Verlaine, Paul
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Verlaine, Paul
3. Les débuts poétiques

Après son baccalauréat, Verlaine devient modeste employé à la Ville de Paris. Mais lui qui oscillera sans cesse entre bonheur rangé et sensualité débridée, entre foi et ivresse, ne se contente pas de cette tranquille sécurité. Depuis ses années de lycée, il admire Edgar Poe et écrit des poèmes. Dès 1865 il fréquente des poètes tels que Théodore de Banville et François Coppée (il écrira avec ce dernier Qui veut des merveilles ? en 1867), et déclare son admiration pour Charles Baudelaire dans la revue l’Art. La mort d’Élisa, alors qu’il a vingt-trois ans, lui porte un coup très rude et renforce son penchant pour l’absinthe.

Les Poèmes saturniens témoignent de l’influence de la poésie parnassienne sur Verlaine ; certains fragments en ont d’ailleurs été publiés d’abord dans le Parnasse contemporain. Mais Verlaine y fait déjà preuve d’une recherche formelle et musicale toute personnelle, alliant à des vers au nombre de syllabes impair une versification moins riche, plus libre, que celle pratiquée alors.

Fêtes galantes (1869), recueil aux inflexions précieuses et libertines, pastiche d’un trait léger les hyperboles de la rhétorique amoureuse. Dans un xviiie siècle, période alors à la mode, inspiré des peintures de Watteau, des personnages de romans pastoraux et de la commedia dell’arte se livrent à un léger badinage baigné dans l’irréalité de paysages lunaires. Les différents textes, d’une grande variété formelle, sont empreints d’une mélancolie qui imprègne tout à la fois le paysage et l’âme du poète. Cette fusion du monde extérieur et du ressenti fait intimement partie de l’originalité de Verlaine, les couleurs pâles et ternes correspondant, au sens baudelairien, à la mélancolie.