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Schlegel, Friedrich von
1. Présentation

Schlegel, Friedrich von (1772-1829), écrivain et philosophe allemand, théoricien du premier romantisme.

2. Le théoricien du romantisme

Né à Hanovre, Karl Wilhelm Friedrich von Schlegel fait ses études de droit à l’université de Göttingen et à celle de Leipzig. Il se montre très rapidement influencé par l’hellénisme, dont la vague a été relancée par Winckelmann, au point de publier, en 1794, un essai littéraire, De l’étude de la poésie grecque (Von den Schulen der griechischen Poesie), suivi en 1797 de les Grecs et les Romains (Die Griechen und Römer). Ce retour à l’antique est caractéristique d’une démarche philologique qui participe à l’élaboration des thèses romantiques. En 1796, il s’installe à Iéna, creuset intellectuel de toute une génération désireuse de refondre la culture germanique sous le postulat de l’idéalité. Il côtoie le philosophe Fichte, le poète Schiller et expose ses idées dans une revue qu’il fonde avec son frère , l’Athenäum. Le questionnement sur le principe créateur comme la théorisation de l’esthétique l’amènent naturellement à produire ses propres œuvres. En 1799, il publie un roman d’analyse intitulé Lucinde, qui ne se dépare jamais totalement de son statut d’illustration théorique. Influencé par Goethe, Lucinde est le récit fragmenté d’une relation amoureuse qui approfondit la réflexion sur la féminité que Schlegel a engagée dans Diotima (Über Diotima), un traité des passions publié en 1795. En 1802, enfin, il fait représenter à Weimar un drame, Alarcos, conçu comme une réponse au théâtre de Schiller, avec lequel il a rompu.

3. L’archéologue des sciences humaines

En 1802, Schlegel s’installe à Paris pour y étudier le sanskrit et l’orientalisme. Il contribue au développement de la linguistique comparée avec Sur la langue et la philosophie des Indiens (Über die Sprache und Weisheit der Inder, 1808), aboutissement de ses recherches parisiennes. Son œuvre est désormais essentiellement critique. Il réinvestit, tout comme Novalis, le Moyen Âge, qu’il considère, en réaction à la philosophie des Lumières, comme l’époque fondatrice de la civilisation, et souscrit au renouveau des mythologies. Converti au catholicisme, il se lance, en 1809, dans une carrière diplomatique auprès de Metternich et diffuse une idéologie contre-révolutionnaire et antinapoléonienne. Ses derniers ouvrages rendent compte d’une érudition sans faille, qu’il investisse, comme son frère (August Wilhelm von Schlegel), la méthodologie comparatiste (Histoire de la littérature ancienne et moderne [Geschichte der alten und neuen Literatur], 1815) ou qu’il poursuive ses travaux sur la langue et le mot (Leçons philosophiques [Philosophische Lehrjahre], 1829). Nommé professeur à Vienne, il rédige enfin, à la suite d’une série de conférences, une Philosophie de l’histoire (Philosophie der Geschichte, 1829), dans laquelle il professe une doctrine autocratique et théocratique.