Louis XVIII
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Louis XVIII
4. La première Restauration

Soutenu par la Grande-Bretagne et agréé par le gouvernement provisoire présidé par Talleyrand, le comte de Provence rentre en France après l’abdication de Napoléon, au printemps 1814.

Après la déclaration royale du 2 mai, Louis XVIII fait promulguer la Charte (4 juin) qui définit un régime de monarchie censitaire. Les 79 articles de ce texte fondamental — autour duquel se nouent plus tard de nombreuses crises politiques — sont influencés par le modèle anglais et les idées des monarchiens de la Constituante de 1789. Ils définissent cinq grands principes : la liberté de la presse, de religion (la religion catholique reste cependant religion d’État), l’indépendance de la justice ; une confusion des pouvoirs exécutifs et législatifs entre les mains du roi ; la création de deux Chambres (celles des pairs nommés par le roi, celles des députés élus) ayant le droit de discuter et présenter les projets de lois ; l’irresponsabilité du roi devant les chambres, les ministres étant pour leur part directement responsables devant les assemblées ; la création d’un corps électoral censitaire chargé d’élire la Chambre des députés et qui ne permet qu’aux notables d’être électeurs (du fait d’une exigence de revenus très élevés).

Entre désir de consultation de la nation et préservation de l’autorité royale, ce texte de consensus, répond à la volonté de Louis XVIII de fonder son autorité sur le soutien de la bourgeoisie et des royalistes, tout en garantissant les libertés individuelles pour donner à la monarchie une apparence de régime constitutionnel et démocratique, et ainsi éviter les troubles intérieurs, qu’ils proviennent des ultraroyalistes ou des républicains. Dans les faits toutefois, Louis XVIII jouit d’un tel pouvoir que l’esprit de la Charte ne satisfait pas l’opposition. De plus, très vite, l’arrogance des anciens émigrés, l’adoption du drapeau blanc (contre le drapeau tricolore) et le retour aux usages de l’Ancien Régime entame le crédit d’un pouvoir qui apparaît avoir été imposé par l’étranger après les défaites militaires de la période napoléonienne.