin des années 1970. L’indice de fécondité est tombé à 3,26 entre 1975 et 1980 puis à 2,4 entre 1985 et 1990. Il s’élevait, en 2007, à 1,75 enfant par femme.
Le taux d’accroissement naturel, de l’ordre de 2 à 3 p. 100 par an durant la première phase de la transition démographique (2,6 p. 100 en 1969), est retombé à 1,1 p. 100 par an entre 1990 et 1995. Il est estimé à 1,02 p. 100 pour la période 1995-2000. Le taux de natalité est passé de 45 p. 1 000 en 1953 à 21 p. 1 000 en 1990, pour atteindre 13,40 p. 1 000 en 2007. Dans le même temps, le taux de mortalité serait tombé de 22,5 p. 1 000 à 7 p. 1 000. Cette faible mortalité s’explique par la jeunesse actuelle de la population. En 2007, 25,8 p. 100 de la population chinoise avaient moins de 15 ans, 67,6 p. 100 entre 15 et 65 ans et 7,9 p. 100 (2007), seulement, plus de 65 ans. La population est masculine à 51,48 p. 100.
Grâce aux progrès de la médecine et au développement des soins (0,94 médecin pour 1 000 Chinois contre 0,71 en 1975), notamment en milieu rural (« médecins aux pieds nus »), l’espérance de vie à la naissance, de l’ordre de 35-40 ans au début des années 1950, a fortement augmenté et atteint désormais 72,9 ans (2007). Ce phénomène, conjugué au régime de basse natalité, devrait entraîner un vieillissement progressif de la population, sans doute l’un des grands problèmes auxquels sera confrontée la Chine du xxie siècle. Les inégalités sont toutefois très fortes selon les provinces (jusqu’à 12 ans d’écart).
| 1.2. | Le contrôle des naissances |
Le très net ralentissement de la croissance démographique est le résultat de la politique de limitation des naissances développée par les autorités chinoises à partir du début des années 1970. Celle-ci prit une tournure fortement incitative et contraignante en 1979 avec la politique de l’« enfant unique ». En septembre 1982, la direction du Parti communiste chinois annonça que la nation devait limiter sa population à 1,2 milliard d’habitants pour la fin du siècle, et que cet objectif nécessitait une intensification des efforts de contrôle démographique. Ce chiffre, déjà dépassé en 1994, a dû être révisé à la hausse et il apparaît que la population chinoise ne devrait réellement se stabiliser qu’aux alentours de 2050.
Les politiques antinatalistes s’accompagnèrent d’un renforcement continu des services de santé publique, chargés de l’information sur le contrôle des naissances et de la distribution gratuite ou à faible prix de moyens contraceptifs. En 1984, on estimait à 24 millions le nombre de couples s’étant engagés à ne pas avoir plus d’un enfant. La limitation de la natalité est aujourd’hui entrée dans les mœurs. La contraception est largement diffusée : près de 90 p. 100 des femmes mariées en âge de fécondité y ont désormais recours. L’élévation de l’âge du mariage (22-23 ans, l’âge légal étant de 20 ans) et la légalisation de l’avortement ont également joué un rôle important dans la baisse de la fécondité.
Toutefois, la politique de l’enfant unique se heurte à de nombreuses résistances, notamment dans les campagnes où l’immense majorité des Chinois restent pauvres et peu informés. De fortes pressions sociales s’exercent sur les femmes ayant déjà au moins un enfant pour qu’elles interrompent leur grossesse. Un des effets de la libéralisation des mœurs et de l’évolution économique de la Chine est l’augmentation du nombre de divorces ; le taux de divorces est passé de 0,35 en 1980 à 1,5 p. 100 en 1995.
| 1.3. | La répartition de la population |
La densité moyenne atteint 142 habitants au km², mais elle masque de très fortes disparités régionales. La répartition de la population montre en effet une opposition majeure entre la Chine de l’Ouest, où la densité moyenne n’excède pas 10 habitants au km² (Tibet : 1,8) et la côte orientale, du Liaoning au Zhejiang, très densément peuplée, avec plus de 360 habitants au km² (près de 2 200 à Shanghai). Ainsi, 43 p. 100 des habitants vivent sur 18 p. 100 de la superficie totale du pays. Il s’agit des régions côtières orientales où se concentrent les richesses, les grandes villes et les grandes plaines agricoles : Hebei avec Pékin et Tianjin ; Fujian ; Guangdong ; Hainan ; Heilongjiang ; Jiangsu avec Shanghai ; Jilin ; Shandong ; Zhejiang ; Liaoning avec Shenyang. Environ 44 p. 100 de la population occupent les provinces du centre de la Chine (Anhui, Guizhou, Hubei, Henan, Hunan, Jiangxi, Shaanxi, Shanxi, Sichuan) qui représentent 20,6 p. 100 du territoire. Enfin, 13 p. 100 seulement résident en Chine occidentale et sur les marges mongoles (Gansu, Guangxi, Mongolie-Intérieure, Ningxia, Qinghai, Tibet, Xinjiang, Yunnan) qui couvrent 61,4 p. 100 du pays.
La population chinoise, encore fortement rurale (59 p. 100), reste donc essentiellement concentrée dans les 19 provinces historiques de la Chine. L’entassement humain de la Grande Plaine du Nord et du bas Yang-tseu-kiang, massivement peuplés par les Han, contraste singulièrement avec les rares îlots de peuplement de la Chine de l’Ouest (oasis, haute vallée du Brahmapoutre). Ce déséquilibre est l’expression du modèle de peuplement et d’occupation de l’espace développé par les Chinois (Han), pour lesquels on peut parler de civilisation agricole de plaine, reposant sur la riziculture intensive. À l’inverse, la Chine occidentale et, d’une manière plus générale, les montagnes sont longtemps restées le domaine des nombreuses minorités que compte le pays. La politique de colonisation de fronts pionniers, développée depuis 1949 dans les provinces les plus reculées (Heilongjiang, Xinjiang, Mongolie-Intérieure, Qinghai, Tibet), n’a guère modifié les déséquilibres existants.
Enfin, la Chine est, depuis très longtemps, un pays d’émigration. On estime à 50 millions le nombre de Chinois, appelés Huaqiao, ayant émigré à l’étranger dont 2,57 millions en Amérique du Nord, 0,59 million en Europe et 0,16 million en Océanie. L’essentiel de cette émigration concerne en fait l’Asie, et principalement Taïwan (21 millions), l’Indonésie (6,15 millions), la Thaïlande (4,8 millions), la Malaisie (4,1 millions), Singapour (1,85 million), et, jusqu’à un passé très récent, Hong Kong (5,7 millions) et Macao (0,27 million).
| 1.4. | Composition ethnique de la population |
La Chine est une « République socialiste unitaire et multinationale ». Dans cet État pluriethnique, les Han constituent l’immense majorité de la population (92 p. 100 en 1990), les 8 p. 100 restants regroupant 55 minorités ethno-linguistiques.
Les Han se caractérisent davantage par une culture et une civilisation commune, principalement agricole, que par des traits physiques communs. La majorité d’entre eux vit dans les bassins des cours moyens et inférieurs du Huang He, du Yang-tseu-kiang et du Zhu jiang et dans la plaine du Nord-Est (Mandchourie). Un certain nombre se sont récemment implantés dans les provinces périphériques, dans le cadre de la colonisation des zones pionnières. Il s’agissait, pour la plupart, de migrations forcées.
Les Han constituent aujourd’hui la majorité de la population dans 28 provinces sur 30, à l’exception du Xinjiang et du Tibet. En Mongolie-Intérieure par exemple, ils représentent 84,5 p. 100 de la population. En 1949, les Han représentaient à peine 5,5 p. 100 de la population du Xinjiang. Aujourd’hui, ils en constituent 38 p. 100.
