Strindberg, August
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Strindberg, August
4. « Accumuler les pièces et préparer le répertoire de l'avenir » (Préface à Mademoiselle Julie)

Après l'énorme scandale causé par Mademoiselle Julie et une période d'exil parisien, Strindberg, l'athée, se rapproche des milieux mystiques et catholiques. Sa quête d'une vérité de soi et du monde, son goût pour l'exploration du psychique se font alors sur le mode onirique et occulte. La Danse de mort (1900), le Chemin de Damas (1898, 1904), le Songe (1902) en sont les œuvres les plus caractéristiques, structurées par des effets d'hallucination mentale, de démultiplication des personnages et de mystérieuses présences dont on ignore si elles relèvent du réel ou du fantasme. Cette période de création, lyrique et mystique, témoigne de l'influence des pensées de Nietzsche et de Kierkegaard.

Enfin, à partir de 1907, Strindberg a la possibilité de mettre en place, dans la petite salle du Théâtre-Intime qu'il dirige, le nouvel art dramatique auquel il s'est toujours consacré. Il y représente des pièces intimes, ou « pièces de chambre » (Kammarspel), comme la Sonate des spectres, Orage, le Pélican, œuvres de 1907, empreintes du réalisme cruel et désespéré qui est le corrélat d'une analyse impitoyable des rapports humains.