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| 1. | Présentation |
foire, événement commercial organisé en un lieu de manière périodique, permettant la présentation et l’échange de produits entre vendeurs et acheteurs.
Principal lieu d’échanges au Moyen Âge, où elle servaient de vecteurs à toutes les innovations, les foires perdirent de leur importance avec le développement et la banalisation des moyens de communications mais restent, aujourd’hui encore, des lieux de rencontre entre professionnels.
| 2. | Les foires dans le monde médiéval |
À l’origine, les foires, qui existaient déjà dans la Grèce antique, étaient organisées à l’occasion de fêtes religieuses. Ces grands marchés publics se développèrent au Moyen Âge et connurent un essor particulier aux XIIe et XIIIe siècles, en Europe comme au Proche-Orient, pour devenir les pôles du commerce international. À une époque où les transports n’étaient guère développés, elles permettaient aux commerçants de s’approvisionner à dates fixes. Les produits de l’agriculture et de l’artisanat régionaux y étaient échangés contre les marchandises en provenance de l’étranger.
Les foires étaient organisées au croisement des principales routes commerciales : en France, les plus grandes foires se déroulaient en Champagne, autour de Paris, où elles furent favorisées par les Capétiens, en Flandre, à Lille et Cambrai, en Normandie, à Rouen, ainsi qu’à Lyon, dont la foire concurrença à partir du XVe siècle celle de Genève. En Italie, les plus réputées se tenaient à Pavie et Milan.
Partout, leur importance dans la vie économique était telle que les autorités accordèrent aux marchands qui s’y rendaient des privilèges spéciaux : ils avaient ainsi leurs propres tribunaux pour régler les différends survenant au cours des foires et l’usure, interdite dans le cadre des relations commerciales habituelles, y était même autorisée.
De fait, les foires accompagnèrent l’essor de l’industrie et de la banque, comme à Nuremberg, Augsbourg, Francfort-sur-le-Main ou Cologne en Allemagne, Bruges, Anvers et Ypres, aux Pays-Bas, Stourbridge ou Londres, en Angleterre. La multiplicité des monnaies échangées ainsi que le volume des négociations exigeaient que des changeurs, bientôt des banquiers, exécutent les opérations de change, de virements et de compensations, et dispensent les prêts, le paiement à terme étant courant. De nombreuses foires, outre les activités commerciales, tenaient également lieu de marchés de main-d’œuvre, où domestiques et ouvriers agricoles louaient leurs services pour l’année.
Les foires étaient également des lieux de sociabilité, où les saltimbanques donnaient leurs représentations. Avec le déclin du commerce itinérant, certains de ces marchés se transformèrent en foires d’attractions, telles la Bartholomew Fair de Londres ou la Donybrook Fair en Irlande.
| 3. | Des foires aux expositions |
À partir du XVIIIe siècle, en effet, le développement des transports et l’extension des voies de communication (routes, voies navigables, plus tard chemins de fer) entraînèrent la sédentarisation des négociants. Si la foire de Leipzig conserva son rayonnement international au XIXe siècle, les foires du reste de l’Europe disparurent, à l’exception de celles de Russie. Dans ce pays où l’industrialisation fut tardive, la foire de Nijni-Novgorod, créée en 1817, était, jusqu’à la Première Guerre mondiale, le centre du commerce russe et du commerce avec l’Asie.
Au XXe siècle, les foires connurent une renaissance, sous la forme d’expositions commerciales annuelles. Elles sont pour la plupart spécialisées et constituent, pour un secteur d’activités, arts ménagers, textile, industrie automobile ou édition (secteur pour lequel le plus important de ces rendez-vous annuels est la foire de Francfort), l’occasion de présenter et de promouvoir les nouveaux produits de l’année.