En dépit de leur faible poids démographique, de leur diversité ethnique et de leur dispersion spatiale, les minorités revêtent une importance géopolitique certaine, dans la mesure où elles occupent plus de 60 p. 100 du territoire et où certaines aires d’habitat constituent des zones particulièrement sensibles. Dix-huit de ces peuples comptent plus de 1 million d’individus. D’autres, au contraire, n’en comptent que quelques centaines, comme les Luobas. L’ensemble se répartit en cinq groupes : Altaïque (Ouïgours, Mandchous, Mongols, Coréens, Kazakhs), Hui (Huis), Sino-Thaï (Zhuangs, Buyis, Dongs, Lis, Dais), Tibéto-Birman (Yis, Tibétains, Bais, Hanis, Lisus) et Miao-Yao (Miaos, Tujias, Yaos). Bien que partout présentes, les minorités se localisent principalement dans les régions périphériques frontalières du Nord-Est, du Nord, du Nord-Ouest, de l’Ouest, ainsi que dans les provinces du Sud.
Les Zhuangs (15,49 millions en 1990) vivent à 92 p. 100 dans la région autonome du Guangxi. Une grande partie d’entre eux sont fortement assimilés. Les 8,6 millions de Huis, ou musulmans chinois, sont regroupés dans la région autonome Hui du Ningxia, au Gansu et au Qinghai. Les Ouïgours (environ 7,2 millions), turcophones, peuplent la région autonome du Xinjiang, dont ils constituent la moitié de la population. Les Yis (environ 6,5 millions) sont largement sinisés et vivent surtout au Sichuan, au Yunnan et au Guangxi. Les 7,4 millions de Miaos peuplent le Guizhou, le Hunan et le Yunnan. Les Tujias (5,7 millions) vivent principalement dans le Hubei, le Hunan et le Sichuan. Les Tibétains (près de 6 millions) vivent dans la région autonome du Tibet, au Sichuan et au Qinghai. Enfin, 4,8 millions de Mongols se partagent un espace qui comprend la Mongolie-Intérieure, le Gansu et le Xinjiang.
Parmi les autres minorités figurent les Coréens (environ 2 millions) du Jilin, les Mandchous (9,8 millions) du Liaoning et du Heilongjiang, fortement assimilés, ou encore les Buyis (2,5 millions) du Guizhou. Le Xinjiang regroupe une douzaine d’ethnies, pour la plupart d’origine turque et de religion musulmane (Ouïgours, Kazakhs, Kirghiz, Ouzbeks, Tatars). Quant à la Chine du Sud-Est, elle est une véritable mosaïque ethnique. Elle abrite de nombreux peuples (Thaï, Miao, Yao, Lisu, Hani, Bai, Yi, etc.), refoulés au fil des siècles par les Han lors de leur progression vers le sud, et qui se sont réfugiés, pour la plupart, dans les montagnes méridionales (Yunnan, Sichuan, Hunan, Guangxi) délaissées par les Chinois, voire au-delà des frontières actuelles.
Jusqu’en 1964, la croissance démographique des minorités était inférieure à celle des Han. Mais cette tendance s’est inversée entre 1964 et 1990 (+ 10,8 p. 100 pour les Han, + 35,5 p. 100 pour les minorités). Ce phénomène s’explique à la fois par le réveil identitaire des peuples minoritaires et par la possibilité qui leur est généralement donnée d’avoir une fécondité plus élevée que dans les provinces orientales, de l’ordre de 2 ou 3 enfants par femme. Ainsi, les Mandchous ont connu un taux de croissance de 128,2 p. 100 entre 1982 et 1990. On peut citer, comme autres exemples, les Tujias (+ 101,2 p. 100), les Ouïgours (+ 21 p. 100) ou encore les Miaos (+ 46,9 p. 100). Les minorités, qui totalisaient 67 millions d’individus au recensement de 1982, en comptaient 91,2 millions en 1990.
Sur le plan administratif, les groupes minoritaires sont répartis entre diverses circonscriptions où ils bénéficient, en principe, d’une certaine autonomie. En réalité, et malgré une loi promulguée en 1984, cette relative indépendance est souvent régentée par le pouvoir han. Pékin tente, en effet, d’unifier le pays en encourageant ou en forçant la sinisation des régions périphériques peuplées par les minorités ethniques.
Mais l’immigration chinoise et la politique de sinisation sont fortement contestées parmi certaines minorités, notamment dans les régions autonomes du Tibet et du Xinjiang, ou dans la province du Qinghai.
De sérieuses avancées ont toutefois été enregistrées depuis la prise en compte de la réalité minoritaire. Depuis 1949, ce problème a suivi les méandres de l’histoire, passant d’une sinisation rapide et répressive, notamment pendant la Révolution culturelle, à une assimilation plus souple. Cette dernière, fixée à long terme, privilégie le développement économique et culturel (Mongolie-Intérieure, Xinjiang). Mais la disparité des richesses et le joug pénible de Pékin insupportent de plus en plus certains peuples, tels que les Ouïgours qui n’ont pas hésité à prendre les armes en 1996. Pour l’instant, et malgré d’importants programmes d’aide et de financement, notamment en ce qui concerne l’alphabétisation, les territoires autonomes échappent au progrès dont bénéficie la Chine. L’écart socio-économique entre l’Est, prospère et dynamique, et l’Ouest, démuni et isolé, tend à s’accentuer.
L’intégration brutale n’a pas pour autant disparu. Le Tibet en est l’illustration la plus frappante. En 1950, ce pays, alors souverain et indépendant, fut envahi par l’armée chinoise. En 1959, l’ONU désapprouva officiellement cette invasion et enjoignit à la Chine de respecter les droits du Tibet. Mais cette nation allait voir son économie dévastée pendant le Grand Bond en avant, et sa croyance — le bouddhisme lamaïque — combattue de manière systématique et meurtrière. Les émeutes tibétaines de 1987 furent réprimées dans le sang.
Aujourd’hui, près de 1 million de Tibétains sont morts. Les 6 millions restants côtoient près de 7 millions de Chinois Hans, contre 2 millions en 1989, et sont désormais obligés de parler le mandarin et non le tibétain. Ils font l’objet de multiples persécutions. Enfin, Pékin utilise les montagnes du Tibet pour y stocker ses déchets nucléaires et se livre à une déforestation massive de l’Himalaya. Plusieurs centaines de milliers de Tibétains se sont réfugiés à l’étranger, surtout en Inde, à l’image du dalaï-lama, chef spirituel, partisan de la non-violence et prix Nobel de la paix en 1989. Des protestations croissantes s’élèvent à travers le monde, mais aussi parmi les Chinois Han. Ainsi, le 13 juillet 1995, l’occupation chinoise du Tibet a été déclarée illégale par le Parlement européen.
Si les Tibétains pratiquent une résistance non violente, les minorités musulmanes du Xinjiang, traditionnellement rebelles à l’autorité de Pékin, manifestent une opposition plus radicale. Les actions terroristes se multiplient depuis le milieu des années 1990. Les 5 et 6 février 1997, de très violentes émeutes indépendantistes provoquant environ 70 morts et 140 blessés, à Yining, ont à nouveau embrasé la minorité ouïgoure. Elles furent sévèrement réprimées par des arrestations massives, suivies d’exécutions sommaires. Depuis, plusieurs attentats meurtriers attribués aux séparatistes ouïgours ont ensanglanté le Xinjiang et certaines villes chinoises.
| 2. | Découpage administratif et villes principales |
| 2.1. | Découpage administratif |
L’administration locale chinoise s’articule autour de trois grands échelons. Le premier, immédiatement en dessous du gouvernement central, comprend 22 provinces (Shaanxi, Gansu, Qinghai, Hebei, Shanxi, Liaoning, Jilin, Heilongjiang, Shandong, Jiangsu, Zhejiang, Anhui, Jiangxi, Fujian, Henan, Hubei, Hunan, Guangdong, Sichuan, Guizhou, Yunnan et Hainan), ainsi que Taïwan, revendiquée comme 23e province, 5 régions autonomes (Mongolie-Intérieure, Guangxi, Tibet, Ningxia, Xinjiang), établies entre 1947 et 1965, et 4 municipalités directement subordonnées à l’autorité centrale : Pékin (Beijing), Shanghai, Tianjin et Chongging. Quant au territoire de Hong Kong, il est doté, depuis son retour à la Chine (1er juillet 1997), d’un statut de région administrative spéciale. Le deuxième échelon comprend des préfectures (appelées parfois départements), des districts et des municipalités. Le troisième est celui des cantons et des bourgs.
| 2.2. | Villes principales |
Malgré une forte croissance urbaine depuis la fin des années 1970, la Chine reste un pays encore faiblement urbanisé (taux d’urbanisation : 41 p. 100 en 2005 contre 22,5 p. 100 en 1985 et seulement 17,3 p. 100 en 1975). Pendant longtemps en effet, le gouvernement chinois a souhaité limiter le développement des villes en fixant les populations dans les campagnes.
