| expositions universelles | Format lecture | ||||
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| 3. | Les pionniers : Londres et Paris |
| 1. | L’exposition de 1851 à Londres |
Le Royaume-Uni, pionnier puisqu’il a créé la première exposition internationale, à Londres, en 1756 (avant d’en organiser onze autres jusqu’en 1849), organise la première exposition universelle en sa capitale. Mise sur pied par la Society of Arts et présidée par le prince Albert (époux de la reine Victoria), celle-ci dure d’avril à octobre 1851, accueille 13 000 exposants et plus de six millions de visiteurs, décerne plus de 5 000 prix.
Grâce à cet événement sans équivalent au plan international, le Royaume-Uni, partisan du libre-échange, met en scène sa puissance industrielle. L’architecture montre d’emblée son rôle capital dans la réussite de toute exposition universelle, dont elle est l’élément structurant et symbolique. Hall principal de l’exposition, le Crystal Palace — gigantesque édifice de fer et de verre — est une prouesse technique qui impressionne le monde entier.
L’accueil triomphal fait à l’événement, le symbole de puissance qui a auréolé le Royaume-Uni et l’énorme bénéfice dégagé (200 000 livres) attisent les ambitions françaises.
| 2. | Les expositions parisiennes de 1855 et 1867 |
En France aussi, les autorités sont expérimentées. Depuis la tenue historique de la première Exposition industrielle de Paris (1798), Paris a abrité quinze manifestations internationales. De mai à novembre 1855, les Champs-Élysées reçoivent leur première exposition universelle. Le Palais de l’industrie, plus vaste que le Crystal Palace, n’apporte rien de novateur sur le plan architectural. Les 25 000 exposants sont visités par quelque cinq millions de curieux ; trop peu pour équilibrer les comptes. Du reste, l’écho international de Paris 1855 souligne l’importance politique de l’événement dans une France à nouveau « impériale » depuis l’avènement de Napoléon III.
Malgré sa faillite, l’exposition prouve que la France appartient au peloton des grandes nations industrielles. D’autre part, pour les Français, l’un des sommets de « l’Expo » consiste dans le retour de leurs soldats après leur victoire en Crimée. Défilant dans la capitale sous leurs acclamations, ils témoignent d’une synergie voulue par l’État entre démonstration technicienne et économique de l’exposition, et puissance militaire (une façon aussi de signaler le rôle diplomatique central de la France dans l’Europe des nationalités).
Parrainée par le Second Empire et la ville de Paris, une deuxième exposition est organisée en 1867. Sur le Champ-de-Mars et l’île Billancourt, elle représente l’ouverture au libéralisme et au capitalisme. Elle inaugure l’ère du gigantisme : près de 700 000 m² de superficie (huit fois plus qu’à Londres), 52 000 exposants, 19 000 prix et quinze millions de visiteurs.