| catholique, Église | Format lecture | ||||
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| 2. | Histoire |
L’Église catholique se présente comme l’héritière de la première Église chrétienne, elle-même issue du judaïsme. Son histoire est inséparable de l’histoire du christianisme. Ses rites et ses croyances sont fondés sur la personne et l’enseignement de Jésus-Christ. Elle se considère voulue et conduite par Dieu, « instituée par le Christ ». Elle trouve toutefois plus précisément son origine historique dans l’Église chrétienne latine qui s’est développée en Occident à partir du iie siècle. L’histoire de l’Église chrétienne est marquée par de nombreuses ruptures. Les plus importantes sont le Grand Schisme entre les Églises d’Orient et d’Occident en 1054, et la Réforme protestante au xvie siècle. Elles ont contribué à la définition de l’Église catholique, par opposition aux Églises orthodoxes et protestantes.
Bien entendu, l’histoire de l’Église relève autant de l’histoire économique, sociale et politique que de l’histoire religieuse ou de l’histoire des doctrines. C’est néanmoins principalement sous ces deux derniers angles que nous l’étudierons ici, avant d’en dessiner la structure interne actuelle. Pour une vue plus générale et plus développée de l’histoire chrétienne, il convient de se référer à l’article christianisme.
| 1. | Origines latines de l’Église catholique |
L’Église primitive latine a subi plusieurs persécutions. Ainsi, en 64, l’incendie de la ville de Rome donne à l’empereur Néron le prétexte d’une violente persécution contre les chrétiens, qu’il prend pour responsables ; Pierre semble avoir été l’une des victimes de la répression. Paul est exécuté à Rome en 65. Cependant, l’Église primitive latine profite du cadre de l’Empire pour sa première extension. Elle bénéficie de la paix intérieure, la pax romana. Rome voit se développer une communauté importante de chrétiens.
Le christianisme intègre le langage philosophique de l’époque. Au cours des trois premiers siècles du christianisme, apparaît la première génération de penseurs chrétiens, appelés Pères de l’Église. Dans le feu des controverses, leur réflexion mûrit et donne les bases de la recherche et de l’expression théologiques. L’âge d’or des Pères de l’Église est le ve siècle, et notamment l’épisode de la crise arienne (voir arianisme), lorsque les Pères tentent de rendre compte théologiquement de la divinité du Christ (niée par Arius).
En 313, l’empereur Constantin accorde, par l’édit de Milan, la liberté de culte aux chrétiens. Il se présente comme un empereur chrétien, et construit les premiers grands monuments, comme la basilique Saint-Jean-de-Latran ou Saint-Pierre de Rome.
| 2. | L’Église latine médiévale |
Alors que l’Occident vit une période troublée lors des invasions germaniques et l’effondrement de l’administration romaine, l’Église connaît un important développement : accroissement du nombre des sièges épiscopaux, fort développement du mouvement monastique. Cependant, en 1054, différentes querelles entre chrétiens d’Orient et d’Occident amènent l’Église chrétienne à se scinder en deux : c’est le Grand Schisme d’Orient, qui voit la naissance du catholicisme en Occident et de l’orthodoxie en Orient.
En pleine période de féodalité, il est difficile pour le pape (évêque de Rome) d’imposer aux souverains son autorité spirituelle. L’un des conflits majeurs entre autorités spirituelle et temporelle a lieu avec les empereurs germaniques (la querelle des Investitures, entre 1075 et 1122). Au terme du conflit, le pape est reconnu comme chef de l’Église catholique et doté d’une puissante administration, la curie. L’Église lutte également contre les hérésies, courants de pensée qui s’écartent du dogme officiel ; la principale, le catharisme, est combattue lors de la croisade des albigeois, en 1208 (voir également les articles croisades des chrétiens contre l’islam, et Reconquista chrétienne de la péninsule Ibérique).
| 3. | L’Église catholique des Temps modernes |
Au xvie siècle, une autre déchirure apparaît, la Réforme. En 1517, Martin Luther publie une déclaration en quatre-vingt-quinze points contre les indulgences et le trafic fait par la papauté pour financer la reconstruction de Saint-Pierre de Rome. Cet événement lance la Réforme protestante. D’autres réformateurs comme Calvin, Zwingli et Bucer remettent en cause l’Église catholique. La Réforme gagne certaines principautés allemandes, la Suisse et la France. En Angleterre, Henri VIII, excommunié par le pape, fonde sa propre Église (l’Église anglicane). Il fait voter par le Parlement un « Acte de suprématie » (1534).
L’Église catholique réunit un concile à Trente en 1545, concile de la Contre-Réforme, ou plus exactement de la Réforme catholique. De nouveaux ordres religieux apparaissent, comme la Compagnie de Jésus fondée en 1540 par Ignace de Loyola.
Au xviiie siècle, la philosophie des Lumières s’en prend à l’Église qui n’est toutefois pas totalement étrangère à ce mouvement. Nombreux sont les authentiques savants parmi les croyants, jusqu’au pape Benoît XIV. Mais intervient une fracture. La plupart des philosophes opposent la raison à la foi ou tout au moins à la révélation ; le catholicisme n’est pas prêt à reconnaître à la science son autonomie.
| 4. | L’Église catholique contemporaine |
La Révolution française met aussi à mal l’Église. La Constitution civile du clergé, en 1790, donne à l’État le contrôle absolu de l’Église de France. Le pape Pie VI condamne cette constitution en mars 1791. La Terreur essaie d’annihiler toute vie chrétienne ; à Nantes, des massacres sont organisés contre les catholiques. Des pressions et des menaces s’abattent sur le clergé. En 1864, Pie IX condamne la modernité. Le Syllabus énumère quatre-vingts « erreurs modernes ».
Le second concile du Vatican (1962-1965) renverse cette perspective et donne à l’Église une nouvelle relation au monde (voir concile Vatican II).
Ce second concile reconnaît également la liberté religieuse dans le décret Dignitatis humanae. L’exercice de la religion repose sur des actes intérieurs volontaires qui ne peuvent être imposés, la dignité humaine fonde la liberté de conscience. Dans le décret Nostra aetate, le concile reconnaît la valeur des religions non chrétiennes. Il affirme la présence de valeurs spirituelles et morales dans les autres religions. Il rappelle les antécédents juifs de l’Église et condamne les persécutions antisémites. Le concile encourage par ailleurs l’œcuménisme. Bien que l’Église catholique n’appartienne pas au Conseil œcuménique des Églises, elle maintient des contacts avec cet organisme.
Une minorité d’évêques dirigée par Mgr Lefebvre s’oppose au concile Vatican II. Ce mouvement, intégriste, demeure un moment au sein de l’Église avant d’en être exclu, lors du schisme de 1988, qui survient du fait de la nomination illicite d’évêques par Mgr Lefebvre.