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Tragédies naturalistes |
Le long parcours de Strindberg est d'abord caractérisé par une période naturaliste, inspirée de la lecture des romans de Zola et des frères Goncourt, et surtout des études contemporaines d’Hippolyte Bernheim ou de Jean Charcot sur le psychisme. À revers du courant romantique alors sensible en Suède, Strindberg écrit des œuvres satiriques et mordantes, comme le roman la Chambre rouge (1879), et des pièces innovantes qu'il qualifie de tragédies naturalistes. Père (1887), Mademoiselle Julie (1888), les Créanciers (1888) sont des textes bruts et brutaux, qui ressortissent aussi bien à l'exploration naturaliste du vivant qu'à une lecture, par le théâtre, d'un moment historique de transition et de confusion. Les caractères, « modernes », semblent des collages d'actes et de paroles contradictoires, et se heurtent physiquement, sexuellement et socialement les uns aux autres, selon les lois violentes du rapport maître-esclave. En Suède, comme dans toute l'Europe, la fin du XIXe siècle a des allures malades de monde finissant, et les personnalités fortes comme celle de Strindberg appellent avec exaspération à ne pas se soustraire aux « luttes fortes et cruelles de la vie ».
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