| Kleist, Heinrich von | Format lecture | ||||
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| 3. | Théâtre et nouvelles |
Kleist achève son premier drame, la Famille Schroffenstein (Die Familie Schroffenstein), en Suisse en 1803. Il le lit chez lui à Berne devant des amis qui mettent au concours le sujet d’une gravure de Philibert-Louis Debucourt, la Cruche cassée (Der zerbrochene Krug), dont Kleist tire sa comédie éponyme (1803). Remaniée et représentée par Goethe à Weimar en 1808, la pièce est un échec.
Son œuvre la plus importante à l’époque, Robert Guiscard, duc des Normands (Robert Guiskard), est une tragédie ; il en reprend maintes fois l’écriture, avant de brûler le manuscrit à l’automne 1803 (il ne reste qu’un fragment de l’œuvre retranscrit de mémoire par l’auteur). Sa tragédie Penthésilée (Penthesilea, 1808), interprétation du mythe grec, voit s’affronter le héros Achille et la troupe furieuse des Amazones sous les murs d’Illion. Le vertige de l’amour, associé à celui de la mort, y apparaît comme un signe prémonitoire. La pièce, sauvage et singulière, subit une critique violente de Goethe, de même que la Petite Catherine de Heilbronn (Das Käthchen von Heilbronn, 1810), œuvre étrange, imprégnée d’un merveilleux médiéval, dont l'idée lui vient d'une ballade de Gottfried Bürger. Avec Amphitryon (1807), Kleist adapte Molière sans presque changer l'ordre des scènes, mais il insuffle aux personnages une telle passion et à Jupiter un tel mysticisme que la comédie glisse vers le drame.
Ses deux dernières pièces sont des drames d’inspiration patriotique ; la Bataille d'Arminius (Die Herrmannschlacht, 1808), aux élans nationalistes et guerriers, reprend l'épisode de la libération de la Germanie du joug romain ; le Prince de Hombourg (Der Prinz von Homburg, 1810) est inspirée par l’histoire de la dynastie des Hohenzollern. Représentée à la cour en 1810, la pièce n’est pas jouée ensuite au Théâtre de Berlin, comme l’espérait son auteur.
Kleist est encore l’auteur d’un petit essai écrit peu avant sa mort, Sur le théâtre de marionnettes (Über das Marionettentheater, 1810) et de huit nouvelles remarquables : le Tremblement de terre du Chili (Das Erdbeben in Chili, 1807), la Marquise d'O. (Die Marquise von O., 1807), Michael Kohlhaas (1810), la Mendiante de Locarno (Das Bettelweib von Locarno, 1810), l'Enfant trouvé, les Fiancés de Saint-Domingue (Die Verlobungen in St. Domingo, 1811), Sainte Cécile et le Duel (Der Zweikampf, 1811).