L’exode rural spontané fut interdit à partir des années 1950 en raison du manque d’emplois productifs disponibles en ville. Mao Zedong estimait, en outre, que la distinction de classes entre citadins et ruraux constituait l’une des causes majeures de l’inégalité sociale en Chine. Au cours des années 1960-1970, le gouvernement envoya un grand nombre de jeunes citadins instruits dans les campagnes afin, notamment, de réduire l’attrait exercé par la ville sur les masses paysannes. Ces mesures, qui ont donné lieu à des déportations massives de population (près de 30 millions de personnes), furent réduites après la mort de Mao en 1976, avant d’être abandonnées en 1978. Depuis, l’exode rural a repris de plus belle. Cependant, et malgré une industrialisation rapide, la Chine reste une nation agricole et rurale (59 p. 100 de la population).
En 1995, 40 villes chinoises avaient une population de plus de 1 million d’habitants. La plupart sont d’importants centres industriels et commerciaux. Shanghai, qui comptait une agglomération de 12,8 millions d'habitants en 2003, est la plus grande ville du pays, le premier port de Chine et la sixième métropole la plus peuplée du monde. Pékin, capitale politique du pays, est, avec son agglomération de 10,8 millions d'habitants (2003), la deuxième ville de Chine et la huitième métropole du monde. Viennent ensuite, toujours avec leur agglomération, Tianjin (9,27 millions d'habitants en 2003), avant-port de Pékin, au confluent de la Huai et du Grand Canal ; Shenyang (4,88 millions d'habitants en 2003) ; Wuhan (5,65 millions d'habitants en 2003), port fluvial au confluent du Han shui et du Yang-tseu-kiang ; Canton (3,89 millions d'habitants en 2003), grand port maritime situé à l’embouchure du Zhu Jiang ; Chongqing (4,85 millions d'habitants en 2003) ; Chengdu (3,40 millions d'habitants en 2003) ; Xi'an (3,20 millions d’habitants en 2003) ; Jinan (2,62 millions d'habitants) ; Changchun (3,01 millions d'habitants en 2003) ; Nankin (2,78 millions d'habitants en 2003).
| 3. | Institutions et vie politique |
Le régime chinois est une démocratie populaire à parti unique et d’inspiration marxiste-léniniste. L’avènement de la République populaire en 1949 a introduit un changement profond dans les institutions. Depuis, le pays a élaboré quatre Constitutions. La première (1954), calquée sur la Constitution de l’URSS de 1936, fut la plus stalinienne et la plus totalitaire. Deux autres lui succédèrent en 1975 et 1978. En 1982, une nouvelle Constitution fut acceptée, plus conforme aux nouvelles orientations du régime, et comportant 138 articles répartis en 4 chapitres. Néanmoins, son préambule indique que le régime politique de la Chine reste une dictature du prolétariat conduite par le Parti communiste et reposant sur un front uni pouvant inclure des partis démocratiques.
| 3.1. | Pouvoir exécutif |
Le président de la République remplit une fonction purement symbolique. Mais, en théorie, il peut légiférer, nommer ou renvoyer de hauts fonctionnaires, ratifier ou contester des accords passés avec des pays étrangers. Il est assisté d’un vice-président et est élu pour cinq ans par l’Assemblée nationale populaire (ANP).
Le pouvoir exécutif est entre les mains du Conseil des affaires d’État, c’est-à-dire la plus haute autorité du gouvernement. Ce Conseil régit différents ministères et commissions. Il est responsable devant l’ANP et son Comité permanent, dont il applique les lois et les résolutions. Il prend des mesures administratives, élabore des lois et des règlements, et émet des ordonnances. Il est dirigé par le Premier ministre et se compose des vice-Premiers ministres, des ministres, des présidents de commissions, du président de la commission des Comptes et d’un secrétaire général.
Le commandement des affaires militaires nationales relève de la Commission militaire centrale.
Généralement, les charges les plus importantes dans la conduite des affaires politiques sont les postes de Premier ministre et de secrétaire général du Parti. Mais l’autorité qui leur est conférée dépend largement des personnalités qui les occupent. Au début des années 1990, le personnage le plus puissant du gouvernement a été Deng Xiaoping, qui, bien que ne détenant plus aucun poste officiel depuis 1989, est resté l’arbitre du régime jusqu’à sa mort en février 1997.
| 3.2. | Pouvoir législatif |
Le pouvoir législatif est détenu par l’Assemblée nationale populaire (ANP). Ses membres (2 985 dans la Xe Assemblée entrée en fonction en mars 2003) sont élus pour cinq ans au suffrage indirect par les provinces, les municipalités, les régions autonomes, les régions administratives spéciales et l’armée.
L’ANP vote les lois, amende la Constitution, approuve le budget national et les plans économiques. Elle a également le pouvoir de nommer et de révoquer les membres du Conseil des affaires d’État et de la Commission militaire centrale, le président de la Cour populaire suprême et le procureur du Parquet populaire suprême.
Dans la réalité, l’ANP dispose de peu de pouvoir effectif. En raison de sa taille, elle ne se réunit qu’une fois par an pour régler les affaires importantes. Durant l’intersession, un Comité permanent, élu par les députés et dans lequel figurent également le président et les vice-présidents de l’Assemblée, la remplace, la représente et peut ratifier ou abroger des traités passés avec des gouvernements étrangers.
| 3.3. | Pouvoir judiciaire |
La tradition judiciaire chinoise est fondamentalement différente de celle des nations occidentales. Le droit a toujours eu pour fonction de défendre l’ordre public et non de garantir les droits de l’individu. Néanmoins, depuis la Constitution de 1978, la Chine a commencé à aligner ses institutions judiciaires sur les modèles occidentaux. La Constitution de 1982 garantit désormais un droit de défense juridique et les libertés de chacun. Interrompues depuis des années, les professions d’avocat et de notaire connaissent de ce fait un nouvel essor, même si leur rôle est encore mal accepté.
Le système judiciaire chinois est articulé autour de trois éléments : les tribunaux, la Sécurité publique (police) et le parquet.
L’organe supérieur est la Cour populaire suprême, qui veille à l’observation de la Constitution et juge en dernier ressort. Elle est chargée de contrôler les tribunaux populaires locaux ou spéciaux et le tribunal militaire. Elle est responsable devant l’ANP et son Comité permanent.
Les tribunaux populaires sont les organes judiciaires locaux. Ils figurent dans les provinces, les régions autonomes, les municipalités et se répartissent en trois échelons : district, préfecture et province. Les procès y sont publics, sauf ceux concernant les secrets d’État ou les mineurs.
Les parquets populaires sont des instances indépendantes. Ils se chargent du contrôle juridique et fonctionnent parallèlement aux tribunaux populaires. Le Parquet populaire suprême est dirigé par un procureur général. Le domaine d’intervention des parquets est la sécurité du territoire et les affaires criminelles. Les parquets populaires veillent également à l’application scrupuleuse de la loi au sein des tribunaux populaires ou encore aux conditions pénitentiaires et au respect des procédures de la Sécurité publique.
La Sécurité publique, omnipotente sous Mao Zedong, a vu ses pouvoirs discrétionnaires limités. Néanmoins, la détention administrative dans les laogai, les camps de rééducation par le travail (sans jugement et en principe limitée à quatre ans), et dans les maisons de détention (réservées à l’exécution des peines de courte durée) sont toujours sous son contrôle, ce qui lui permet d’arrêter tout suspect sans aucune procédure judiciaire.
| 3.4. | Gouvernement local |
En Chine, le système politique repose, à la base, sur les structures locales présentes dans l’ensemble des circonscriptions à l’échelon des provinces, des régions autonomes, des municipalités, des districts et des cantons. Leurs membres sont élus par la population.
