| Artaud, Antonin | Format lecture | ||||
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| 2. | « Je ne suis né que de ma douleur » |
Né à Marseille, Antonin Artaud connaît une enfance banale dans un milieu « petit-bourgeois », mais la fin de son adolescence est marquée par une grave crise dépressive. Il est mobilisé durant l’été 1916, réformé quelques mois plus tard, et passe le reste du conflit en maison de santé, où on lui prescrit pour la première fois de l’opium. En 1920, il s’installe à Paris, débute comme acteur au théâtre de l’Œuvre chez Aurélien Lugné-Poe, puis entre dans la compagnie de Charles Dullin, l’Atelier, avant de rejoindre celle de Georges Pitoëff.
| 1. | « Les lambeaux regagnés sur le néant complet » |
En 1923, Antonin Artaud publie son premier recueil de poésies, Tric Trac du ciel, puis soumet quelques poèmes au directeur de la Nouvelle Revue française, Jacques Rivière, qui les refuse. Mais Artaud estime que, même imparfaits, ses poèmes ont droit à l’existence. Il s’en explique dans le courrier échangé entre 1923 et 1924 (Correspondance avec Jacques Rivière, 1927), et finalement ce dernier publie ces « lambeaux qu’[Artaud a] pu regagner sur le néant complet ».
En 1924, Antonnin Artaud adhère au surréalisme mais rompt deux années plus tard avec le mouvement. De cette période datent des textes virulents comme la « Lettre aux recteurs des universités européennes ». Entre-temps, il publie deux nouveaux recueils, le Pèse-nerfs (1925) et l’Ombilic des limbes (1925) et écrit des textes en prose rassemblés, en 1929, dans l’Art et la Mort.
| 2. | L’homme de cinéma |
Dès 1924, il travaille à des scénarios de films, dont la Coquille et le Clergyman, porté à l’écran par Germaine Dulac en 1928. Il tourne dans plus d’une vingtaine de film notamment avec Abel Gance (Napoléon, 1927, où il joue le personnage de Marat ; Lucrèce Borgia, 1935), avec Carl Dreyer (la Passion de Jeanne d’Arc, 1927), avec Marcel L’Herbier (l’Argent, 1929) et avec G. W. Pabst (l’Opéra de quat’sous, 1931).