Apollinaire, Guillaume
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Apollinaire, Guillaume
3. Apollinaire et l’avant-garde picturale

En 1907, Apollinaire décide de vivre exclusivement de sa plume. Introduit depuis quelque temps dans les milieux artistiques d’avant-garde, il devient rapidement un habitué du Bateau-Lavoir et se lie d’amitié avec Vlaminck, Derain, Picasso, Braque et Matisse. Il fait surtout la rencontre de Marie Laurencin avec qui il forme le couple légendaire du Montmartre d’avant-guerre. Dès lors, son œuvre devient indissolublement liée à celle de l’avant-garde picturale dont il se fait, d’ailleurs, le défenseur au cours d’une conférence remarquée au Salon des indépendants en 1908.

En 1909, l’Enchanteur pourrissant est publié en volume, illustré par Derain de gravures sur bois. Peuplée de personnages mythiques empruntés aux romans de la Table ronde (Merlin, Viviane, Morgain), cette œuvre de jeunesse, dont les surréalistes feront plus tard l’éloge, se veut une célébration des légendes de l’Occident (voir cycle arthurien). Toutefois, y sont sous-jacents des thèmes très personnels, comme le mystère de l’origine et le secret des pouvoirs de l’enchanteur-poète, à la fois menacé et inspiré par les forces vives de l’amour.

En 1910, Apollinaire publie l’Hérésiarque et Cie (recueil de seize contes merveilleux), puis, en 1911, les courts poèmes du Bestiaire ou Cortège d’Orphée, illustrés par Raoul Dufy de gravures sur bois. Alors que prend fin sa liaison avec Marie Laurencin, il fait paraître un essai théorique consacré à l’art contemporain, les Peintres cubistes, méditations esthétiques (1913). Mal reçu, ce texte se veut moins une étude du cubisme naissant qu’une analyse comparée des nouvelles esthétiques littéraires et picturales susceptibles de nourrir sa propre poétique. Par la suite, Apollinaire continuera d’écrire sur l’art, ce qui l’amènera à soutenir le futurisme de Marinetti (l’Antitradition futuriste, 1913) et à défendre la peinture « métaphysique » de De Chirico.