Les assemblées populaires locales sont les ramifications de l’ANP. Au-dessus de l’échelon du district, elles peuvent instituer des comités permanents. Aux échelons les plus hauts (provinces, régions autonomes, municipalités), elles ont le droit de statuer sur des affaires importantes et de procéder à des règlements.
Les gouvernements populaires locaux sont placés sous la tutelle du Conseil des affaires d’État. Ils ont pour tâche de contrôler le travail administratif de leur territoire. Chacun doit rendre compte de ses résultats à l’assemblée populaire de même échelon, et à l’organe administratif de l’État qui lui est immédiatement supérieur.
| 3.5. | Partis politiques |
Même si le préambule de la Constitution ne fait plus référence au rôle dirigeant du Parti communiste, celui-ci le conserve de fait, l’imbrication de l’appareil d’État et de l’appareil du Parti s’observant encore à tous les échelons.
Le Parti communiste chinois (PCC) compte plus de 58 millions d’adhérents (1997). Le Congrès national est l’organe suprême du Parti. Le Comité central, élu par le Congrès national, désigne le Bureau politique et son comité permanent qui détiennent le contrôle réel de l’appareil, ainsi que le secrétaire général du Parti.
Il existe également huit autres formations politiques appelées « partis démocratiques », et contrôlées par le PCC. D’autres structures, dites groupements sociaux, participent à la vie du pays. Parmi eux figurent la Fédération des syndicats de Chine (1925) et la Fédération nationale des femmes de Chine (1949), chargée de protéger les droits et les intérêts des Chinoises, renforcés par une loi adoptée en 1992. Le seul groupe ayant un véritable poids politique est cependant la Ligue de la jeunesse communiste (1922), laquelle, en rassemblant quelque 57 millions de jeunes, joue un rôle déterminant dans la préparation à leur adhésion future au PCC.
| 3.6. | Défense nationale |
La Constitution de 1982 confère le commandement des forces armées à la Commission militaire centrale. Les forces militaires du pays sont constituées par l’Armée populaire de libération (APL), dont l’appellation date de 1946, ainsi que par la police armée et la milice populaire.
L’APL comporte trois armées composées de militaires de carrière et d’appelés (service de trente-six à quarante-huit mois). Avec 2 millions d’hommes et 1,2 million de réservistes en 2004, elle est numériquement la première armée du monde. La marine compte 255 000 hommes et 972 bâtiments de toutes tailles, dont 50 sous-marins. L’armée de l’air représente 400 000 hommes et 4 970 chasseurs. L’armée de terre comprend 2 millions d’hommes, 14 500 pièces d’artillerie et près de 8 000 chars de combat. La Chine possède également l’arme nucléaire.
Aux moments les plus chaotiques de la Grande Révolution culturelle prolétarienne, l’APL demeura la seule force organisée et fut utilisée pour mettre fin au mouvement. C’est également elle qui fut chargée de réprimer le mouvement démocratique de juin 1989 à Pékin. Elle constitue toujours une institution déterminante et les gouvernants restent en permanence sensibles à ses réactions. En 2003, le budget de la Défense représentait 3,9 p. 100 du produit intérieur brut (PIB) contre 7,9 p. 100 en 1985. Bien que ses effectifs aient baissé de 1 million d’hommes en dix ans, l’APL possède un pouvoir économique conséquent (25 millions de salariés, 50 000 usines, hôtels, hôpitaux, etc.). Son bénéfice annuel serait de 5 à 10 milliards de dollars. Cet empire financier lui permet de peser lourdement dans le jeu politique de la Chine.
| 4. | Langues et religions |
| 4.1. | Langues |
Les Chinois possèdent une écriture depuis plus de trois mille ans, et bien qu’il existe plus d’une douzaine de dialectes, les caractères restent les mêmes partout en Chine. Cette unité scripturale a joué un rôle déterminant dans l’unité historique du peuple chinois depuis la dynastie Shang (xvie-xive siècle av. J.-C.).
La langue officielle est le putonghua (« langue commune »), appelée plus communément chinois mandarin en Occident, et qui est en fait la langue parlée en Chine du Nord. Le chinois est la langue la plus parlée au monde avant l’anglais et l’espagnol. Appartenant à la famille linguistique sino-tibétaine, la langue chinoise possède de nombreuses variantes orales, notamment dans le Sud où l’on parle fréquemment le chinois cantonais. En 1955, elle fut déclarée langue commune à la Conférence nationale pour la réforme de la langue écrite. Elle comprend, selon le niveau de langage, de 10 000 à 50 000 caractères, dont 6 000 sont utilisés couramment et dont 2 400 servent uniquement dans la vie quotidienne. On a cherché à simplifier l’écriture afin de lutter contre l’analphabétisme (fixé à moins de 500 caractères). C’est pourquoi certains caractères présentent aujourd’hui moins de traits, ou sont plus proches d’une écriture cursive. Les principaux autres dialectes chinois sont le wu, le xiang, le yue, le min, le kejia ou encore le gan.
En 1977, la République populaire demanda officiellement aux Nations unies d’utiliser le système de romanisation hanyu pinyin (littéralement « transcription phonétique du chinois ») pour les noms de lieux. Ce système, créé à la fin des années 1950, a été modifié à plusieurs reprises.
Environ 100 millions de Chinois pratiquent les 55 langues des minorités nationales (miao-tseu, tibétain, thaï, lolo, mongol, etc.). Le gouvernement chinois a encouragé le développement des formes écrites de ces langues à l’aide du pinyin. Le mandarin est néanmoins enseigné dans les écoles, généralement comme deuxième langue, et sa connaissance est exigée dans toute la Chine.
| 4.2. | Religions |
La Chine compte plus de 100 millions de croyants. Il n’y a pas à proprement parler de religion officielle, mais trois « voies spirituelles » dominent pourtant : le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme (voir religions chinoises).
Le confucianisme, discipline morale née au vie siècle av. J.-C., fut vilipendé par Mao Zedong en 1973. Il a, depuis, retrouvé une place dans la pensée chinoise.
Le taoïsme a pris racine dans la population han vers le iie siècle. L’ermitage des Nuages blancs (Pékin), le palais Qingyang (Chengdu), le palais Taiqong (Shenyang) en sont les temples les plus célèbres.
C’est aujourd’hui le bouddhisme, introduit au ier siècle, qui exerce la plus forte influence en Chine. Le bouddhisme dit Hinayana (ou « Petit Véhicule ») est pratiqué par certaines minorités (Dais, Bulangs, De’angs, etc.). Les plus célèbres sanctuaires sont le temple du Cheval blanc (Luoyang), Lingyin (Hangzhou), Shaolin (Henan) et le monastère de la Grande Bienfaisance (Xi'an). Le bouddhisme lamaïque (Tibétains, Mongols, Luobas, Menbas, Tus, Yugurs) est pratiqué dans de nombreux monastères (Jokhang, Sagya et Tashilunpo au Tibet ; Ta’er au Qinghai ; temple des Lamas Yonghegons à Pékin).
Apparu en Chine au viie siècle, l’islam est pratiqué ouvertement par dix minorités nationales (Huis, Ouïgours, Kazakhs, Kirghiz, Tatars, Ouzbeks, Tadjiks, Dongxiangs, Salars, Bao’ans) et compte une vingtaine de millions d’adeptes. À noter les mosquées de la Grue (Yangzhou), de Huajue (Xi’an), de Niujie (Pékin), de Dongba (Yinchuan) ou encore d’Idkah (Xinjiang).
Le catholicisme rassemble 4 millions de pratiquants, notamment dans le Sud, parmi lesquels de nombreux Miaos, des Yaos et des Yis. Le protestantisme concerne également 3 millions de Chinois. Ces deux religions, moins influentes que le bouddhisme et l’islam, furent surtout propagées dans les grandes villes (Shanghai, Pékin, etc.).
