| néoclassicisme (art et architecture) | Format lecture | ||||
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| 3. | Architecture |
Avant que ne soient entreprises les fouilles d'Herculanum, de Pompéi et d'Athènes, la seule architecture classique connue était celle de l'Empire romain dont l'artiste italien Piranèse avait réalisé des gravures. Les nouvelles découvertes archéologiques permirent un élargissement du vocabulaire formel de l'architecture classique et les architectes commencèrent à prôner un style fondé sur les modèles gréco-romains.
Le néoclassicisme fut introduit en Grande-Bretagne par l'architecte et décorateur écossais Robert Adam. Vers les années 1750-1760, il refit la décoration de plusieurs maisons anglaises dont Sion House (1762-1769) et Osterley Park (1761-1780). Robert Adam conserva du rococo le goût prononcé pour les surfaces décorées et le raffinement des petites dimensions, même lorsqu'il adapta les motifs de l'Antiquité.
En France, Claude Nicolas Ledoux construisit en 1771 un pavillon à Louveciennes pour la comtesse du Barry, le château de Bénouville dans le Calvados (1780) ainsi que quatre postes de contrôle de l'octroi de Paris (1785-1789), édifices fort caractéristiques des débuts de l'architecture néoclassique. Par la suite, il dressa le plan idéal d'une ville qui ne fut jamais construite et dont les bâtiments géométriques devaient être totalement dépourvus de décoration. Après avoir été sacré empereur en 1804, Napoléon Ier demanda à ses architectes Charles Percier et Pierre Fontaine de transformer Paris sur le modèle de l'architecture fastueuse de la Rome impériale afin d'en faire la capitale la plus prestigieuse d'Europe. C'est ainsi qu'en architecture des ouvrages comme l'arc de triomphe du Carrousel et l'ouverture de la rue de Rivoli sont tout à fait représentatifs du style Empire. Ces travaux qui débutèrent en 1806 étaient bien différents de l'œuvre visionnaire de Ledoux.
En Angleterre, l'influence grecque transparaît par exemple dans la rotonde de la Banque d'Angleterre à Londres construite en 1796 par sir John Soane ainsi que dans le portique du British Museum (1823-1852) réalisé par sir Robert Smirke. Mais le style Regency vint modifier le Greek Revival (le renouveau grec), comme l'attestent les façades de la Regent Street à Londres, dont les travaux commencèrent en 1812, et le Pavillon royal à Brighton (1815-1823), qui ont été tous deux conçus par John Nash. À Berlin, le Théâtre royal (1819-1821) réalisé par Karl Friedrich Schinkel porte également les traces de l'influence néoclassique.
Aux États-Unis, le style fédéral, directement issu du travail de Robert Adam, variation du néoclassicisme, se développa entre 1780 et 1820. Charles Bulfinch lui donna de l'ampleur dans la Massachusetts State House à Boston qui fut achevée en 1798. Quant à Thomas Jefferson, il s'inspira de la Maison carrée de Nîmes — temple romain datant du Ier siècle et abritant actuellement le musée des Antiques — pour dessiner les plans du State Capitol Building à Richmond (Virginie), qui fut construit entre 1785 et 1789. Grâce à ses lectures et à ses voyages, Jefferson acquit une grande connaissance des principes de l'architecture romaine dont il se servit pour dresser les plans de sa propre demeure, Monticello, ainsi que ceux du campus de l'université de Virginie. Il y eut également recours lorsqu'il participa à l'élaboration initiale des plans de la nouvelle capitale américaine, Washington.
Le Greek Revival, qui avait pour modèles les temples grecs du Ve siècle av. J.-C., fleurit durant la première moitié du XIXe siècle aux États-Unis. Avec le style fédéral, il permit aux nouveaux États-Unis d'Amérique de définir leur propre génie architectural.