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Réalisme et naturalisme |
Les premières œuvres de Vélasquez qui ont été conservées, réalisées entre 1617 — date de son entrée à la corporation des peintres de Séville — et 1623, s’inscrivent dans trois catégories : les bodegones (sujets de la vie quotidienne combinés à des natures mortes), les portraits et les scènes religieuses. Quelques-uns de ses premiers tableaux, comme le Christ chez Marthe et Marie (v. 1619, The National Gallery, Londres), montrent une forte propension au réalisme : la composition, qui privilégie la nature morte, relègue au second plan la dimension religieuse de l’œuvre. Dans les bodegones, tel le célèbre Porteur d’eau de Séville (v. 1619-1620, Wellington Museum, Londres), les effets de clair-obscur, ainsi que l’observation fidèle de la nature rappellent les œuvres créées à la même époque en Italie par le Caravage. Dans la plupart de ses tableaux religieux qui, le plus souvent, sont des images de piété simple, Vélasquez utilise comme modèles des gens de son entourage ou des badauds, ainsi que Pacheco en témoigne dans sa biographie de Vélasquez. Dans l’Adoration des Mages (1619, musée du Prado, Madrid), par exemple, on peut reconnaître, parmi les différentes figures, les portraits des membres de sa famille. Ainsi, Vélasquez s’éloigne-t-il délibérément de l’idéalisme prôné par l’école sévillane pour donner à ses œuvres un caractère naturaliste complètement nouveau. Grâce à Pacheco, directeur d’une académie humaniste, Vélasquez fréquente les cercles intellectuels de Séville. À ces réunions, le jeune artiste est présenté aux personnes cultivées de la ville, auprès desquelles il a l’occasion de parfaire sa connaissance de la mythologie, ainsi que de nombreux autres domaines riches en thèmes iconographiques.
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