L’une des premières mesures du Parti communiste chinois, en 1949, fut de bannir les cultes. Tous les lieux de culte furent fermés pendant la Révolution culturelle et les moines bouddhistes rééduqués par le travail dans les champs. Il fallut attendre la nouvelle Constitution de 1982 et son article 88 pour que la liberté de culte soit garantie. Cependant, des inégalités persistent. Le bouddhisme tibétain, qualifié de « secte » par les documents officiels, est étouffé. Le futur panchen-lama a été enlevé et se trouve séquestré quelque part dans le pays. Les catholiques dont la plupart sont restés fidèles au Vatican, ne possèdent pas encore d’Église propre et ne se reconnaissent pas dans celle qu’a imposée le Parti communiste en 1957, l’Association catholique patriotique chinoise.
| 5. | Éducation |
En Chine, l’enseignement est laïc et obligatoire. En 1994, on dénombrait 961 000 établissements et 188,096 millions d’élèves.
| 5.1. | Enseignement primaire et secondaire |
La scolarisation prévoit deux premiers cycles. Le primaire (six années) regroupe 145 millions d’enfants répartis dans 629 000 écoles. Environ 86,6 p. 100 d’entre eux accèdent au cycle secondaire, qui propose une filière d’enseignement général, composée de deux cycles d’une durée de trois ans (82 000 établissements et 90,7 millions d’élèves), et d’une filière d’enseignement spécialisé. Celle-ci se divise en un second degré technique (deux ans) pour former les ouvriers spécialisés, professionnel (trois ans) et normal (quatre ans) pour la finance, la technologie, la gestion, etc. Il concerne 3,198 millions d’élèves et 3 987 écoles.
| 5.2. | Enseignement supérieur |
L’entrée dans l’enseignement supérieur se fait par un concours sélectif organisé à l’échelon national et sous le contrôle unique de l’État. Ce même État se charge, en général, de trouver un emploi à l’étudiant diplômé. On distingue les universités (de quatre à cinq ans), les écoles supérieures (de deux à trois ans) et les instituts spécialisés.
Parmi les universités chinoises les plus connues figurent : les universités Beida (fondée en 1898) et Qinghua (université du peuple) à Pékin ; l’université de Hangzhou (1952) ; l’université Fudan à Shanghai (1905) ; l’université Nankai à Tianjin ; l’université chinoise de Sciences et de Technologie (1958) à Hefei (Anhui) ; l’université de Nankin. En 2001–2002, on dénombrait 12,1 millions d’étudiants dans 1 080 établissements (24 à Shanghai, 8 à Nankin et à Tianjin, une dizaine à Canton, Xi’an et Wuhan, etc.).
| 5.3. | Évolution récente |
En 2005, le taux d’alphabétisation était de 87,3 p. 100 (contre 68,2 p. 100 en 1985), et 16 p. 100 des jeunes Chinois poursuivaient des études supérieures (contre 1,4 p. 100 en 1985). Le budget alloué à l’éducation est de 1,9 p. 100 du PIB, soit 12 milliards de dollars (contre 8,5 en 1985). C’est dire l’importance qu’accorde le pouvoir à la transmission des connaissances et à l’acquisition de savoir-faire.
On estime qu’en 1949, 20 p. 100 de la population savait lire et écrire. L’un des programmes les plus ambitieux du Parti communiste fut l’alphabétisation des Chinois et la création d’un système public qui allait subir les conséquences des crises politiques du régime.
Entre 1949 et 1951, plus de 60 millions de paysans s’inscrivirent aux « écoles d’hiver », destinées à offrir un enseignement pendant la saison creuse. Mao Zedong déclara que la finalité de l’enseignement était de diminuer les distinctions de classes. Pour cela, il fallait réduire le fossé social qui séparait les travailleurs manuels des intellectuels, les citadins des ruraux, les ouvriers des agriculteurs.
Les transformations les plus radicales eurent lieu entre 1966 et 1978. Pendant la Révolution culturelle, presque toutes les écoles furent fermées. Plus de 130 millions d’enfants et d’adolescents cessèrent d’être scolarisés. Beaucoup d’entre eux furent les vecteurs de cette Révolution et participèrent au mouvement des « Gardes rouges ». Les écoles primaires et secondaires recommencèrent à fonctionner en 1968 et 1969, mais les établissements d’enseignement supérieur ne rouvrirent qu’entre 1970 et 1972.
La politique éducatrice changea radicalement au cours de cette période. La scolarité traditionnelle (d’une durée de 13 ans de la maternelle à la terminale) fut ramenée à 9 ou 10 ans pour le primaire et le secondaire. Les universités adoptèrent le cursus dit du « trois en un » : enseignement, recherche et production. Deux années de travail manuel obligatoires précédaient l’admission qui se faisait par l’intermédiaire des comités révolutionnaires sur des critères idéologiques.
À la mort de Mao Zedong en 1976, cette politique fut révisée. La scolarité se rapprocha de ce qu’elle était avant la Révolution culturelle. Les programmes du primaire et du secondaire furent progressivement refondus pour atteindre douze années d’études, et il ne fut bientôt plus nécessaire d’avoir passé deux ans à la campagne pour entrer à la faculté.
L’un des changements les plus déterminants fut la restauration d’un examen national d’entrée à l’université. Cet examen constituait, avant 1966, un élément essentiel du mécanisme de mobilité sociale. Au cours de la Révolution culturelle, les adversaires de la tradition purent le supprimer sous prétexte qu’il favorisait une minorité d’élèves bénéficiant d’une tradition intellectuelle familiale. Lorsque les universités rouvrirent, de nombreux candidats furent admis en raison de leurs opinions politiques, de leur activité pour le Parti ou du soutien de leurs pairs. Cette méthode de sélection cessa d’être appliquée en 1977 avec le lancement de la campagne des Quatre Modernisations. Le bilan était alors catastrophique : 237,72 millions d’analphabètes de plus de 12 ans, dont 69 p. 100 de femmes.
Les objectifs de modernisation dans l’agriculture, l’industrie, la défense et la science réclamant de hauts niveaux d’aptitude, l’enseignement devait donc impérativement reposer sur des compétences théoriques et pratiques et non sur un quelconque clientélisme politique ou un esprit révolutionnaire.
En vue du xxie siècle et dans le cadre de l’économie socialiste de marché, l’État chinois a fourni de gros efforts. Ainsi, le « projet 211 » vise à définir 100 universités clés qui formeront aux métiers de demain. De 1978 à 1994, 220 000 jeunes sont allés étudier à l’étranger. La formation pour adulte va du télé-enseignement universitaire aux cours par correspondance ou du soir. En 1994, 2,3 millions d’adultes suivaient une formation dans le supérieur, 2,6 millions dans les écoles secondaires spécialisées et 47,5 millions dans le technique.
| 6. | Vie culturelle |
Pékin, Shanghai et Canton constituent les principaux centres culturels et artistiques de la Chine. Ces trois métropoles concentrent les plus grandes institutions du pays en matière d’arts et de culture (musées, théâtres, opéras, salles de spectacles, cirques, orchestres, bibliothèques, etc.). Parmi les sites les plus renommés de Pékin figurent la Cité interdite, ancienne résidence des empereurs de Chine aujourd’hui transformée en musée, le temple du Ciel, le palais impérial d’Été, le musée de l’Histoire et de la Révolution chinoise (1950), sur la place Tian’anmen, ou encore la bibliothèque de Pékin (plus de 6 millions de volumes). Célèbre pour ses jardins (Yuyuan, xvie siècle) et ses parcs, Shanghai abrite le musée d’Art et d’Histoire, qui renferme de remarquables collections de bronzes, de peintures et de porcelaines, ainsi que le musée de Sciences naturelles.
Malgré une diffusion croissante, les médias (radio, télévision) demeurent relativement peu développés, étant donné l’ampleur du marché chinois. Depuis les années 1980, la censure et la propagande idéologique ont connu un net relâchement au profit d’une réelle ouverture à la culture occidentale (musique, cinéma, littérature). Au début des années 1990, la Chine possédait 21,3 millions de postes de radio, 35,8 millions de téléviseurs (contre 7 millions en 1981) et 15 millions de téléphones. La presse écrite présente plus de 1 600 titres de journaux et magazines. Les plus importants sont le Renmin Ribao, à Pékin, quotidien tiré à 3 millions d’exemplaires sous le contrôle direct du Comité central du Parti communiste chinois, le Sichuan Ribao, le Guangming Ribao ou encore le Jiefang Ribao.
