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Le théoricien du romantisme |
Né à Hanovre, Karl Wilhelm Friedrich von Schlegel fait ses études de droit à l’université de Göttingen et à celle de Leipzig. Il se montre très rapidement influencé par l’hellénisme, dont la vague a été relancée par Winckelmann, au point de publier, en 1794, un essai littéraire, De l’étude de la poésie grecque (Von den Schulen der griechischen Poesie), suivi en 1797 de les Grecs et les Romains (Die Griechen und Römer). Ce retour à l’antique est caractéristique d’une démarche philologique qui participe à l’élaboration des thèses romantiques. En 1796, il s’installe à Iéna, creuset intellectuel de toute une génération désireuse de refondre la culture germanique sous le postulat de l’idéalité. Il côtoie le philosophe Fichte, le poète Schiller et expose ses idées dans une revue qu’il fonde avec son frère , l’Athenäum. Le questionnement sur le principe créateur comme la théorisation de l’esthétique l’amènent naturellement à produire ses propres œuvres. En 1799, il publie un roman d’analyse intitulé Lucinde, qui ne se dépare jamais totalement de son statut d’illustration théorique. Influencé par Goethe, Lucinde est le récit fragmenté d’une relation amoureuse qui approfondit la réflexion sur la féminité que Schlegel a engagée dans Diotima (Über Diotima), un traité des passions publié en 1795. En 1802, enfin, il fait représenter à Weimar un drame, Alarcos, conçu comme une réponse au théâtre de Schiller, avec lequel il a rompu.
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