Sept Ans, guerre de
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Sept Ans, guerre de
2. Phase européenne

La volonté de l’Autriche de récupérer la riche province de Silésie, qu’elle avait cédée à la Prusse en 1748 (traité d’Aix-la-Chapelle et fin de la guerre de Succession d’Autriche), fut le principal motif du conflit. Marie-Thérèse, archiduchesse d’Autriche et reine de Hongrie et de Bohême, bénéficiait en 1756, au terme d’une crise diplomatique dite du « renversement des alliances » du soutien de la Russie, de la Suède, de la Saxe, de l’Espagne et de la France. Ce fut Frédéric II de Prusse qui ouvrit toutefois les hostilités en attaquant et en s’emparant de la Saxe en août 1756.

Durant la première moitié de la guerre, les Prussiens accumulèrent les victoires. Ils battirent les Français à Rossbach et les Autrichiens à Leuthen, en 1757, puis les Russes à Zorndorf, en 1758. Cependant, depuis l’entrée en guerre de la Suède (mars 1757), la Prusse se trouvait seule face à pratiquement toute l’Europe, son allié concentrant ses forces dans la guerre coloniale. Frédéric II fut dès lors contraint à une guerre défensive. En 1759, la Prusse-Orientale tomba aux mains des Russes et Berlin fut conquise. La situation des Prussiens était désespérée, mais deux facteurs importants contribuèrent à relancer leur puissance. L’un fut le soutien actif des Britanniques et des Hanovriens ; tous deux, restés jusqu’alors passifs, attaquèrent avec succès les Français. L’autre, plus important encore, fut le retrait de la guerre, en 1762, de la Russie et de la Suède. Ce revirement découlait de la mort d’Élisabeth Petrovna, impératrice de Russie ; son héritier, Pierre III, admirateur de Frédéric, signa rapidement (5 mai 1762) un traité de paix avec le souverain prussien. Frédéric II put se consacrer à la reconquête de la Silésie et battit les Autrichiens (Burkersderf, 1762), contraints à engager les pourparlers de paix.