Napoléon III
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Napoléon III
4. Le prince-président

Prié de s’éloigner de la capitale sur ordre de Lamartine (membre du gouvernement provisoire), Louis Napoléon est cependant sur son seul nom élu à l’Assemblée constituante par quatre départements. Mais il préfère démissionner pour éviter que ne soit votée une loi d’exil l’éloignant encore du territoire national. Une nouvelle fois élu en septembre par cinq départements à l’Assemblée législative, il ne tarde pas à apparaître comme l’homme de la réconciliation, soutenu à la fois par les notables qui craignent l’installation du désordre et par le peuple pour lequel il incarne la promesse d’un retour à la gloire passée.

Soutenu enfin par le parti de l’Ordre, notamment par Thiers, et bénéficiant de la peur du péril rouge qui paralyse les campagnes depuis les journées de juin 1848, Louis Napoléon est élu président de la République le 10 décembre 1848, devançant largement Cavaignac, Ledru-Rollin et Lamartine. Ce triomphe est pourtant assombri par la victoire des royalistes à l’Assemblée législative en 1849, puis par la promulgation de la Constitution de la IIe République limitant son mandat à quatre ans.

Habile tacticien politique, il réduit d’abord à néant l’opposition républicaine puis laisse les conservateurs se discréditer par une politique réactionnaire et impopulaire (expédition de Rome en 1849, loi Falloux sur l’éducation en 1850 et suppression du suffrage universel en 1850), tout en se présentant comme le défenseur de la démocratie et du suffrage universel, et en travaillant à s’attirer le soutien du monde ouvrier.