| Matisse, Henri | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 2. | Du pointillisme au fauvisme |
Matisse doit sa libération artistique, en termes de maniement des couleurs pour le rendu des formes et l’organisation des plans dans l’espace, à l’influence décisive de Paul Gauguin, de Paul Cézanne et de Vincent Van Gogh, dont il étudie de près les œuvres, à partir de 1899, par l’intermédiaire du collectionneur John Russel. Ses toiles, natures mortes et nus féminins, retrouvent dès lors des tons chauds et une construction stricte en relation avec le plan du tableau. Passant l’été 1904 à Saint-Tropez chez le peintre Paul Signac, Matisse découvre le procédé du pointillisme, technique nouvelle de juxtaposition de petites touches (des points ou des traits courts) de pigment pur, destinées à créer, dans le regard du spectateur, un mélange optique intense car préservé des aléas de l’alliage chromatique sur la palette. Il adopte cette technique dans Luxe, Calme et Volupté (1904, musée d’Orsay, Paris) où s’établit la rencontre entre un thème symboliste ordinaire et un traitement moderne : une touche éclatée, des couleurs intenses (rouges et jaunes) et l’utilisation d’un cerne épais pour marquer les volumes. Les fortes couleurs et l’attention à la construction des plans permettent au relief des motifs de ne point se dissoudre dans la division méthodique.
Dans les toiles suivantes, Matisse abandonne peu à peu le divisionnisme au profit d’un retour au dessin qui cerne et contourne des couleurs de moins en moins imitatives. Dans le Portrait de Madame Matisse (dit la Raie verte, 1905, Statens Museum for Kunst, Copenhague), le front et le nez de son épouse sont figurés par une large bande d’un vert brillant. La même année, Matisse montre ses œuvres au troisième Salon d’automne, réunissant plusieurs de ses compagnons, comme André Derain et Maurice de Vlaminck. Ceux-ci sont surnommés par dérision « les fauves », en raison de l’utilisation violente de la couleur qui construit par grande masse l’espace de la toile.