Voir aussi art chinois ; cinéma chinois ; opéra chinois ; littérature chinoise ; musique chinoise.
| 7. | Société |
| 7.1. | La démocratie sur le papier |
La Chine est en butte à une difficulté, la dissidence, ou plutôt les Chinois qui défendent publiquement une opinion différente de la ligne du Parti. Ceux-ci réclament la liberté de penser et d’agir, davantage de démocratie et le respect de la souveraineté des peuples. Bien que la Constitution de 1982 garantisse le respect des droits individuels et de l’opinion de chacun, il semble que le régime actuel ne respecte pas ces engagements. On estime à 50 millions le nombre d’« opposants » qui auraient été emprisonnés dans les camps de rééducation par le travail, les sinistres laogai aux conditions de vie inhumaines et qui affichent une triste devise « Le travail fait votre vie ». Environ 25 millions de Chinois en seraient morts.
En 1979, Deng Xiaoping arriva au pouvoir, et promit un assouplissement. De plus, il libéra l’un des plus célèbres contestataires, Harry Wu, qui avait passé dix-neuf années en laogai. Cependant, ses promesses étaient davantage destinées à encourager les investissements étrangers dans le cadre d’une économie socialiste de marché.
Aussi, la voix des opposants se fit de plus en plus forte jusqu’aux fameuses manifestations de la place Tian’anmen, réprimées dans le sang en juin 1989. La contestation devint alors discrète jusqu’en 1993, date à laquelle des pétitions commencèrent à circuler dans le pays, réclamant une plus grande participation des citoyens à la vie publique. Mais ce mouvement fut une nouvelle fois étouffé et les derniers dissidents condamnés rapidement à de très lourdes peines d’emprisonnement.
En 1994, la Chine, pour faire bonne figure lors de la candidature de Pékin pour l’organisation des jeux Olympiques, abandonna le terme de laogai. Mais le système répressif perdura. Aujourd’hui, il existe près de 2 000 camps rebaptisés « usines » ou « fermes », et dirigés désormais comme des entreprises capitalistes. Environ 6 à 8 millions de Chinois, dont 10 p. 100 de prisonniers politiques, y fabriquent des produits manufacturés (fleurs artificielles, moteurs, vêtements, etc.) exportés dans le monde entier.
Il existe en outre 68 types d’infractions passibles de la peine de mort. En 1996, 2 300 condamnations à mort ont ainsi été exécutées. Le 30 octobre 1996, Wang Dan, ancien leader des manifestations de 1989, fut renvoyé en camp de travail pour onze années supplémentaires à l’issue d’un procès prétendument public (il été libéré et expulsé, depuis lors (1998), vers les États-Unis). Certains dissidents ont pu s’exiler à l’étranger, comme Wang Juntao (États-Unis) ou le syndicaliste Han Dongkang (Hong Kong). Lui Xiaobo, célèbre critique littéraire, fut condamné, quant à lui, à trois ans de détention pour avoir proposé un véritable dialogue avec le dalaï-lama.
La Chine étant devenue aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises, de plus en plus de puissances occidentales séparent, dans leurs relations avec cet État, les droits de l’homme de l’économie, à l’image de la France qui, dans un souci de pragmatisme économique, refusa de recevoir officiellement le dalaï-lama en 1996 de peur de froisser Pékin. Plus récemment, elle s’est opposée à tout projet de résolution de l’Union européenne visant à condamner la violation des droits de l’homme en Chine.
| 7.2. | Les sociétés secrètes |
Le retour de Hong Kong à la Chine pose aujourd’hui le problème des sociétés secrètes. Les triades sont en effet à Hong Kong et à Taïwan ce que la mafia est à la Sicile ou aux États-Unis.
La naissance des sociétés secrètes obéit à l’origine à des désirs patriotiques. La première remonte à 1644, avec la chute des Ming que remplacèrent les Qing mandchous. Cinq bonzes du monastère de Shaolin, haut lieu des arts martiaux, fondèrent la ligue des Hung dans le but de renverser les Qing. Pendant plus de deux siècles, les clans et les ligues jouèrent des rôles divers, tels les Boxers qui se révoltèrent entre 1898 et 1900. En 1904, Sun Yat-sen se lia avec les Hung et proclama la République en 1911. Après 1949, certaines sociétés secrètes, qui avaient combattu les communistes dans les années 1930 pour le compte de Jiang Jieshi, se réfugièrent à Taïwan ou à Hong Kong, qui devint l’une des plaques tournantes de la drogue venant du Triangle d’or.
Aujourd’hui, Hong Kong compte 56 triades aux activités multiples (racket, jeu, prostitution, docks, parkings, etc.). La plus puissante est le Sun Yee On (56 000 membres), qui possède des ramifications à tous les niveaux de la société et de l’administration, de la police à la commission anticorruption, et qui contrôle l’industrie cinématographique.
| 4. | Économie |
| 1. | Généralités |
| 1.1. | Tradition et changement |
Depuis 1992 et le XIVe Congrès du Parti, la Chine obéit aux lois d’une « économie socialiste de marché ». D’origine socialiste, c’est-à-dire reposant sur un partage équitable des richesses et la propriété collective sous l’égide de l’État, cette économie est aujourd’hui bousculée par les lois de la compétition internationale et de la mondialisation. Pékin se doit, d’un côté, de préserver ses préceptes communistes et, de l’autre, de mener le pays dans la voie du développement en attirant les capitaux étrangers et en appliquant des méthodes qu’elle qualifiait autrefois de capitalistes.
L’économie socialiste de marché vise à privilégier le secteur public tout en veillant à développer les autres domaines de l’économie. Pour cela, elle s’appuie sur une modernisation et une gestion nouvelle des entreprises d’État. Le but recherché est de créer un marché intérieur équilibré entre villes et campagnes et un vaste marché international. L’État n’a plus qu’un regard macroéconomique et se charge de contrôler le bon fonctionnement de l’économie nationale (protection sociale, distribution des revenus, encouragement et équilibre des richesses).
Cette politique d’ouverture et de libéralisation de l’économie a eu un résultat très positif. Le PIB chinois a connu en dix ans une forte croissance. Il est ainsi passé de 367,9 milliards de dollars en 1985 à 581,1 milliards en 1993 et à 2 234 milliards de dollars en 2005. Malgré cette croissance vertigineuse, la Chine demeure un pays essentiellement rural et pauvre, accusant un important retard économique. La population active comprenait 776 millions de personnes en 2005, dont 44,5 p. 100 de femmes.
| 1.2. | Révélation de la puissance chinoise |
Dès 1949, et jusqu’en 1961, date de la rupture avec l’URSS, la Chine a calqué son développement sur le modèle soviétique. Elle a connu trois périodes de croissance : 1949-1952 et la reconstruction du pays suivie par le premier plan quinquennal (1953-1957) ; 1963-1965 et la correction des erreurs du Grand Bond en avant ; 1977-1982 avec les Quatre Modernisations. Mais le pays a également traversé deux grandes crises : 1958-1962 et le désastreux Grand Bond en avant de Mao Zedong ; 1966-1976 et la Révolution culturelle.
Jusqu’à la fin des années 1970, les matières premières et les équipements destinés aux entreprises d’État étaient fournis par le gouvernement. La production était ensuite gérée et redistribuée par l’État. Ainsi, les biens de consommation nécessaires à la population rurale étaient distribués par un organisme d’État, la Coopérative de fourniture et de distribution. Les biens essentiels (céréales, huile, viande, sucre, tissus de coton) étaient rationnés en raison de leur relative rareté et leurs prix fixés très bas pour les rendre accessibles à tous. Une grande partie de la rémunération versée aux familles rurales était constituée de céréales.
