Wilde, Oscar
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Wilde, Oscar
4. Le scandale et la prison

En 1892, Oscar Wilde se lie avec Alfred Douglas, qui devient son amant. Durant cette période, il écrit quatre comédies qui dépeignent les mœurs de l’aristocratie britannique pour en railler l’hypocrisie. Ces pièces cyniques et drôles, dont les mots d’esprit foisonnants dénotent un sens aigu de la formule, reçoivent un accueil enthousiaste : l’Éventail de lady Windermere (Lady Windermere’s Fan, 1892), Une femme sans importance (A Woman of No Importance, 1893), Un mari idéal (An Ideal Husband, 1895), De l’importance d’être constant (The Importance of Being Earnest, 1895).

Alors qu’il est au sommet de sa gloire, la dénonciation publique de son homosexualité par le père d’Alfred Douglas, le marquis de Queensberry, et les procès retentissants qui s’ensuivent lui valent une condamnation à deux ans de travaux forcés pour sodomie (1895). La sévérité du verdict (l’attitude de défi suicidaire adoptée par Wilde pendant l’affaire n’y est sans doute pas étrangère), autant que la vindicte qui se déchaîne contre lui au cours des procès, ruine définitivement sa réputation. Wilde ne s’en relèvera pas.

Son séjour en prison lui inspire une confession adressée, non sans rancœur, à Alfred Douglas — De profundis (From the Depths, posthume 1905) —, ainsi qu’un poème — la Ballade de la geôle de Reading (The Ballad of Reading Gaol, 1898) —, où derrière l’amertume et la dénonciation de l’enfer carcéral pointent des accents religieux, signes d’un renouveau spirituel. Exilé à Paris après sa libération, il mène une vie solitaire et misérable sous le nom de Sébastien Melmoth, avant de succomber à une méningite.