| Voltaire | Format lecture | ||||
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| 3. | Le séjour en Angleterre : les Lettres philosophiques |
À la suite d’une altercation avec le chevalier de Rohan, Voltaire est embastillé une nouvelle fois et doit s’exiler à sa libération. Il passe ainsi deux ans et demi en Angleterre. La découverte de la monarchie parlementaire et libérale anglaise, qu’il considère comme exemplaire, influence considérablement ses idées politiques. Voltaire y découvre en effet la tolérance, vertu qu’il ne cessera de défendre sa vie durant. En procédant dans Letters Concerning the English Nation (1733), rédigées en anglais à l’éloge des mœurs politiques anglaises, il fustige les abus du despotisme monarchique français et dénonce l’esprit intolérant et coercitif qui règne dans la société française. De retour en France, Voltaire publie plusieurs pièces, telles que Brutus (1730) et Zaïre (1732) ; cette dernière tragédie, écrite en trois semaines, obtient un immense succès. En 1734, il traduit et remanie les Lettres anglaises pour les augmenter : elles sont publiées de nouveau, sous le titre de Lettres philosophiques.
Parce qu’il traite de la liberté politique et religieuse, parce qu’il célèbre la prospérité et le progrès comme les avancées de la science, parce qu’il expose la doctrine du matérialisme de Locke, tout en affirmant (à propos d’une lecture des Pensées de Pascal) une foi optimiste en la nature humaine, l’ouvrage devient un véritable manifeste des Lumières. Le livre est interdit pour ses idées réputées dangereuses. Voltaire décide de braver l’interdiction et, menacé d’arrestation, est contraint de se réfugier en Lorraine, à Cirey, chez son amie Mme du Châtelet. Cet esprit pugnace et vindicatif, révélé par les Lettres philosophiques, qui tend à imposer un tour piquant aux moindres idées fonde les opinions les plus diverses et les jugements les plus partagés sur l’œuvre de Voltaire.