Les années des Quatre Modernisations ont vu la libéralisation des prix et l’apparition des premières sociétés privées (100 000 en 1978, 17 millions en 1985). En 1980 ont été créées les premières ZES (zones économiques spéciales), de type capitaliste et destinées, grâce à l’apport des capitaux étrangers, à produire pour l’exportation. Ce sont Xiamen (Fujian), Zhutai, Shantou et, surtout, Shenzhen (Guangdong). De ce fait, les investissements extérieurs ont afflué (34 milliards de dollars entre 1979 et 1992), notamment en provenance de Hong Kong, encourageant ces régions à gagner en autonomie. En 1984, 14 ports (dont l’île de Hainan) ont été ouverts aux capitaux étrangers, ce qui a eu pour effet de stimuler encore davantage le secteur privé et la libéralisation des prix.
Ce processus allait être fortement entravé par les répercussions du massacre de la place Tian’anmen en 1989. Les nations occidentales ont en effet protesté par des sanctions économiques à l’égard de la Chine. Le pays était alors sur le point d’être repris en main par les partisans de la ligne dure du régime. Cependant, Deng Xiaoping est parvenu à maintenir le cap de la croissance tout en ménageant ces derniers. En 1992, il a lancé le concept d’une « économie socialiste de marché pour les cent prochaines années », suivi en juillet 1993 d’un plan d’austérité en « 16 points ».
| 1.3. | Croissance et inégalités |
La croissance de l’économie chinoise est l’une des plus fortes du monde. Elle s’élève à près de 10 p. 100 en moyenne pour la période 1990-2003. En 2005, le calcul du PIB de la Chine en incluant Hong kong et en tenant mieux compte du secteur privé fait apparaître le pays comme la quatrième puissance mondiale, mais sa population demeure largement pauvre (le PNB par habitant classe la Chine 147e sur 227 en 2004). Elle pèse d’un poids toujours plus grand dans l’économie mondiale, notamment par ses besoins en matières premières et par ses exportations, de textiles entre autres. Elle est ainsi devenue le premier consommateur du monde d’acier, de cuivre et de zinc, le second pour l’aluminium et le pétrole et le troisième pour le nickel. En 2004, Shanghai est devenu le second port mondial en volume de marchandises traitées (380 millions de tonnes de marchandises traitées), derrière Singapour, et devant Rotterdam, ce qui atteste également de la formidable croissance de la Chine. L’objectif des dirigeants chinois est désormais d’éviter une surchauffe de l’économie et de contenir l’inflation.
Le succès de l’économie chinoise va aujourd’hui de pair avec une absence inquiétante de réformes des structures, notamment en ce qui concerne la modernisation de l’agriculture et de l’industrie. Une grande partie des richesses se concentrent entre les mains de réseaux familiaux proches du pouvoir et qui appliquent des méthodes capitalistes. Elles sont également sous la coupe des entreprises collectives et locales sur lesquelles l’État n’exerce plus de contrôle.
Autrefois déterminée par une planification centralisée, la circulation des marchandises obéit aujourd’hui, du moins en grande partie, aux lois du marché. Entre 1978 et 1984, la part du commerce de détail contrôlée par l’État est passée de 90,5 p. 100 à 45,8 p. 100. Pour la même période, la part des entreprises collectives est passée de 7,4 p. 100 à 39,6 p. 100 et celle des entreprises privées de 2,1 p. 100 à 14,6 p. 100. Le passage progressif du pays à l’économie capitaliste a donc favorisé l’expansion du secteur privé. En 1994, on dénombrait 260 000 entreprises à capitaux mixtes ou entièrement étrangers. En 2003, les investissements directs étrangers s’élevaient à 53,5 milliards de dollars.
Cette évolution sans précédent a bouleversé la structure socio-économique du pays. Le revenu moyen des citadins a triplé, tandis que celui des agriculteurs doublait en moyenne. Mais le progrès ne profite pas à tout le monde. Les révoltes ouvrières et dans les campagnes pauvres, dues aux restructurations et aux licenciements massifs dans le secteur public, au droit du travail bafoué ou encore à la réquisition de terres, sont en augmentation (87 000 affrontements en 2005 contre 10 000 en 1995). Il existe en outre trois Chine. La Chine maritime, avec ses dix provinces et ses trois grandes municipalités autonomes (Shanghai, Pékin, Tianjin), assure 53 p. 100 de la production industrielle et agricole du pays alors qu’elle n’abrite qu’un tiers de la population. La Chine du Sud connaît aujourd’hui un développement rapide avec les zones économiques spéciales du Guangdong et du Fujian, des ports très actifs comme Shantou ou Canton et, bien sûr, Hong Kong. La Chine de l’Ouest et de l’intérieur, qui représente 70 p. 100 du territoire pour seulement 28 p. 100 de la population, ne fournit que 17 p. 100 de la production économique. Un habitant du Guizhou gagne aujourd’hui dix fois moins qu’un résident de Shanghai.
| 2. | Agriculture, forêts, pêche |
Le secteur primaire, base traditionnelle de l’économie chinoise, fournissait 12,6 p. 100 du PIB en 2005, contre 32 p. 100 en 1975, et utilisait encore en 2002 44,1 p. 100 de la population active (contre 76,3 p. 100 en 1975). Seuls 10,5 p. 100 du territoire chinois sont cultivables, dont environ la moitié sont irrigués. La Chine est le pays qui comporte le plus de terres irriguées au monde. L’agriculture chinoise est régulièrement soumise aux aléas climatiques (inondations, sécheresse, variabilité annuelle des précipitations, tempêtes de poussière et de grêle, etc.). Les récoltes de céréales sont ainsi régulièrement déficitaires.
| 2.1. | Cultures |
La Chine est le premier producteur mondial de céréales au monde (429,37 millions de tonnes en 2005). Environ 85 p. 100 des terres labourées sont consacrées à la culture de trois céréales (riz, blé, maïs). Au milieu des années 2000, elle était le premier producteur mondial de riz et de blé et le deuxième producteur mondial de maïs, derrière les États-Unis.
La céréale la plus abondante est le riz, avec 32 p. 100 des terres cultivées, une production de 184,25 millions de tonnes en 2005 et d’excellents rendements. Le bassin du bas et moyen Yang-tseu-kiang fournit, à lui seul, 70 p. 100 de la production nationale de riz. Vient ensuite le blé, avec 32 p. 100 des terres cultivées, une production de 96,2 millions de tonnes en 2005 et de bons rendements. Enfin, le maïs occupe 21 p. 100 des terres mises en culture, avec une production de 131,1 millions de tonnes.
Parmi les céréales cultivées dans le nord et la Mandchourie figurent également le millet (2,1 millions de tonnes en 2005, et le sorgho (2,6 millions de tonnes en 2005). Ce dernier est aussi utilisé comme fourrage et pour la distillation d’une boisson alcoolisée, tandis que ses tiges sont destinées à la fabrication de papier et utilisées comme matériau de toiture.
Parmi les autres cultures figurent l’orge (3,4 millions de tonnes en 2005) ; la patate douce (107,7 millions de tonnes en 2005) ; des légumes, dont la pomme de terre (73,8 millions de tonnes en 2005,) ; le tabac (2,5 millions de tonnes en 2005) ; les fruits (87,1 millions de tonnes en 2005), et notamment la banane, l’ananas et les agrumes (oranges et mandarines). Au milieu des années 2000, la Chine était le premier producteur mondial de pommes de terre, de tabac et de fruits.
Les oléagineux (15,7 millions de tonnes en 2005) constituent une part notable de la production et des exportations. La Chine en était le deuxième producteur mondial au milieu des années 2000 derrière les États-Unis. Le plus important est le soja, sur environ 8 p. 100 de la surface cultivée, avec une production de 16,9 millions de tonnes en 2005. Viennent ensuite l’arachide, le sésame, le tournesol et l’abrasin (qui fournit une huile recherchée destinée à des fins industrielles).
La Chine exporte traditionnellement du thé. En 2005, elle en a produit 900 500 tonnes. Elle occupait le deuxième rang mondial derrière l’Inde au milieu des années 2000.
La production de sucre (10,9 millions de tonnes en 2003) est issue pour l’essentiel de la canne à sucre (92,1 millions de tonnes en 2005), mais aussi de la betterave sucrière introduite relativement récemment (en 2005, la production était estimée à 6 millions de tonnes).
