| Louis XVI | Format lecture | ||||
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| 3. | Les premières années du règne |
Le 10 mai 1774, Louis XVI devient roi à la mort de son aïeul, discrédité par l’incurie et les débauches des dernières années de son règne. Au contraire, ce roi de vingt ans, vertueux et un peu gauche, attire dès son couronnement un courant de sympathie et d’affection qui ne se dément pas durant les premières années de son règne.
Dès son avènement, soucieux de marquer une rupture avec l’époque précédente, le roi fait rappeler, sous l’influence de Mesdames (ses tantes), le comte de Maurepas qui a été destitué en 1749 pour une épigramme contre Mme de Pompadour. Le nouveau secrétaire d’État se sépare d’abord du duc d’Aiguillon, puis obtient le départ de Maupeou et Terray, principaux artisans de la réforme d’inspiration moderniste.
La nouvelle équipe ministérielle est composée d’hommes compétents avec, outre Maurepas, Vergennes aux Affaires étrangères, Saint-Germain à la Guerre, Sartine à la Marine et Malesherbes à la Maison du roi, tandis que Turgot se voit attribuer les Finances. Mais, en rappelant les parlements par le lit de justice du 12 novembre 1774, le roi, s’il se montre fidèle à une conception politique qui voit dans les corps intermédiaires les soutiens les plus solides de la royauté, se prive à terme de la possibilité de mener à bien toute réforme. Au sein même de son Conseil, les ardeurs réformatrices de Turgot — qui tente de promouvoir la réforme fiscale et l’abolition des multiples entraves à l’agriculture et au commerce — provoquent son renvoi, en mai 1776. Le financier genevois Jacques Necker, nommé directeur général des Finances en 1777, ne parvient pas plus que son prédécesseur à engager les réformes nécessaires, et la publication de son Compte rendu au roi (1781), décrivant l’état exact des finances du royaume, lui vaut une grande réputation de lucidité mais provoque son départ.