| Louis XVI | Format lecture | ||||
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| 5. | Le début du discrédit |
La crise financière se double d’un profond malaise politique et social. La réaction nobiliaire, qui se traduit notamment par le règlement du 22 mai 1781, connu sous le nom d’édit de Ségur, barrant aux roturiers (dont certains ont commandé en Amérique) l’accès aux commandements dans l’armée, l’impossibilité de toute réforme fiscale, qui fait sentir à la bourgeoisie et à la paysannerie toute l’injustice de l’impôt, nourrissent une opposition croissante. Le traité Eden-Rayneval, d’inspiration libre-échangiste, conclu avec l’Angleterre en 1786, ne fait qu’aggraver les choses, puisqu’il a pour principale conséquence d’inonder le marché français de produits à bas prix. La baisse des revenus agricoles, poussant les propriétaires nobles à augmenter les droits féodaux, la crise économique faisant baisser la demande adressée à l’industrie, ajoutent encore au mécontentement.
Le discrédit moral, dont témoigne l’immense succès de la pièce de Beaumarchais, le Mariage de Figaro, est plus profond encore, puisqu’il frappe la reine ; ses dépenses, sa frivolité, ses extravagances, commises en compagnie de Mme de Polignac, entretiennent une impopularité que l’affaire du Collier (1785) ne fait qu’amplifier. De son côté, le roi, assez mal entouré, d’une indécision constante, ne peut guère compter sur le soutien de ses frères, le comte de Provence dissimulant mal une fronde sourde contre tout ce qui vient de la cour, et le comte d’Artois se répandant pour sa part en dissipations frivoles, tandis que son cousin, le duc d’Orléans, anime au Palais-Royal une petite cour d’opposants gagnés aux idées libérales.