cirque (spectacle)
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cirque (spectacle)
3. Débuts du cirque européen

Philip Astley, ancien adjudant de la cavalerie anglaise et organisateur de représentations de voltige, est à l’origine du premier cirque européen. Il ouvre l’amphithéâtre Astley à Lambeth (Londres) en 1768, avec une troupe composée, en plus de voltigeurs à cheval, d’un clown, de musiciens et de quelques autres artistes qui enrichissent le spectacle de notes comiques. La piste mesure 13,5 m, soit le double de la chambrière, long fouet qui permet à l’écuyer, depuis le centre de la piste, de toucher ses chevaux pour les guider. Il faut attendre la création du Royal Circus par Charles Hugues, en 1780, pour que le terme de « cirque » soit employé pour la première fois.

En France, où la bourgeoisie prend goût à l’art équestre dès le xviiie siècle, des « manèges » sont installés à Paris, dans le quartier du Marais. En 1783, un an après le succès retentissant de la tournée européenne de la troupe de Philip Astley, celui-ci fait édifier le premier amphithéâtre français, appelé l’Amphithéâtre anglais, dans le faubourg du Temple. Au début de la Révolution, Philip Astley s’étant enfui, l’Amphithéâtre anglais passe sous la direction d’Antonio Franconi (1738-1836), qui y installe le Théâtre national d’équitation, où il présente des spectacles patriotiques pendant la Révolution ; la famille Franconi — Laurent (1776-1849) et Henry (1779-1849), les fils d’Antonio, puis Adolphe (1801-1855), le fils d’Henri, et Victor (1811-1897), le fils de Laurent — domine durant tout le xixe siècle le monde de l’équitation parisien. En 1807, un bâtiment circulaire construit rue Saint-Honoré est appelé Cirque olympique, le terme cirque étant utilisé pour la première fois dans son acception moderne. Trois Cirques olympiques ouvrent à Paris au cours des premières décennies du xixe siècle, pour présenter essentiellement des numéros équestres et acrobatiques : leurs activités sont expressément limitées par les pouvoirs publics, qui souhaitent ainsi protéger l’activité des théâtres. L’ouverture sur les Champs-Élysées d’un cirque d’été en 1835 par Adolphe Franconi révèle l’intérêt pour l’équitation savante, appelée « haute école », basée sur l’obéissance et la complicité du cheval. L’art du cirque trouve enfin en France un lieu idéal avec l’inauguration du cirque Napoléon (l’actuel cirque d’Hiver) en 1852, dirigé par Victor Franconi à partir de 1871.

Le cirque occidental s’est rapidement répandu dans toute l’Europe et aux États-Unis, évoluant différemment selon les pays. En Russie, le premier spectacle de cirque est présenté dès 1793 au palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg. De nombreux écuyers français, dans les 1830-1840, y apportent leur savoir-faire ; l’école française influence fortement le cirque russe, et reste prédominante jusqu’à la Première Guerre mondiale. En Espagne, en Allemagne, l’école française se diffuse également avec, notamment, des membres de la famille Franconi.