Matisse, Henri
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Matisse, Henri
3. La Danse

En 1908, Matisse reçoit une commande d’un collectionneur russe, Sergueï Chtchoukine : des panneaux muraux sur le thème de la danse et de la musique (tous deux achevés en 1911, aujourd’hui conservés au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, voir Danse, la). Ces panneaux monumentaux marquent une inflexion dans son parcours. Confronté aux avancées du cubisme (une peinture qui construit les formes par un rendu géométrique des volumes élémentaires, et qu’il frôle sans vouloir cautionner), Matisse préfère un volume générique, découpé dans la couleur, abandonnant le travail de la touche et privilégiant le contraste entre des aplats aux lignes figuratives. Ainsi le panneau de la Danse est divisé verticalement par une ligne ondulée : dans la partie supérieure, un aplat azur pour le ciel ; dans la partie inférieure, un aplat vert pour la colline. Sur ce fond abstrait, des arabesques cernent les corps roses des artistes en une guirlande musicale. L’art de Matisse dans l’agencement sensible des couleurs, des volumes et des lignes conquiert une harmonie intuitive, sensible également dans une paire datant de la même époque et conservée au musée de l’Ermitage, réunissant la Desserte rouge et la Conversation.