| 3.
|
 |
Le « théâtre de la cruauté » |
| 1.
|
 |
Retour à la scène |
De cette double expérience du théâtre et du cinéma menée depuis ses débuts, il ne garde qu’amertume et méfiance, se découvrant une véritable haine pour toute la tradition occidentale du théâtre depuis le XVIIe siècle et pour l’industrie racoleuse du spectacle qu’il voit émerger à partir de l’avènement du cinéma parlant. En réponse, Artaud fonde avec Roger Vitrac et Robert Aron, le théâtre Alfred-Jarry, où il met en scène, à partir de 1927, les Mystères de l’amour et Victor de Vitrac, Gigogne d’Aron, le Songe d’August Strindberg et une de ses pièces, Ventre brûlé ou la Mère folle.
| 2.
|
 |
Le Théâtre et son double |
Artaud trouve dans le théâtre balinais, qu’il découvre lors de l’Exposition coloniale de 1931, une forme rigoureuse de langage corporel, ainsi qu’une dimension magique et métaphysique qui correspondent à sa recherche. S’ouvre ensuite la période du « théâtre de la cruauté », ponctuée par une série de manifestes, lectures et conférences, et la parution du Théâtre et son double (1938), qui marque un tournant radical dans l’évolution des conceptions théâtrales au XXe siècle.
| 3.
|
 |
Un « théâtre total » |
Les Cenci (1935), drame élisabéthain sur le thème de l’inceste (d’après Mary Shelley et Stendhal), écrit, mis en scène et joué par Artaud lui-même aux Folies-Wagram, avec Roger Blin, dans des décors de Balthus, se veut l’illustration de sa conception d’un« théâtre total ». Antonin Artaud accorde peu d’importance au texte (« les mots arrêtent et paralysent la pensée ») et oppose un refus formel à un théâtre où la parole est tout. Pour lui, toute création vient de la scène. Il privilégie, comme moyen d’expression, une combinaison de mouvements, de gestes et de cris, préconise le recours systématique à la musique, la danse, la pantomime, l’éclairage, éliminant les décors conventionnels. Il cherche à désorienter le spectateur, entend le forcer à se confronter à son moi intérieur primordial, dépouillé de toute norme civilisatrice. Le théâtre est le lieu où l’acteur et le spectateur sont censés jouer leur existence (« Nous jouons notre vie dans le spectacle qui se déroule sur la scène »).
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.