| Louis XVI | Format lecture | ||||
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| 6. | La convocation des états généraux |
En 1786, Calonne, confronté à un déficit de 100 millions de livres, alors que les arriérés de la dette atteignent 250 millions, se résout à proposer une réforme fiscale radicale, prévoyant l’assujettissement des privilégiés. Pour contourner l’opposition probable des Parlements, il obtient la convocation d’une assemblée de notables qui, réunie à Versailles en février 1787, se refuse à prendre toute mesure. Louis XVI congédie alors Calonne en avril, et le remplace par Loménie de Brienne. Ce dernier, convaincu du caractère d’urgence de la réforme fiscale, fait précisément ce que son prédécesseur a voulu éviter, et demande aux parlements d’enregistrer les édits litigieux.
Une période de blocage s’ouvre alors, les parlements refusant d’infléchir leur position. L’exil du Parlement de Paris à Troyes, ainsi que la journée des Tuiles qui enflamme Grenoble en juin 1788 illustrent la gravité de cette situation, à laquelle il faut donner une issue politique. À contre-courant de la pratique personnelle du pouvoir qui marque la monarchie française depuis Louis XIII au début du xviie siècle, le roi charge Loménie de Brienne de convoquer des états généraux, qui n’ont pas été réunis depuis 1614. Presque immédiatement après la convocation de l’assemblée, le roi se sépare de son contrôleur général pour rappeler le populaire Necker.
Malgré son accord pour le doublement de la représentation du tiers aux États généraux, acquis en décembre 1788, le silence du roi sur la question du vote par ordre (préconisé par le Parlement de Paris) ou par tête, lors de la séance d’ouverture des États généraux, le 1er mai 1789 à Versailles, provoque une immense désillusion dans les rangs de la bourgeoisie. Le roi n’entend pas, en effet, ruiner par cette décision le soubassement de l’édifice social sur lequel est bâti son royaume mais, impuissant devant la contestation, il doit peu après accepter la proclamation des députés du tiers État en Assemblée nationale et, de guerre lasse, se résout à inviter la noblesse et le clergé à s’y joindre. Le 9 juillet 1789, la transformation de l’Assemblée nationale en Assemblée constituante marque l’effondrement définitif de l’absolutisme royal.