En ce qui concerne les fibres textiles naturelles, la Chine était également le premier producteur mondial de coton au milieu des années 2000(16,3 millions de tonnes en 2005). La ramie, une plante indigène similaire au chanvre, et le lin sont utilisés pour la fabrication de vêtements délicats, le jute et le chanvre pour la fabrication de sacs et de cordes. La soie naturelle , dont la production repose sur la sériciculture (élevage des vers à soie), est également un produit chinois traditionnel.
| 2.2. | Élevage |
La Chine possède un cheptel important et diversifié (plus de 400 espèces animales). Elle occupait au milieu des années 2000 la première place du classement mondial en ce qui concerne l’élevage des porcins, ovins, caprins, chevaux et volailles, et la troisième pour les bovins et les buffles. En raison des habitudes alimentaires, les porcins abondent (503 millions de têtes en 2006). Le pays est d’ailleurs le plus gros exportateur de soies de porc. Viennent ensuite les ovins (173,9 millions de têtes), les bovins (118,2 millions de têtes), les caprins (198,8 millions), les buffles (22,7 millions), le cheval (7,4 millions) et les volailles (5,35 milliards). Le chameau est élevé dans l’ouest et le nord désertique. Enfin, au Tibet, le yack est une source de nourriture et de combustible (bouse séchée) tandis que son poil et sa peau servent à fabriquer des vêtements.
| 2.3. | Organisation de l’activité agricole |
L’agriculture chinoise reste encore très traditionnelle et emploie une main-d’œuvre surabondante. En 2002, le pays comptait moins de 1 million de tracteurs quand les États-Unis en utilisaient plus de cinq fois plus. La croissance continue de la production et des rendements agricoles peut être attribuée, en partie, à une productivité accrue.
L’activité agricole repose, pour l’essentiel, sur des millions de petites exploitations familiales et sur environ 2 000 fermes d’État. Ce type de structure a été créé à l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong, en 1949, alors que 80 p. 100 des champs (1,08 million de km2) appartenaient à de grands propriétaires terriens qui en ont été dépossédés au profit de 300 millions de paysans.
La collectivisation de l’agriculture débute en 1953 avec la création de coopératives afin de partager la terre, devenue propriété collective, et les moyens de production. La Chine agricole se retrouve ainsi exploitée par 800 000 coopératives de 600 à 700 personnes. Puis, en août 1958, dans le cadre du Grand Bond en avant, 26 000 Communes populaires (CP ; renmin gongshe) sont créées. Chacune de ces CP regroupait 30 coopératives de 25 000 personnes et était divisée en plusieurs brigades de production, subdivisées en équipes. Mais ces structures, bien que très productives dans les premiers temps, allaient se montrer inefficaces, forçant même Pékin à importer des céréales. Les famines de 1959 et 1961 ont ainsi été particulièrement désastreuses. Pourtant, cette politique est poursuivie jusqu’à la mort de Mao, son initiateur, qui refuse de la mettre en doute.
En 1979, la quasi-totalité de la population rurale (environ 838 millions de Chinois) se répartit dans environ 52 000 CP. Le gouvernement décide alors de restructurer le secteur agricole afin de supprimer le déficit alimentaire chronique de la Chine et d’augmenter la consommation alimentaire par habitant. Le principe des CP est largement démantelé (il en reste encore quelques exemples), et le cercle familial devient la principale unité de production. Dans ce « système de responsabilité », complété en 1984 et toujours en vigueur, la terre est entièrement exploitée par un foyer et fait l’objet d’un contrat héréditaire. Cet accord passé avec les autorités locales fixe un quota de production. Si le paysan le dépasse, il peut vendre l’excédent sur le marché libre. Aujourd’hui, ces ventes représenteraient environ 60 p. 100 de la production. La famine a, quant à elle, disparu.
Toutefois, la forte croissance de la production annuelle depuis 1949 a été en partie annulée par la rapide expansion démographique, qui a pour corollaire la diminution des terres agricoles. Par exemple, entre 1952 et 1979, le secteur céréalier s’est accru de 103 p. 100, alors que cette production, rapportée au nombre d’habitants, n’a augmenté que de 20 p. 100. Puis, entre 1979 et 1987, la productivité a doublé, les paysans ont commencé à mieux vivre et le pays a pu exporter certains produits (riz, soja, coton, notamment).
Cependant, la croissance démographique s’est poursuivie, parallèlement, à un rythme certes moins rapide mais encore soutenu. Pour pallier ce problème, il faudrait financer des infrastructures visant à améliorer le transport des marchandises, moderniser les moyens de production (matériel, engrais, etc.) et, plus largement, l’ensemble de l’agriculture chinoise. Cet objectif paraît difficile à atteindre, en raison de l’absence de réformes et des réductions budgétaires.
De même, une réorganisation administrative massive permettrait de mieux réguler le marché et de contrecarrer l’exode rural dû, en grande partie, à la main-d’œuvre pléthorique des 18,67 millions d’entreprises rurales.
En 1995, des révoltes paysannes ont éclaté afin de réagir contre une fiscalité trop lourde et souvent illégale, imposée par des potentats locaux.
| 2.4. | Le déficit de terres |
Bien que de nouvelles surfaces aient été ensemencées (notamment en Mandchourie et dans la Chine du Nord-Ouest), la diminution des terres cultivées (souvent affectées à d’autres usages), combinée avec la démographie galopante, est plus rapide. Ainsi, la moyenne des terres cultivées par habitant est passée de 0,18 ha en 1949 à 0,11 ha en 1979.
Entre 1949 et 1986, les paysans ont défriché 251 000 km2 tandis que 407 000 km2 disparaissaient, soit un déficit de 156 000 km2. En 1989, la Chine avait ainsi perdu 170 000 km2 de terres arables. Deux phénomènes expliquent cette perte. Le premier est imputable à l’homme (urbanisation, infrastructures, industrialisation, etc.). Le second, d’ordre naturel, concerne l’érosion des sols, la désertification et la déforestation qui modifient les conditions de drainage. Pour lutter contre ces atteintes, des travaux d’irrigation ont été menés (nord-ouest de l’Hubei par exemple) et près de 50 p. 100 des terres sont aujourd’hui irriguées. Toutefois, le réseau d’irrigation, très complexe, nécessite un entretien permanent et contraignant. Enfin, le reboisement contribue efficacement à lutter contre les inondations qui ravagent les champs.
Les quelques centaines de milliers de kilomètres carrés potentiellement utilisables, à l’ouest et au nord-est, ne suffiraient pas à compenser ce déficit chronique de terres agricoles. C’est pourquoi l’agriculture chinoise privilégie aujourd’hui le rendement.
| 2.5. | Principales régions agricoles |
Le riz est surtout cultivé au sud de la rivière Huai, notamment dans les bassins du bas et du moyen Yang-tseu-kiang, dans le delta du Zhu jiang (région de Canton) et dans le Bassin rouge du Sichuan. Le blé domine au nord de la rivière Huai. Les principales zones céréalières sont la Grande Plaine du Nord, les vallées du Wei he et du Fen he, et les hauts plateaux lœssiques aménagés en terrasses. Le maïs est cultivé essentiellement dans le Nord et le Nord-Est.
L’avoine abonde surtout en Mongolie-Intérieure et dans l’ouest (Tibet). La patate douce prédomine dans le Sud, la pomme de terre dans le Nord. Les fruits vont des espèces tropicales telles que les ananas et les bananes (île de Hainan) aux pommes et aux poires (Liaoning, Shandong), en passant par les agrumes (dans le sud).
La moyenne vallée du Yang-tseu-kiang et les provinces méridionales du Fujian et du Zhejiang sont les grandes régions productrices de thé. La canne à sucre est cultivée principalement dans le Guangdong et le Sichuan, la betterave sucrière dans le Heilongjiang et en Mongolie-Intérieure. Le coton, qui peut pousser quasiment partout en Chine, concerne en priorité la Grande Plaine du Nord (environ 50 p. 100 de la production), les régions de lœss, ainsi que le delta et le bassin moyen d