antisémitisme
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antisémitisme
2. Les origines de l’antisémitisme

Dès 597 av. J.-C., les Juifs ont été l’objet d’une discrimination. En effet, lorsque Nabuchodonosor prend Jérusalem, il déporte les habitants du royaume de Juda à Babylone.

Jusqu’à la révolution industrielle, l’antisémitisme est essentiellement de nature religieuse. Au IVe siècle, le triomphe de l’Église chrétienne marque pour les Juifs le début d’une ségrégation qui ne prendra fin qu’avec la Révolution française : enfermement dans des ghettos, obligation de porter un signe distinctif, etc. Certains pays vont même jusqu’à l’expulsion pure et simple des Juifs de leur territoire : ils sont rejetés d’Angleterre en 1290, de France en 1394, d’Espagne en 1492. En effet, après la reconquête chrétienne, les Juifs, qui jouissaient dans l’Espagne musulmane du statut de protégé (dhimmi) qu’accorde l’islam aux religions du Livre (judaïsme et christianisme) et avaient participé au développement du savoir et des arts, sont persécutés par l’Inquisition.

Pour une majorité des chrétiens du Moyen Âge, les Juifs, qui refusent le message chrétien et la nouvelle Église, sont coupables de la mort de Jésus-Christ. L’accusation de déicide se double souvent de celle de crimes rituels. Les Juifs sont soupçonnés d’empoisonner les sources, de répandre la peste, de tuer les enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans des cérémonies occultes, de profaner des hosties sacrées, etc.

Le siècle des Lumières et surtout la Révolution française marquent une pause dans les persécutions menées contre les Juifs : en 1791, l’abbé Grégoire fait voter la loi d’émancipation des Juifs qui, à l’occasion des guerres de la Révolution, est largement appliquée en Europe.